Inde: la croissance trimestrielle décélère à 5%, réforme du secteur bancaire

AWP

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L’Inde a affiché une croissance de 5% au 1er trimestre clos en juin, une décélération marquée qui accroît la pression sur le gouvernement Modi.

L’Inde a affiché une croissance de 5% au 1er trimestre clos en juin, une décélération marquée qui accroît la pression sur le gouvernement Modi, lequel a annoncé une réforme majeure du secteur bancaire.

La croissance de la troisième plus grande économie d’Asie a ralenti pour le cinquième trimestre consécutif au point de connaître son rythme le plus faible en cinq ans. En cause: une consommation atone et une crise de liquidités, qui a poussé le gouvernement à restructurer le secteur bancaire.

Le Produit intérieur brut (PIB) a progressé moins vite qu’au trimestre précédent (5,8%) et que ce qu’anticipaient les analystes pour ce trimestre (5,7%).

Ce ralentissement a fait perdre au pays, qui flirtait encore récemment avec les 7% de croissance, son statut de grande économie la plus dynamique au profit de la Chine. Le taux de chômage est au plus haut depuis les années 1970.

«Les chiffres de la croissance sont inférieurs à nos prévisions et reflètent un ralentissement économique marqué», a déclaré Sameer Narang, économiste en chef de la Banque de Baroda à l’AFP.

M. Narang a toutefois espéré que les réformes annoncées ce mois-ci par le gouvernement nouvellement réélu de M. Modi donneraient un coup de fouet à l’économie pour les prochains trimestres.

Mercredi, le gouvernement a assoupli les restrictions à l’investissement étranger dans quatre secteurs clés, dont l’extraction du charbon. Et l’exécutif, à court d’argent, a également reçu récemment un versement de 24 milliards de dollars (22 milliards d’euros) de la banque centrale.

La ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a récemment dévoilé plusieurs mesures pour stimuler la croissance, à commencer par l’octroi d’une ligne de crédit de 10 milliards de dollars aux banques peu enclines au crédit et la suppression d’un prélèvement exceptionnel sur les ventes d’actions qui avait fait peur aux investisseurs étrangers.

Réforme bancaire

Avant l’annonce des chiffres de la croissance vendredi, Mme Sitharaman a annoncé la fusion de dix banques du secteur public en quatre banques dans le but de stimuler le crédit.

Les quatre nouveaux établissements totaliseront 710 milliards de d’euros d’actifs, soit environ 56% de l’industrie bancaire indienne, selon Bloomberg.

Le gouvernement va aussi injecter 552,8 milliards de rupies (7,01 milliards d’euros) dans leur capital.

A l’issue de cette réforme, l’Inde, qui a l’un des pires taux de créances douteuses au monde, n’aura plus que douze banques contrôlées par l’Etat, contre 27 jusqu’à présent, a ajouté Bloomberg.

«Les banques joueront un rôle important» si l’on veut parvenir à une «économie de cinq mille milliards de dollars», a déclaré Rajeev Kumar, secrétaire d’Etat aux Finances. «Pour cela, nous avons besoin de banques qui soient en mesure de prêter davantage et de fournir de meilleurs services avec des techniques modernes.»

Le gouvernement conservateur de Narendra Modi a remporté une victoire électorale écrasante au début du mois de mai, mais il s’est montré sur la défensive face à sa gestion de l’économie.

Bien que l’économie ait connu une croissance régulière d’environ 7,0% depuis l’arrivée au pouvoir de M. Modi en 2014, elle n’a pas réussi à créer suffisamment d’emplois pour le 1,2 million d’Indiens qui arrivent sur le marché du travail chaque mois.

L’agence de notation Moody’s a révisé ses prévisions de croissance du PIB de l’Inde à 6,2% contre 6,8% pour l’exercice 2019-20.

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