Comment assurer la sécurité de l’approvisionnement de gaz en Suisse?

Salima Barragan

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«La production linéaire nécessite constamment de la matière première contrairement à une économie circulaire», explique Walter Stahel.

Près de la moitié du gaz naturel importé en Suisse provient des Pays-Bas, d’Allemagne et de Norvège. Plus des 50% restants proviennent de Russie et sont acheminés jusqu’à la frontière par la société allemande Uniper. Si les tensions politiques ou les fermetures des frontières de ce printemps n’ont jamais eu d’incidence sur la sécurité de l’approvisionnement du gaz naturel depuis 1974 - date de son arrivée en Suisse -, les gaziers romands se sont penchés sur cette problématique lors d’une table ronde virtuelle organisée début novembre. Pour Walter Stahel, Fondateur-Directeur de l’Institut de la durée, l’économie circulaire peut garantir sa sureté: «Si les principes de l’économie circulaire étaient mieux appliqués en Suisse, ils permettraient d’améliorer considérablement la sécurité de l'approvisionnement en matières premières et d’atténuer la dépendance aux pays exportateurs».

Promouvoir l’économie circulaire dans les pays de surabondance

Par manque d’alternatives, la transformation des déchets en fin de vie en nouveaux produits est courant dans les pays pauvres. Cependant, Walter Stahel constate qu’il est plus difficile de changer les habitudes des consommateurs de nos riches contrées. Depuis plus d’une décennie, les décideurs politiques avancent progressivement dans cette voie en basculant de l’optimisation des flux de production à celle des stocks. C’est dans ce sens que la directive européenne sur les déchets de 2008 a priorisé la réutilisation et l'extension de la durée de vie des biens.

Le gaz de synthèse produit grâce à la technologie Power-to-Gas
pourra être valorisé, stocké et transporté.
Vers une production plus locale

Au-delà des biens recyclables, le concept d’économie circulaire est également applicable au gaz naturel grâce à la valorisation de ses déchets qui redeviendront une nouvelle matière première. «L’objectif est de gérer l’ensemble des capitaux localement. Dans ce sens, l’industrie du gaz qui importe la matière a l’opportunité de devenir le producteur d’une énergie zéro carbone tout en utilisant des ressources présentes», explique Walter Stahel. En fait, il s’agit de le recycler localement ou autrement dit: de rapatrier la production.

A l’heure des enjeux de la loi sur le CO2, les réseaux énergétiques ne cessent de se densifier. Selon Walter Stahel, la Suisse devrait dans un premier temps pérenniser l’utilisation de ses infrastructures existantes en produisant du gaz renouvelable puis étendre les capacités de recyclage: «La matière première peut être récupérée à tous les niveaux: particuliers, restaurants, entreprises. Le potentiel est disponible mais l’industrie a encore besoin de fonds pour construire de nouvelles infrastructures si l’on veut atteindre un objectif de production de 30% de gaz renouvelable d’ici 2030».

Power-to-Gas

Très prisée en Europe, la technologie Power-to-Gas permet de stocker sous forme de gaz de synthèse ou d’hydrogène les excédents d’énergie en provenance de sources renouvelables (solaire – éolien – centrales hydroélectriques) dans les régions soumises à des climats venteux et/ou très ensoleillés. Le gaz de synthèse produit grâce à cette technologie pourra ainsi être valorisé, stocké et transporté