Le dollar efface mardi une partie de ses gains de la veille, lorsqu’il avait profité des prix du pétrole en hausse, les investisseurs demeurant prudents avant la publication de l’inflation américaine attendue en ralentissement en juin.
«Les bons du Trésor américains et le dollar ont fait preuve d’une plus grande stabilité mais ce calme semble relever d’une posture tactique plutôt que d’un signe rassurant», estime Patrick Munnelly, de Tickmill.
Les cours du brut, qui se sont envolés jusqu’à plus de 10% lundi, continuent de grimper mardi à quelques heures du rétablissement du blocus naval des ports iraniens annoncé par Donald Trump.
Le président américain a aussi dit vouloir mettre en place un péage correspondant à 20% de la valeur des cargaisons sur les navires traversant le détroit d’Ormuz.
Ce regain de tension sur le marché de l’énergie présage une envolée de l’inflation.
Mais en attendant, l’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis pour juin est escompté mardi en repli, à 3,8% sur un an, d’après le consensus des analystes sondés par Bloomberg, contre 4,2% en mai.
Vers 10H20 GMT (12H20 à Paris), le billet vert perdait 0,14% face à la monnaie européenne, à 1,1397 dollar pour un euro.
Le Dollar index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, lâchait aussi 0,14%, à 101,094 points, après avoir avancé de 0,2% lundi.
La réaction «initialement positive mais contenue du dollar» lundi s’inscrit dans la foulée de récents commentaires des membres de la Réserve fédérale (Fed) qui «laissent davantage de latitude aux marchés pour spéculer de façon plus agressive sur un resserrement monétaire», pense Francesco Pesole, d’ING.
La banque centrale «doit se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2021-22», a prévenu lundi le gouverneur Christopher Waller en référence au dérapage des prix ayant suivi la pandémie de Covid-19.
Les investisseurs attribuent à ce stade une probabilité de 40% à une hausse des taux directeurs américains lors de la prochaine réunion de politique monétaire, à la fin du mois, selon l’outil de veille CME FedWatch.
Cette perspective pourrait encore être renforcée par le témoignage du nouveau président de la Fed Kevin Warsh devant une commission de la Chambre des représentants du Congrès mardi et mercredi.