Un an après les records, les cryptomonnaies vacillent

AWP

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La période de relative stabilité qu’avait connue le bitcoin s’est brusquement terminée avec des pertes cumulées de 30% depuis une semaine.

Pour les cryptomonnaies, fin 2018 pourrait ne pas avoir la même saveur que fin 2017, lorsque leurs cours s’étaient envolés à des sommets inédits. Depuis une semaine, la valeur des monnaies virtuelles, bitcoin en tête, est durement mise à l’épreuve.

La période de relative stabilité qu’avait connue le bitcoin, qui évoluait depuis le début de l’été autour de 6’400 dollars, s’est brusquement terminée avec des pertes cumulées de 30% depuis une semaine, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

La célèbre cryptomonnaie a chuté de 11,6% en une seul journée mercredi dernier, soit sa baisse la plus importante depuis février et la fin de la phase d’atterrissage, quelque peu violente, qu’a connue le bitcoin après l’éclatement de sa bulle fin 2017.

Mais ce record a été battu lundi, avec une nouvelle baisse de 12,2% par rapport à vendredi soir. Quant à la séance de mardi, les pertes se sont établies à plus de 9%.

Après être tombé sous les 6’000 dollars l’unité, «le bitcoin a facilement franchi le seuil psychologique des 5’000 dollars, et de ce fait, avec des échanges autour de 4’500 dollars, un retour au niveau de septembre 2017 à 3’000 dollars, ou juste en dessous, semble parfaitement réalisable», a commenté Neil Wilson, analyste pour Markets.com.

Les autres cryptomonnaies n’ont fait guère mieux: en une semaine l’ethereum, l’une des plus connues avec le bitcoin, a perdu 40% et la capitalisation totale des monnaies virtuelles est passée de 210 milliards de dollars à 150 milliards, soit une chute de presque 30%.

Pas la première chute

Difficile d’expliquer ce soudain dédain pour l’actif star de la fin d’année 2017, de nombreux analystes s’étant initialement trouvés quelque peu à court d’arguments.

«L’actuel mouvement de ventes est une fois encore dû aux pressions régulatrices», a néanmoins estimé Naeem Aslam, analyste pour Think Markets, évoquant une récente décision de la Security and Exchange Commission, le gendarme boursier américain.

La SEC a sévi vendredi dernier à l’encontre de deux start-up ayant levé des fonds en cryptomonnaies sans respecter la réglementation, les obligeant à rembourser les souscripteurs et à payer une amende.

L’institution «a rappelé à la cryptosphère qu’elle avait le mot final sur tout ce qui a l’odeur d’un actif financier», a poursuivi M. Aslam.

Certains commentateurs ont également évoqué la querelle au sein de la communauté du bitcoin cash, une autre cryptomonnaie qui se veut la rivale du bitcoin, qui s’est traduite par une scission en deux nouvelles monnaies virtuelles jeudi dernier.

Il y a trois semaines, la revue spécialisée Diar avait révélé que les volumes d’échange du bitcoin en octobre étaient tombés à un plus bas en un an, signe d’une baisse d’intérêt des investisseurs.

«Où est l’incitation à acheter» des cryptomonnaies?», a fait mine de s’interroger M. Wilson, pour qui ceux qui parient à la baisse feraient bien de viser une valeur de zéro, «ce qu’elles valent».

Si la tendance baissière contraste avec la flambée d’il y a un an, le bitcoin ayant grimpé de presque 370% entre début octobre 2017 et son pic à 19’500 dollars mi-décembre, il demeure bien hasardeux de faire des prévisions. Car la sulfureuse cryptomonnaie n’en est pas à sa première chute.

Fin 2013, le bitcoin dépassait pour la première fois les 1’000 dollars, avant de décliner progressivement jusqu’à environ 160 dollars début 2015. La suite de l’histoire est connue.

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