Le yen grimpe jeudi, après des informations de presse affirmant que le Japon est intervenu pour soutenir sa devise nationale, ce qui contribue à faire plier le dollar.
Selon le média local Nikkei, qui s’appuie sur une source officielle anonyme, le gouvernement japonais et la Banque du Japon (BoJ) sont intervenus sur le marché des changes jeudi en achetant du yen et en vendant du dollar.
Vers 16H15 GMT (18H15 à Paris), le yen montait de 2,44% face au billet vert, à 156,58 yens pour un dollar, après être tombé plus tôt dans la séance à 160,72 yens pour un dollar. Ce niveau n’avait plus été vu depuis l’été 2024 et la dernière intervention du Japon pour doper sa valeur.
Plus tôt jeudi, le vice-ministre japonais des Finances, Atsushi Mimura, a lancé ce qu’il a qualifié de «dernier avertissement» avant une intervention sur le yen, ajoutant avoir reçu le feu vert de Washington pour intervenir si besoin, selon Bloomberg.
Ces propos arrivent après ceux de la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, qui s’est exprimée jeudi devant les médias pour redire que Tokyo se tenait prêt à intervenir.
«Le marché en prend bonne note, car lorsque la Banque du Japon vend des devises pour soutenir le yen, elle le fait généralement à grande échelle», a expliqué Chris Turner, analyste chez ING.
«Le dollar a soudainement changé de cap» après cette annonce de Mme Katayama, pâtissant de la force du yen, après avoir initialement profité des prix du pétrole élevés, selon David Morrison, analyste chez Trade Nation.
Le billet vert est aussi pénalisé par le fait que la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont maintenu leurs taux directeurs inchangés face aux risques inflationnistes.
L’euro prenait 0,44% face à la devise américaine, à 1,1729 dollar, et la livre 0,75%, à 1,3577 dollar.
«Les marchés anticipent jusqu’à trois hausses de taux en 2026» de la BoE «si les prix de l’énergie restent élevés», selon Danni Hewson, analyste chez AJ Bell.
La Réserve fédérale américaine (Fed) avait elle aussi, comme attendu, maintenu mercredi ses taux directeurs inchangés, bien qu’elle se soit montrée étonnamment divisée.
L’actuel patron de la Fed, Jerome Powell, a au passage annoncé mercredi qu’il y resterait comme gouverneur après la fin de son mandat de président, et ce tant qu’il ferait l’objet de pressions politico-judiciaires.
Par ailleurs, cette faiblesse du dollar profite à d’autres valeurs refuges comme l’or, en hausse d’environ 1,30% et le franc suisse qui prenait 1,08% face au billet vert.