D’après les données MSCI Private Capital Transparency arrêtées au 17 février 2026, la part des prêts de dette à risque valorisés à au moins 20% en dessous du principal – un seuil généralement associé à une situation de détresse de l’emprunteur – est passée de 9% au premier trimestre 2022 à 24% au troisième trimestre 2025, soit plus du double en trois ans.
Parallèlement, les décotes les plus sévères (50% ou plus) ont également fortement progressé sur la période.
Un écart croissant avec les autres stratégies de crédit privé
À titre de comparaison, les fonds de crédit privé axés sur le prêt direct et les stratégies opportunistes ont enregistré une hausse plus modérée des dépréciations. Au troisième trimestre 2025, leurs taux de décotes modérées et sévères restaient environ un tiers inférieurs à ceux observés dans les portefeuilles de dette à risque.
Cette divergence se reflète également dans les performances récentes: au troisième trimestre 2025, la stratégie de dette à risque a affiché un rendement trimestriel de -1,5%, tandis que les stratégies de prêt direct et opportunistes ont continué d’enregistrer des performances positives. Ces données suggèrent que les ajustements de valorisation exercent une pression tangible sur la performance globale du segment.
Le secteur de la santé au cœur des tensions
Compte tenu de la composition sectorielle de la dette à risque, une exposition élevée aux technologies de l’information (IT) aurait pu apparaître comme une explication naturelle de la hausse des situations de détresse. L’IT représente en effet près de 40% de la valeur nette d’inventaire (NAV) des portefeuilles de dette à risque, contre 19% pour le prêt direct et 7% pour les stratégies opportunistes.
Toutefois, l’analyse révèle que ce sont principalement les emprunteurs du secteur de la santé qui ont contribué aux récentes dépréciations. Les prêts technologiques, en comparaison, ont affiché des taux de détresse inférieurs à la moyenne.
Le contraste est particulièrement notable avec les emprunteurs du secteur de la santé financés par des fonds de prêt direct et opportunistes, qui ont connu des niveaux de décotes sensiblement plus faibles que leurs homologues soutenus par le capital-risque.
Des risques potentiels liés à la concentration sectorielle
La résilience observée en dehors du secteur de la santé pourrait néanmoins être mise à l’épreuve. Compte tenu de l’exposition significative de la dette à risque au secteur technologique, un accroissement des tensions dans l’IT pourrait peser davantage sur les valorisations à l’avenir.
Si les difficultés venaient à s’étendre au-delà du secteur de la santé pour inclure la technologie, la concentration sectorielle de la stratégie pourrait amplifier les dépréciations déjà constatées.
«La divergence des valorisations souligne l’importance d’une analyse granulaire par secteur et par stratégie au sein du crédit privé», indique Patrick Warren, Vice President, MSCI Research & Development.