Le prix Nobel d’économie a été attribué lundi au duo d’Américains Michael Woodford et Robert Hall. Il récompense leurs recherches portant sur des modèles visant à stabiliser les fluctuations économiques.
Ils «ont mis au point de nouveaux modèles macroéconomiques qui ont amélioré notre capacité à mettre en oeuvre des politiques de stabilisation efficaces», a salué le comité Nobel. Stimuler ou ralentir l’économie au bon moment peut apporter de la stabilité et nous permettre d’éviter des récessions prolongées ou une inflation hors de contrôle, a expliqué le jury.
«Grâce à ces modèles, des mesures budgétaires et monétaires prises au bon moment peuvent atténuer les hauts et les bas de l’activité économique», a-t-il indiqué. Les travaux des deux chercheurs «ont provoqué un changement de paradigme dans la politique de stabilisation».
Dès les années 1970, les crises pétrolières ont révélé l’instabilité des liens entre inflation, chômage, revenu et consommation, rendant les politiques de stabilisation inopérantes. Michael Woodford, né en 1955, s’est dit «ravi» de cette récompense. «C’est un immense honneur. C’est une surprise, mais ça me fait vraiment plaisir», a-t-il réagi en direct lors de l’annonce du prix.
«Résolu un problème»
Son co-lauréat, Robert Hall, âgé de 83 ans, a considéré en 1978 que si les ménages fondaient leur consommation sur leurs anticipations de revenus futurs, toute variation de leur consommation dépendrait d’informations nouvelles, ne pouvant être prédite. «En comprenant l’effet des anticipations sur les décisions de consommation, Hall avait résolu un problème qui intriguait les chercheurs depuis longtemps», a expliqué le jury.
Plus tard, en 2003, Michael Woodford a présenté un modèle macroéconomique néo-keynésien complet. «Les modèles néokeynésiens, issus de leurs travaux, nous permettent d’expliquer et de quantifier la façon dont la politique de stabilisation influence les cycles économiques et sont désormais utilisés par les banques centrales et les ministères des finances du monde entier», a souligné le jury.
Dernier né des prix, le Nobel d’économie clôt à Stockholm la saison 2026 des fameuses récompenses dont la plus connue est le prix de la paix décerné vendredi à la sud-africaine Navi Pillay. Officiellement «prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel», la récompense a été créée en 1968 et décernée pour la première fois l’année suivante.
Sur 99 lauréats du prix, seules trois sont des femmes, toutes primées depuis le début du XXIe siècle. En 2025, le prix Nobel d’économie avait récompensé un trio, l’Américano-Israélien Joel Mokyr, le Français Philippe Aghion et le Canadien Peter Howitt, primés pour leurs travaux sur l’impact de l’innovation sur la croissance économique.
Le millésime 2026 des Nobel a récompensé deux femmes : la Sud-africaine Navi Pillay avec la paix et la Canado-islandaise Anne Carson en littérature. Le prix Nobel de chimie a été décerné au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai, celui de physique au Belge Francis Halzen.
Enfin, le premier prix à être annoncé, la médecine, a été décerné à l’Américain Karl Deisseroth et aux Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel. Le Nobel, qui est aussi assorti d’un diplôme et d’un chèque de 12 millions de couronnes suédoises (un peu plus d’un million d’euros) cette année, sera remis le 10 décembre.