Les Bourses mondiales naviguent à vue jeudi, entre l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane de Donald Trump, une possible rencontre avec son homologue russe sur la guerre en Ukraine et les anticipations de baisse des taux de la Fed dès septembre.
A Wall Street, le S&P 500 perdait 0,17% et le Dow Jones 0,77% quand le Nasdaq gagnait 0,37% vers 15h45 GMT.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,97%, Francfort de 1,12% et Milan de 0,93%. Seule Londres a perdu 0,69%. A Zurich, le SMI a gagné 0,80%.
La Banque d’Angleterre a baissé son taux directeur d’un quart de point de pourcentage, à 4%, à l’issue d’un vote serré.
«Personne n’avait prévu un tel partage des voix: si la baisse de 25 points de base était attendue, qu’elle soit décidée à 5 voix contre 4 a surpris les marchés, faisant grimper la livre sterling et accentuant la baisse du FTSE 100», l’indice vedette de la Bourse de Londres, commente Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.
Globalement, Fawad Razaqzada, analyste de marché chez City Index, relève cependant un sentiment «positif pour les actions mondiales, porté par un mélange d’optimisme géopolitique concernant le conflit Ukraine-Russie (...) et des espoirs grandissants de baisses de taux d’intérêt aux Etats-Unis».
Le Kremlin a annoncé jeudi qu’une rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump était prévue «dans les prochains jours», tout en écartant pour l’heure un sommet à trois avec le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le président américain avait lui aussi évoqué mercredi une possible rencontre «très bientôt», ce qui constituerait une première depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.
De quoi faire «naître l’espoir d’un début de résolution, ou du moins d’une désescalade, dans le conflit Russie-Ukraine», relève M. Razaqzada. «Tout progrès en ce sens serait bienvenu.»
Donald Trump avait lancé à la Russie un ultimatum qui expire vendredi, lui sommant de trouver un accord avec l’Ukraine sous peine de sanctions sévères.
Le secteur de la défense européenne a réagi à la baisse. Leonardo a reculé de 6,14% à Milan, BAE Systems de 5,01% à Londres, Hensoldt (-4,13%) et Rheinmetall (-7,29%) ont chuté à Francfort et Saab a perdu 3,53% à Stockholm.
Sur le front de la guerre commerciale, les nouveaux droits de douane américains sur les produits en provenance de dizaines d’économies sont devenus effectifs jeudi depuis 04H01 GMT. Ces surtaxes se situent dans une large fourchette comprise entre 15% et 41%.
«Ces surtaxes pourraient aggraver la situation de l’économie américaine, mais pour l’instant, les investisseurs ne s’inquiètent pas trop de leur effet sur l’inflation», estime Fawad Razaqzada. «L’économie américaine montre des signes de faiblesse, ce qui laisse penser que toute pression sur les prix serait vite absorbée par une demande en berne.»
Des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme concernant un affaiblissement du marché du travail aux Etats-Unis, dopant encore les attentes de baisse des taux de l’institution.
Le marché mise sur une probabilité de 95% que la Fed baisse ses taux en septembre, d’après les économistes de la Deutsche Bank.
Les semiconducteurs dans le vert
Donald Trump a annoncé mercredi qu’il comptait imposer 100% de droits de douane sur les «puces et semi-conducteurs».
Le secteur évoluait dans le vert: le géant taïwanais des puces TSMC bondissait de 4,70%, le mastodonte Nvidia avançait de 1,21%, Advanced Micro Devices (AMD) gagnait 6,04% vers 15h45 GMT.
Le président américain a par ailleurs appelé jeudi à la démission «immédiate» du nouveau patron de l’entreprise américaine de semi-conducteurs et processeurs Intel, un jour après qu’un sénateur républicain a soulevé des inquiétudes sur d’éventuels liens avec des entreprises chinoises, un danger, selon lui, pour la sécurité nationale.
A Wall Street, le titre d’Intel cédait 3,01%.
Le pétrole atone
Le marché pétrolier est suspendu aux discussions entre les Etats-Unis et la Russie sur la guerre en Ukraine qui pourraient déterminer l’avenir d’une grande partie des exportations de brut russe.
Vers 13h50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait 0,20% à 66,75 dollars et celui de WTI américain glissait de 0,21% à 64,21 dollars.