Cessez-le-feu: un répit tactique

Arthur Jurus, ODDO BHF

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Le cessez-le-feu entre l’Iran, Israël et les États-Unis a permis d’éviter une escalade immédiate, mais il reste trop fragile pour modifier en profondeur la lecture macro-financière.

 

Le marché sort d’un choc géopolitique sans entrer dans un régime de stabilité durable. Le cessez-le-feu entre l’Iran, Israël et les États-Unis a permis d’éviter une escalade immédiate, mais il reste trop fragile pour modifier en profondeur la lecture macro-financière. Le détroit d’Ormuz demeure un point de tension clé, et le pétrole reste à des niveaux élevés, maintenant une pression sur les anticipations d’inflation et sur les marges des entreprises. Le marché ne price plus un scénario extrême, mais conserve une prime de risque significative.

La réaction des marchés reflète davantage un ajustement technique qu’une amélioration fondamentale. Le rebond des actions et la détente du crédit traduisent surtout un débouclement de positions défensives. Le stress de court terme a été rapidement intégré dans les prix. Le marché entre désormais dans une phase où les flux et le repositionnement des investisseurs prennent le relais, dans un environnement où la visibilité macro reste limitée et où les trajectoires économiques divergent.

Les États-Unis conservent un avantage relatif, à la fois par leur indépendance énergétique et par la dynamique structurelle liée à l’innovation, notamment dans la technologie et l’intelligence artificielle. 

Le signal le plus important aujourd’hui ne vient pas du niveau des indices, mais de leur structure interne. La volatilité implicite des actions individuelles explose par rapport à celle de l’indice. Le spread de volatilité ATM entre la moyenne des titres du S&P 500 et l’indice lui-même se situe proche de ses plus hauts historiques, autour de 18. Ce niveau traduit une dispersion extrême des anticipations, où les trajectoires individuelles des entreprises dominent largement la dynamique agrégée du marché.

Cette configuration rend la gestion active aussi difficile que déterminante. Lorsque la volatilité des titres dépasse fortement celle de l’indice, cela signifie que le marché ne se traite plus comme un bloc homogène. Les différences de fondamentaux, de sensibilité aux taux, à l’énergie ou à la géopolitique deviennent déterminantes. Dans ce contexte, les stock pickers deviennent déterminants, car la création de performance repose davantage sur la sélection que sur la direction globale du marché.

Sur le plan macroéconomique, le scénario dominant reste celui d’un choc d’offre temporaire. L’inflation devrait être impactée par les prix de l’énergie, mais sans enclencher de spirale durable. En parallèle, les perspectives de croissance se dégradent, notamment en Europe, ce qui limite la capacité des entreprises à absorber les chocs de coûts. Cette combinaison réduit la pression sur les banques centrales, mais accroît le risque de déceptions sur les résultats dans les prochains trimestres.

Dans cet environnement, l’allocation actions reste justifiée, mais sous forte contrainte de sélectivité. Les États-Unis conservent un avantage relatif, à la fois par leur indépendance énergétique et par la dynamique structurelle liée à l’innovation, notamment dans la technologie et l’intelligence artificielle. L’Europe offre encore des opportunités ciblées, notamment dans la défense et les infrastructures, mais reste plus exposée aux chocs exogènes. Le message est clair: le marché offre encore des points d’entrée, mais la performance ne sera plus indexée, elle sera sélectionnée.

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