Le Japon s’est engagé vendredi à investir 68 milliards de dollars en Inde, lors d’une visite du Premier ministre indien Narendra Modi à Tokyo où les deux pays ont également convenu d’approfondir leurs relations en matière de sécurité.
«Le marché immense de l’Inde est tellement prometteur, que s’inscrire dans son dynamisme contribuera à stimuler la croissance de l’économie japonaise», a déclaré à la presse le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba.
Alors que le Premier ministre indien Narendra Modi fait escale au Japon avant une visite en Chine, sa première depuis 2018, M. Ishiba a annoncé que le Japon augmenterait ses investissements en Inde à 10'000 milliards de yens (68 milliards de dollars) et lancerait une initiative de coopération axée sur les semi-conducteurs et l’IA.
Le commerce bilatéral s’élève actuellement à plus de 20 milliards de dollars par an, largement en faveur du Japon.
Les deux parties ont également promis de renforcer leur coopération en matière de sécurité, l’agence de presse Kyodo rapportant qu’elles avaient convenu de développer des exercices militaires communs.
Les deux pays ont à cette occasion exprimé leurs «graves préoccupations» concernant la situation en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale, dans une déclaration conjointe séparée, selon Kyodo.
L’Inde et la Chine se disputent l’influence en Asie du Sud et se sont affrontées lors d’un conflit frontalier meurtrier en 2020.
Un dégel s’est amorcé en octobre dernier lorsque M. Modi a rencontré M. Xi pour la première fois en cinq ans lors d’un sommet en Russie.
Le dirigeant indien se rendra dimanche et lundi au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai en Chine, organisé par le président chinois Xi Jinping, auquel participera également le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine.
«Alors que la situation internationale devient de plus en plus incertaine, le Japon et l’Inde doivent travailler en commun pour la paix et la stabilité de la région», a déclaré M. Ishiba aux journalistes.
«L’Inde et le Japon sont entièrement engagés pour un Indopacifique libre, ouvert, pacifique, prospère et respectant les règles», a aussi affirmé M. Modi.
Plus tôt, celui-ci avait déclaré lors d’un forum économique à Tokyo que l’Inde et le Japon «façonneront le siècle asiatique», avec l’Inde «comme tremplin pour les entreprises japonaises vers les pays du Sud».
Les deux pays doivent faire face aux droits de douane imposés par le président américain Donald Trump, avec un taux de 50% sur de nombreuses importations indiennes aux États-Unis entrant en vigueur cette semaine.
Le secteur automobile japonais, vital pour l’économie de l’archipel, est lui soumis à un taux de 25%. Un accord commercial de juillet visant à les réduire - ainsi que des prélèvements «réciproques» supplémentaires - n’est pas encore entré en vigueur.
Les deux dirigeants doivent par ailleurs visiter une usine de fabrication de semi-conducteurs samedi, ainsi qu’un site où sont produits les trains à grande vitesse japonais «shinkansen», dans la perspective que le Japon aide à construire un réseau ferroviaire à grande vitesse de 7.000 kilomètres (4.350 miles) en Inde d’ici le centenaire de l’indépendance indienne en 2047.
Un projet conjoint visant à construire un premier tronçon à grande vitesse entre les villes indiennes de Mumbai et Ahmedabad est cependant embourbé depuis des années, pénalisé par des retards et des dépassements de coûts.