La finance française solide en 2018, mais sous la pression des taux bas

AWP

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L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution pointe une plus grande exposition des banques françaises à la problématique des taux très bas.

Le secteur financier français a affiché en 2018 une santé solide mais voit ces derniers mois ses marges mises sous pression par l’environnement de taux très bas, voire négatifs, a souligné jeudi le superviseur français.

Cet environnement «pèse fortement sur les marges du secteur bancaire» et «pèse plus sur les marges du secteur bancaire français que d’autres en raison des particularités des modèles de tarification, de financement, etc.», a souligné lors d’une conférence de presse Patrick Montagner, premier secrétaire général adjoint de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Du côté des coûts, les groupes bancaires français sont par ailleurs confrontés à des «exigences renforcées de fonds propres, des exigences sur leur sécurité» qui les poussent à investir fortement pour se protéger contre les attaques informatiques, a ajouté M. Montagner, à l’occasion de la publication du rapport statistique annuel de l’ACPR sur les chiffres 2018 de marché français de la banque et de l’assurance.

«Nous sommes très attentifs aux modèles d’activités, aux changement de modèle, aux pressions sur les marges», a-t-il poursuivi.

En ce qui concerne l’assurance, le constat s’inscrit dans la même veine. «Ce qui s’est passé au premier trimestre 2019, c’est qu’un certain nombre d’assureurs ont pu être surpris par la nouvelle vigueur de la baisse des taux. (...) Beaucoup d’assureurs ont pensé que la baisse était finie et qu’on allait avoir une stabilisation voire une légère hausse», a indiqué M. Montagner.

L’ACPR recommande d’ailleurs aux compagnies actives sur le marché de l’assurance vie de continuer à mettre une partie des résultats en réserve pour garantir dans le temps des rendements confortables aux assurés, sur fond de résurgence des risques liés aux incertitudes macroéconomiques.

Nonobstant ces difficultés, la finance française a affiché une santé solide l’an passé, tant du point de vue de la rentabilité que du respect des exigences de solvabilité des banques et des assurances en France en 2018.

«Les comparaisons européennes montrent la situation relativement favorable des groupes bancaires français par rapport à leurs homologues européens», écrit ainsi le superviseur dans son rapport.

«Signe de bonne qualité des crédits, le taux de créances douteuses des groupes bancaires français est inférieur à ceux de leurs pairs européens, tant pour leur clientèle de ménage que pour les entreprises», détaille l’ACPR.

Du point de vue de la solidité financière des établissements français, le ratio de fonds propres «durs» est quant à lui ressorti à 14,4%, soit légèrement moins élevé que la moyenne en zone euro (14,6%) et dans l’Union européenne (14,7%).

Quant à l’assurance, le ratio de solvabilité moyen s’est établi à 240%, à quelques encablures de la moyenne de 242% mesurée pour l’ensemble de l’Union européenne.

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