Les assureurs mondiaux face à l’explosion du risque physique: confiance individuelle élevée

Communiqué, MSCI

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Les grands assureurs internationaux se disent prêts à affronter la montée du risque physique – mais doutent de la résilience du secteur dans son ensemble.

Alors que les événements climatiques extrêmes redessinent la cartographie mondiale du risque, les grands assureurs internationaux se disent prêts à affronter la montée du risque physique – mais doutent de la résilience du secteur dans son ensemble.

C’est la conclusion centrale du nouveau rapport du MSCI Institute, intitulé «What the market thinks: How global insurers are responding to rising physical risk», fondé sur une enquête structurée et des entretiens approfondis menés auprès de plus de 50 assureurs et réassureurs en Europe, en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique.

Un «paradoxe de préparation» au cœur du secteur

Si les acteurs interrogés estiment majoritairement être bien positionnés individuellement, ils identifient des vulnérabilités systémiques préoccupantes:

  • 62% des assureurs nord-américains,
  • 50% en Asie-Pacifique,
  • 46% en Europe

jugent que le secteur n’est pas collectivement prêt à absorber la montée du risque physique.

Cette divergence entre préparation interne et fragilité collective constitue, selon le rapport, un risque structurel pour la stabilité financière.

Le risque systémique devient central

Les chiffres sont sans équivoque:

  • 88% des assureurs expriment une inquiétude modérée à très élevée quant au risque physique comme facteur de risque systémique.
  • 96% signalent de fortes préoccupations concernant l’assurabilité des infrastructures dans les régions vulnérables.

Le message est clair: ce qui n’est plus assurable devient difficilement finançable – et donc non investissable.

Pression réglementaire et mutation des modèles

Le rapport souligne une intensification du contrôle prudentiel. Les superviseurs exigent désormais une intégration accrue des scénarios climatiques dans:

  • l’évaluation des risques,
  • les exigences de solvabilité,
  • la planification du capital,
  • les obligations de transparence.

L’Europe apparaît en avance:

68% des assureurs européens déclarent avoir intégré le risque physique dans leur gestion globale des risques, contre 36% en Asie-
Pacifique et environ 33% en Amérique du Nord.

Tarification: la fin du rétroviseur historique

Les modèles actuariels fondés sur les données historiques perdent en fiabilité face à l’intensification des aléas climatiques.

Les assureurs adoptent désormais une approche «multi-couches», combinant:

  • modèles catastrophes,
  • analyses géospatiales,
  • données topographiques haute résolution,
  • informations locales issues d’universités et d’agences publiques.

Cependant, traduire ces ajustements qualitatifs en décisions de tarification quantifiées dans des cycles annuels reste un défi majeur.

Opportunités: conseil en résilience et innovation paramétrique

Malgré les tensions, le secteur identifie des relais de croissance:

  • 91% voient un potentiel significatif dans les services de conseil en gestion du risque climatique.
  • 58% développent activement des produits paramétriques.
  • Seuls 11% considèrent l’assurance des solutions fondées sur la nature comme une opportunité majeure.

Gouvernance: un angle mort persistant

Si les conseils d’administration sont de plus en plus mobilisés sur le climat, la responsabilité exécutive reste limitée:

  • 69% des assureurs indiquent que les objectifs climatiques ne sont pas intégrés dans les systèmes d’incitation ou de rémunération des dirigeants.

Un écart notable subsiste entre la reconnaissance stratégique du risque et son intégration opérationnelle.

Une industrie en transition

Le rapport conclut que le secteur évolue d’une phase de prise de conscience vers une phase d’opérationnalisation.

La vitesse à laquelle les capacités analytiques se traduiront en transformation concrète – tarification, allocation du capital, disponibilité des couvertures – déterminera la résilience future du système financier.

Dans un contexte de volatilité climatique croissante, l’assurance demeure un pilier central de la stabilité économique. Sa capacité à maintenir des solutions accessibles et viables sera déterminante pour la solidité des marchés et la protection des entreprises comme des ménages.

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