Nouvelle déception lors d’enchères pétrolières au Brésil

AWP

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La compagnie publique brésilienne Petrobras a pratiquement fait cavalier seul pour remporter une adjudication.

Au lendemain d’enchères pétrolières très décevantes pour le gouvernement brésilien, une autre adjudication, également boudée par la plupart des majors étrangères, a rapporté moins que prévu jeudi, quatre des cinq blocs offerts n’ayant pas trouvé preneur.

Comme mercredi, la compagnie publique brésilienne Petrobras a pratiquement fait cavalier seul, avec 80% de participation dans le consortium qui a remporté le bloc d’Aram, aux côtés du groupe chinois CNODC (20%).

Ce bloc était le plus onéreux, rapportant à l’Etat 5,05 milliards de réais (environ 1,2 milliard de dollars). L’absence d’offre dans les quatre autres représente cependant une nouvelle frustration pour le gouvernement, qui espérait 7,8 milliards de réais au total.

Les enchères de mercredi et jeudi concernaient des blocs situés dans la zone du «pré-sal», gisements gigantesques situés en eaux très profondes, sous une épaisse couche de sel.

Les blocs proposés mercredi étaient considérés comme plus alléchants dans la mesure où les zones avaient déjà été explorées par Petrobras, avec des estimations sur leur potentiel bien plus précises que sur ceux de jeudi.

Mais les adjudications de mercredi n’ont rapporté que 17 milliards de dollars, au lieu des 26 milliards escomptés, et seuls deux des quatre blocs ont trouvé preneur.

Et comme jeudi, en raison de l’absence de concurrence, le pourcentage des bénéfices que les entreprises s’engagent à reverser à l’Etat est resté aux planchers fixés par l’Agence Nationale du pétrole (ANP).

Petrobras s’était déjà associé à deux groupes chinois, avec 90% de participation dans un consortium avec CNODC (5%) et CNOOC (5%) pour le champ de Buzios, le joyau de la couronne du pré-sal.

Le 25 octobre, le président, Jair Bolsonaro, en visite officielle en Chine, avait invité les compagnies du pays asiatique à participer à ces enchères, promettant «une mer d’opportunités».

Mais au-delà de cette timide participation des groupes chinois, aucune major du secteur n’a formulé la moindre offre lors de ces deux journées.

Les spécialistes considèrent que les prix fixés par l’ANP étaient trop élevés et que le système de compensation devant être versé à Petrobras pour les investissements déjà réalisés dans les zones proposées n’était pas assez transparent.

Le directeur-général de l’ANP, Decio Oddone, a pourtant considéré que les enchères de mercredi étaient «un succès», dans la mesure où elles étaient «les plus importantes jamais réalisées dans le monde».

Jeudi, il a admis néanmoins avoir été «surpris» par le faible intérêt pour les blocs offerts le deuxième jour, tout en considérant que cela n’allait pas «ternir le résultat d’ensemble» des enchères de 2019.

En octobre, l’adjudication de blocs situés en dehors de la zone du «pré-sal» avait rapporté 2,17 milliards de dollars, bien plus que ce qu’espérait le gouvernement.