Le réal brésilien chute nettement lundi, au lendemain de la réélection surprise du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, tandis que le dollar gagne du terrain avant les décisions de politique monétaire des grandes banques centrales.
Vers 19H00 GMT, la devise brésilienne dévissait de 7,28% face au billet vert, à 5,4208 réaux pour un dollar, évoluant à des plus bas depuis décembre 2025.
La devise nationale se replie après cette «victoire surprise du président sortant», face à «son adversaire Flavio Bolsonaro, perçu comme plus favorable au marché», selon Russ Mould, analyste de AJ Bell.
Au premier tour, Lula avait pourtant été devancé par le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’Etat.
«La plus grande tolérance de Lula vis-à-vis de l’endettement constitue un facteur défavorable pour le réal brésilien», soulignent les analystes de Brown Brothers Harriman.
«La dette publique brute du Brésil est passée de 71,7% du PIB lors du retour au pouvoir de Lula en janvier 2023 à 83,0% du PIB en août 2026», ajoutent-ils.
En parallèle, le billet vert progressait de 0,17% face à la monnaie unique européenne, à 1,1183 dollar pour un euro.
«Les marchés attendent des décisions de politique monétaire cette semaine» des deux côtés de l’Atlantique, remarque Julian Pineda, de Forex.com.
Les cambistes tablent sur un statu quo de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), malgré l’accélération de l’inflation à cause de la guerre au Moyen-Orient.
L’attentisme «renforce l’aversion au risque sur les marchés financiers et limite la capacité de l’euro à se redresser», ajoute M. Pineda.
Les opérateurs ont salué le maintien vendredi soir par Moody’s de la note de la France à Aa3, alors qu’un abaissement était largement attendu.
L’agence a toutefois conservé une perspective négative, qui laisse planer la menace d’une rétrogradation.