BCE: gare aux «conclusions hâtives», plaide François Villeroy de Galhau

AWP

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Le rythme d’un probable resserrement de la politique monétaire «restera progressif et conditionné à l’état» de l’économie européenne, déclare le gouverneur de la Banque de France.

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a appelé vendredi à éviter les «conclusions hâtives» sur le calendrier du resserrement monétaire que pourrait effectuer la BCE, au lendemain d’un changement de ton de l’institution de Francfort.

«Si la direction de notre trajectoire est claire, personne ne devrait tirer de conclusions hâtives sur son calendrier», a affirmé M. Villeroy de Galhau, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), lors d’une intervention au Warwick Economic Summit.

Le rythme d’un probable resserrement de la politique monétaire de la BCE, dont les taux directeurs sont à des plus bas historiques, «restera progressif et conditionné à l’état» de l’économie européenne, a-t-il ajouté.

«Nous demeurons attachés à la segmentation» dans le temps de la politique monétaire continentale, avec d’abord un ralentissement des rachats d’actifs par la BCE et dans un deuxième temps un éventuel relèvement des taux directeurs.

«Nous continuons à envisager toutes les options concernant le rythme de cette séquence, et du passage d’une étape à l’autre», a encore affirmé le gouverneur de la Banque de France.

Ses propos interviennent au lendemain d’une réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE à l’issue de laquelle la présidente de l’institut Christine Lagarde a ouvert la porte à un resserrement monétaire plus rapide qu’initialement annoncé, possiblement dès 2022.

Constatant la persistance de l’inflation (+5,1% sur un an en zone euro en janvier), l’ancienne patronne du Fonds monétaire international a confirmé jeudi que le programme d’achats d’actifs lancé en urgence pour faire face aux conséquences de la pandémie s’arrêterait bien fin mars.

La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs en mars, avec de nouvelles prévisions d’inflation à l’horizon 2024, donnera lieu à une analyse «plus approfondie», avec des conséquences éventuelles à en tirer sur la politique monétaire, a ajouté Mme Lagarde.

Ce léger raffermissement du ton de la BCE a fait plonger les marchés européens et bondir les taux obligataires jeudi soir. Vendredi en milieu de journée, il provoquait encore de l’instabilité sur les Bourses du Vieux Continent.

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