Le chimiste de spécialités Ems-Chemie a pâti au premier semestre du ralentissement économique global causé notamment par les tensions commerciales. Le chiffre d’affaires s’est ainsi replié, plombé en partie par la force du franc, mais la rentabilité a néanmoins progressé.
Les ventes se sont tassées de 6,2% sur un an à 1,02 milliard de francs, indique vendredi le groupe dirigé par la conseillère nationale UDC Magdalena Martullo-Blocher. Les effets de change ont affecté les recettes à hauteur de 2,5%.
Le fabricant de polymères et de spécialités chimiques affirme ne pas être concerné par les droits de douane, puisque les articles vendus aux Etats-Unis sont soit produits localement, soit exemptés de taxes. En conférence de presse, Mme Martullo-Blocher a évoqué l’accord commercial entre la Suisse et les Etats-Unis. «Nous avons négocié, nous n’attendons plus que (le président américain) Trump.»
Ems-Chemie a évolué dans des marchés affectés par les tensions commerciales et géopolitiques qui ont réduit la volonté des clients à investir, précise le communiqué. Aux Etats-Unis, les consommateurs et les entreprises reportent leurs dépenses d’investissement, craignant des taux d’inflation plus élevés. En Europe, le secteur industriel se restructure, note le groupe grison. En Chine, les producteurs de véhicules électriques poursuivent sur la voie de la croissance.
Dans ce contexte défavorable, Ems a cependant soigné sa rentabilité, grâce à «l’innovation, la discipline de coûts et la planification proactive». L’entreprise basée à Ems a notamment décidé d’étoffer ses capacités de vente en Asie, en Europe et aux Etats-Unis, à rebours des «tendances actuelles», souligne-t-elle.
Objectifs annuels confirmés
Le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) s’est inscrit à 323 millions de francs, ce qui représente une progression de 1,3% pour une marge améliorée de 2,3 points de pourcentage à 31,7%. Le bénéfice opérationnel Ebit a pris 1,4% à 296 millions. La marge afférente a augmenté de 2,2 points à 29%.
Les chiffres publiés dépassent les prévisions du consensus AWP, à l’exception du chiffre d’affaires que les analystes attendaient en moyenne à 1,04 milliard de francs.
Pour 2025, la direction confirme la feuille de route annuelle, tablant toujours sur une baisse des recettes en raison des effets de devises, mais un résultat Ebit en progression. Le contexte économique devrait être difficile sur l’ensemble de l’année.
Les analystes s’attardent peu sur les recettes inférieures aux prévisions, mais applaudissent la capacité d’Ems-Chemie de soigner sa rentabilité alors que les incertitudes s’accumulent. Difficile de trouver une marge Ebitda de 31,7% chez les concurrents, ce qui prouve la résilience du groupe, affirme l’analyste Konstantin Wiechert, de Baader Helvea. Ce dernier se montre sceptique quant à la réalisation des objectifs annuels, qui nécessiteront une croissance continue au deuxième semestre, ce qui parait compliqué.
Les investisseurs votaient la confiance à Ems-Chemie. Vers 10h25, l’action du groupe gonflait de 2,9% à 640 francs, après avoir atteint 645 francs en début de matinée. L’indice SPI sombrait lui de 0,95%.