Aryzta ferme deux usines en Allemagne, 600 emplois biffés

AWP

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Le groupe zurichois devise le coût unique de cette manœuvre entre 56 et 61 millions d’euros, pour lequel une provision sera inscrite dans les comptes 2026.

Le boulanger industriel Aryzta a décidé de fermer ses deux usines allemandes de Gerolzhofen et Nordhause, pour concentrer sa production outre-Rhin à Eidleben. La décision affectera environ 600 collaborateurs, a indiqué un porte-parole, interrogé lundi par l’agence AWP.

Le groupe zurichois devise le coût unique de cette manœuvre entre 56 et 61 millions d’euros, pour lequel une provision sera inscrite dans les comptes 2026.

L’opération doit à terme améliorer la rentabilité en Allemagne et contribuer à une extension de 60 à 80 points de base de la marge brute opérationnelle (Ebitda) au niveau du groupe. La mise en œuvre des mesures s’étalera sur la fin de l’année en cours et la suivante.

Coup de Pates croque Frigegro

Parallèlement, la nouvelle filiale française Coup de Pates a acquis l’intégralité de son distributeur dans la région de Limoges, Frigegro. Avec la Société européenne des beurres, rachetée en juin, ces deux acquisitions doivent étoffer les recettes d’Aryzta dans l’Hexagone de 35 à 40 millions d’euros.

Les recettes générées outre-Rhin avaient atteint en 2025 quelque 636,7 millions d’euros, loin devant les 353,4 millions engrangés en France ou les 280,9 millions collectés en Suisse. Le marché allemand représentait alors 28,6% du total. Le grand voisin du nord abritait en outre plus d’un cinquième des actifs d’Aryzta, pour une valorisation devisée à 328,8 millions.

Aryzta avait annoncé un passage en revue de ses options pour le marché allemand mi-août, au sortir d’un premier semestre difficile.

La direction répète son intention de renouer avec une rémunération des actionnaires dès l’an prochain, après dix années de disette. Hors frais non récurrents, la direction vise pour l’exercice en cours un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de l’ordre de 300 millions d’euros, assorti d’un flux de trésorerie disponible d’environ 100 millions.

Les frais de financement devraient s’établir en-deçà de la fourchette de 37 à 40 millions évoquée jusqu’ici.

Pragmatisme salué

Les analystes saluent une mesure visant à réduire l’exposition à un marché difficile. A la Banque cantonale de Zurich, Daniel Bürki considère en outre plutôt modestes les frais de restructuration avancés par Aryzta. «L’unique bémol dans la communication du jour, est l’absence de confirmation de l’objectif de croissance organique pour l’année en cours,» déplore l’expert.

Les mesures sont drastiques, mais ne devraient pas remettre en question les ambitions du groupe zurichois à moyen-terme, considère de son côté Arben Hasanaj, pour Vontobel. Rassuré pour 2026, l’expert de la banque de gestion zurichoise anticipe une année de transition pour la suivante, dans l’attente de la finalisation de la restructuration.

A 10h20, la nominative Aryzta ployait de 0,4% à 41,35, à contre-courant d’un SPI en hausse de 0,42%.

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