Le dollar gagne du terrain lundi, poussé à la fois par l’envolée des prix du pétrole avec la reprise des hostilités au Moyen-Orient, mais aussi par la perspective d’un resserrement monétaire plus rapide qu’anticipé aux Etats-Unis.
Vers 18H15 GMT, le billet vert gagnait 0,25% face à la monnaie unique européenne, à 1,1387 dollar pour un euro, et progressait de 0,35% face à la devise britannique, à 1,3357 dollar pour une livre.
Le Dollar index - qui compare la monnaie américaine à un panier d’autres grandes devises - s’octroyait 0,30% à 101,26 points.
«Le dollar commence la semaine sur une situation particulièrement favorable», résume auprès de l’AFP Adam Button, d’investingLive.
Américains et Iraniens ont poursuivi leurs attaques mutuelles lundi. Et Donald Trump prévoit d’instaurer une taxe sur les marchandises transportées par bateau dans le détroit d’Ormuz et de réinstaurer le blocus naval des ports iraniens.
«La guerre a un effet haussier sur le dollar, considéré comme une valeur refuge» en temps d’incertitudes géopolitiques, explique M. Button.
Le billet vert profite aussi de la nouvelle flambée des prix du pétrole lundi, qui bondissaient de plus de 8%.
Libellé dans la devise américaine, la hausse du brut pousse les cambistes à convertir plus massivement leur monnaie en dollar pour acheter un baril.
En parallèle, Christopher Waller - l’un des hauts responsables de la Banque centrale américaine (Fed) - a déclaré lundi que l’institution «doit se tenir prête» à relever ses taux d’intérêt «pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2021-22».
M. Waller est considéré comme l’un des banquiers centraux américains les plus «colombes», c’est-à-dire plus soucieux de soutenir l’activité que de lutter contre l’inflation.
«Mais son discours a désormais complètement changé», remarque Adam Button.
Ses propos ont immédiatement fait réagir les investisseurs, qui sont plus nombreux à envisager une hausse des taux dès la prochaine réunion de politique monétaire, à la fin du mois, selon l’outil de veille CME FedWatch.
Les opérateurs attendent désormais la publication mardi de l’indice des prix à la consommation (CPI) de juin.
«Si les chiffres s’avèrent moins bons que prévu, M. Waller et d’autres pourraient réclamer une hausse des taux» dès juillet, estime M. Button, ce qui pourrait d’autant plus propulser le dollar.
Valeur refuge concurrente du billet vert, l’or perdait 3,16% à 3989 dollars l’once.