France: la croissance devrait finalement dépasser les 6% cette année

AWP

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L’Insee s’attend désormais à une croissance de 6,25%, la quatrième vague de COVID-19 et le pass sanitaire n’ayant pas freiné la reprise entamée au printemps.

La reprise économique s’annonce finalement un peu plus forte que prévu cette année, selon l’Insee qui s’attend désormais à une croissance de 6,25%, la quatrième vague de l’épidémie et le pass sanitaire n’ayant pas freiné la reprise entamée au printemps.

L’Institut national de la statistique a légèrement relevé mardi sa prévision de croissance pour 2021 par rapport à sa précédente estimation de 6% publiée début juillet.

Cette nouvelle prévision est désormais supérieure à celle du gouvernement, qui table à ce stade sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 6%, après la récession historique de 8% l’an dernier.

Cette prévision «confirme la forte dynamique de l’économie française», s’est félicité le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Elle «marque l’efficacité de la relance économique en cours» et «l’engagement des entreprises, des salariés et des consommateurs français au redémarrage de notre économie», a-t-il ajouté.

Non seulement le rebond de l’activité et de l’emploi a été meilleur au premier semestre, mais «le fait notable de cet été c’est que nous avons connu une quatrième vague épidémique, et que malgré cette nouvelle vague, la reprise s’est poursuivie», a souligné Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee lors d’une conférence de presse.

Même le pass sanitaire, instauré dans les cinémas, les lieux de loisirs, les centres commerciaux ou les restaurants, n’aurait que «modérément affecté» ces secteurs, même si l’impact a été légèrement plus important pour les restaurants, évalue l’Insee.

De quoi conforter le gouvernement dans l’arrêt du quoi qu’il en coûte et dans sa nouvelle stratégie d’un soutien «sur mesure» aux entreprises toujours pénalisées par la pandémie.

D’autant que, selon l’Insee, l’amplification de la vaccination devrait soutenir la consommation dans les secteurs soumis au pass.

Plus largement, l’institut prévoit que la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance française, rattrape d’ici la fin de l’année son retard par rapport à son niveau d’avant-crise.

Les Français ont toujours un surplus d’épargne considérable, qui atteint 157 milliards d’euros entre le début de la crise sanitaire et la fin juin 2021, selon des données de la Banque de France publiées mardi.

Inflation ponctuellement au-delà de 2%

Dans l’hypothèse où la situation sanitaire n’imposerait pas de nouvelles restrictions, l’Insee table désormais sur une progression de 2,7% du PIB au troisième trimestre (après une stabilité au premier et +1,1% au deuxième), puis de 0,5% au quatrième.

L’économie française retrouverait ainsi fin 2021 son niveau d’avant-crise, un niveau dont elle n’est plus très loin.

Après un «pic» en juin, l’activité serait restée «relativement proche de son niveau d’avant-crise» en juillet et août, entre -1% et -0,5% en dessous du niveau du quatrième trimestre 2019, selon l’Insee.

Mais ces chiffres n’effacent pas les difficultés particulières de certains secteurs, comme les transports et l’hôtellerie-restauration qui continuent de souffrir des conséquences de la pandémie, notamment la moindre fréquentation de la France par les touristes étrangers ou la réduction des voyages d’affaires.

Par ailleurs, l’Insee relève les incertitudes qui pèsent encore sur la reprise, notamment du fait des tensions sur les approvisionnements des entreprises et les recrutements.

De plus en plus d’entreprises font remonter des difficultés sur ces deux fronts.

Si les problèmes de recrutement, qui restent encore inférieurs à leur niveau d’avant-crise, pourraient peser sur la croissance «à moyen terme», selon Julien Pouget, il en va autrement des tensions sur les approvisionnements: elle pénalisent déjà fortement certains secteurs, comme l’automobile ou la construction, via des pénuries de matières premières et une hausse des coûts de production.

L’Insee reste toutefois prudent sur les risques d’une accélération de l’inflation. Elle maintient sa prévision d’une hausse «au moins ponctuellement» un peu au-dessus de 2%.

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