Dix idées reçues sur les petites capitalisations en Europe

Philip Best, Quaero Capital

2 minutes de lecture

Investir à bon prix dans des petites capitalisations rentables, bien capitalisées ne se démodera jamais.

 

Les idées reçues ont la vie dure. En matière d’investissement, elles peuvent même s’avérer couteuses. Les produits financiers sont souvent rangés dans des «cases» pour simplifier la prise de décision…la réalité est souvent beaucoup plus complexe.

Voici quelques idées reçues sur les petites (et micro) capitalisations européennes:

1. LES PETITES CAPITALISATIONS NE SURPERFORMENT PAS

Effectivement, sur les cinq dernières années, les grandes valeurs ont été portées par l’effet «Mag 7». Mais si l’on regarde sur 25 ans, les petites capitalisations européennes ont généré un rendement annualisé de 7,7% contre 4,8% pour les grandes. D’ailleurs, les petites capitalisations se négociaient avec une prime (en moyenne 20% plus chères) reflétant cette surperformance, situation désormais inversée: aujourd’hui, elles se traitent avec une décote significative.

2. INVESTIR DANS LES PETITES CAPITALISATIONS EST RISQUÉ

Investir en actions est toujours risqué! Si vous aviez acheté Nestlé en mars de cette année, vous seriez en baisse de 20%. Si vous aviez acheté Novo Nordisk en début d’année, vous seriez en baisse de 41%. La perception que les petites capitalisations sont plus risquées existe, mais le risque peut être maîtrisé grâce à une sélection rigoureuse. L’écart de volatilité moyenne entre grandes capitalisations et petites capitalisations est aussi le reflet d’un écart de rendement espéré plus élevé.

3. LES PETITES CAPITALISATIONS SONT PLUS ENDETTÉES ET PLUS FRAGILES

C’est vrai aux Etats-Unis (l’endettement moyen pondéré du Russell 2000 est de 61%), mais beaucoup moins en Europe où les entreprises sont plus conservatrices: l’endettement moyen n’est que de 29%. Résultat: les petites capitalisations européennes sont bien moins sensibles aux cycles de taux d’intérêt que leurs homologues américaines. Enfin, 38% des sociétés composant le Russell 2000 sont déficitaires…contre seulement 18% dans le MSCI Europe Small Cap.

4. LE CHOIX EST PLUS RESTREINT QU’AUX ETATS-UNIS

Faux! Les sociétés de moins d’un milliard représentent 80% des entreprises cotées en Europe. L’univers d’investissement est vaste, diversifié et regorge de leaders mondiaux dans leurs niches. Seul le secteur technologique reste l’exception américaine

5. LES PETITES CAPITALISATIONS COMMUNIQUENT MOINS BIEN

Les petites capitalisations communiquaient moins bien. Deux changements majeurs :la digitalisation qui facilite grandement le contact avec les investisseurs et la poussée ESG qui a amené les sociétés, même les plus réticentes, à renforcer leur communication.

6. LES PETITES CAPITALISATIONS SONT MOINS COUVERTES PAR LES ANALYSTES

Oui, et heureusement! Beaucoup d’investisseurs se limitent aux sociétés régulièrement suivies par les brokers. Pourtant, moins de couverture signifie plus d’inefficiences de marché et donc plus de potentiel pour les investisseurs actifs et disciplinés. C’est en tout cas cet univers des «orphan stocks» que nous travaillons et apprécions le plus.

7. LES PETITES CAPITALISATIONS SONT PLUS «DOMESTIQUES»

La réalité est plus nuancée. Pour la résumer, les sociétés anglo-saxonnes sont naturellement plus tournées vers les marchés anglophones alors que les européennes ont un ADN plus international. Mais, ce qui importe est la position concurrentielle de l’entreprise, quelle que soit sa taille. Et l’univers des petites valeurs européennes regorge de leaders, sur des niches de marchés; un statut particulièrement recherché dans le contexte actuel de politiques tarifaires mouvementé et incertain.

8. LE CAPITAL-INVESTISSEMENT VA REMPLACER LES SMALL CAPS COTÉES

Le Private Equity a été très actif ces dernières années pour financer les petites entreprises, mais se retrouve aujourd’hui avec beaucoup d’actifs difficiles à introduire en Bourse. Les fonds recourent aux «Fonds de continuation» ou à des ventes d’actif à d’autres fonds. Mais, si le capital-investissement peut jouer un rôle clé, n’oublions pas qu’il n’a pas vocation à être un actionnaire de long terme, car il doit restituer l’argent aux investisseurs. La Bourse reste indispensable pour financer la croissance sur le long terme.

9. IL EST PLUS FACILE D’INVESTIR DANS UN ETF 

Peut-être…mais l’exposition n’est pas la même et ne reflète pas la réalité de l’univers qu’il est sensé représenté: Un ETF sur l’indice MSCI Europe Small Cap donne accès à 826 sociétés dont la plus grosse pèse plus de 10 milliards. Or, l’univers complet des small/micro caps dépasse 5'000 sociétés. En outre, un tel ETF affiche un PER moyen pondéré des capitalisations de 27,2x (médian: 18,1x), bien plus élevé que l’univers global des petites capitalisations (environ 15x).

10. IL EST PLUS FACILE DE GAGNER DE L’ARGENT EN CRYPTO

Pour être honnête, nous n’avons entendu cet argument qu’une seule fois – d’un jeune investisseur Gen Z – mais il s’agit certainement d’un avis partagé. Notre conviction: rien ne remplace l’investissement dans une entreprise rentable, qui croît régulièrement, verse des dividendes ou rachète ses propres actions, et crée de la valeur pour ses actionnaires. Nous ne sommes pas spécialistes des cryptos, mais leurs «fondamentaux» ne nous semblent pas pouvoir les mettre en comparaison/concurrence avec l’investissement dans des flux de cash-flows futurs.

Notre conviction: investir à bon prix dans des petites capitalisations rentables, bien capitalisées ne se démodera jamais! C’est exactement ce que nous faisons.

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