Opep: l’Arabie saoudite cherche une solution politiquement acceptable

AWP

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Ryad évoque une réallocation au sein du cartel de quotas de production non utilisés par certains pays, comme le Venezuela en plein crise économique, ce qui permettrait d’augmenter la production mondiale.

L’Arabie saoudite souhaite parvenir à augmenter la production de l’Opep et de ses partenaires sans toutefois toucher aux objectifs fixés par l’accord de limitation de 2016, afin de ménager l’Iran, a indiqué jeudi le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Faleh, à la veille d’une réunion cruciale à Vienne.

Ryad évoque une réallocation au sein du cartel de quotas de production non utilisés par certains pays, comme le Venezuela en plein crise économique, ce qui permettrait d’augmenter la production mondiale comme le souhaitent l’Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis, a indiqué M. al-Faleh.

«Un million de barils par jour est une bonne base de travail», a estimé le ministre en marge d’un séminaire organisé par l’Opep à Vienne, à la veille de la réunion semestrielle du cartel de quatorze pays.

«Rééquilibrer les objectifs est techniquement une bonne décision, mais peut-être que ce ne sera pas acceptable politiquement pour d’autres», a-t-il toutefois concédé.

Ryad, Washington et Moscou souhaitent une hausse de la production mondiale afin de soulager les cours et d’éviter tout risque de tensions sur l’offre.

Mais des pays comme l’Irak, l’Iran et le Venezuela, dont les capacités de production et d’exportation sont limitées, sont hostiles à la fixation de quotas plus élevés, qui pèseraient sur les cours du pétrole.

L’accord de l’Opep vise actuellement à une limitation de 1,8 million de barils par jour. Entre les baisses volontaires et non volontaires, l’Opep et ses partenaires ont limité leurs extractions de 2,1 millions de barils par jour en mai, selon l’Agence internationale de l’Energie (AIE).

Une révision des objectifs, qui ont pris effet début 2017 et ont conduit à une nette hausse des prix, demanderait l’unanimité du cartel.

Une solution «technique» consistant à augmenter la production effective sans remettre en question le quota global fixé fin 2016 pourrait ainsi apparaître comme une solution de compromis, selon Ryad.

«Nous espérons qu’il y aura un accord» et «nous essayons de faire la jonction entre les deux camps», a affirmé le ministre irakien du Pétrole Jabbar al-Luaibi.

Mercredi, son homologue iranien avait concédé qu’une augmentation de la production sans toucher aux objectifs pouvait être envisageable.

«Nous sommes optimistes», a affirmé à l’AFP le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, Souhail al-Mazrouei.

Les marchés, pour leur part, ont réagi à la possibilité d’une hausse de production effective de un million de barils par jour, alors qu’une fourchette de 300.000 à 600.000 barils était évoquée précédemment.

Les prix du pétrole ont ainsi accentué leur baisse pour reculer de 1,39 dollar pour le Brent, à 73,35 dollars, et de 1,02 dollar pour le WTI américain, à 64,69 dollars vers 09H50 GMT.