La Bourse de Séoul a rebondi mercredi après son effondrement de la veille, à la faveur d’un net sursaut des valeurs tech. Celle de Tokyo a en revanche une nouvelle fois trébuché, reflet notamment d’un yen sous pression, proche d’un plus bas en 40 ans face au dollar.
Après s’être effondré de 10% mardi, plombée par l’effondrement des valeurs technologiques à l’unisson de Wall Street, la Bourse de Séoul s’est quelque peu reprise. L’indice sud-coréen Kospi a ainsi clôturé en hausse de 3,26% à 8471 points, notamment tiré par un rebond des géants des puces mémoire Samsung (+9% dans les derniers échanges) et SK hynix (+2,8%). Ces deux titres avaient plongé de quelque 12% mardi.
«Le rebond enregistré aujourd’hui à Séoul met en évidence la résilience accumulée par le marché intérieur sud-coréen, porté par un vivier d’investisseurs opportunistes avides de profiter du moindre repli pour acheter» en misant sur une hausse continue des valeurs tech, juge Hebe Chen, du courtier Vantage, citée par Bloomberg. La prudence reste cependant de mise «car les premières fissures sont apparues dans la dynamique haussière du secteur tech mondial», exposant Séoul «à une trajectoire plus chaotique et davantage sensible aux informations sur le secteur».
A la Bourse de Tokyo, au contraire, le repli continue: après avoir chuté de plus de 3% mardi, l’indice phare Nikkei a abandonné mercredi en clôture 0,87% à 69.174,97 points, tandis que l’indice élargi Topix lâchait 0,67%. «L’indice Nikkei reste proche de ses records historiques, ce qui exerce une pression à la vente sur les valeurs liées aux semi-conducteurs, qui ont enregistré des gains importants jusqu’à présent», et sont donc sujettes à des prises de bénéfices, notent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
La Bourse de Taipei a perdu 2,24%, mais Sydney a progressé de 0,24% et l’indice hongkongais Hang Seng gagnait 0,46% vers 06h35 GMT.
Le yen toujours surveillé
La monnaie japonaise avait glissé en début de semaine à 161,93 yens, proche de 161,95 yens, un niveau jamais vu depuis décembre 1986, avant de se reprendre quelque peu mardi. Mais ce répit est précaire: la devise cédait 0,07% vers 06h35 GMT à 161,66 yens pour un dollar.
«Le yen a récemment chuté, les marchés craignant que la Banque du Japon ne relève pas les taux d’intérêt assez rapidement pour maîtriser l’inflation. La hausse des prix du pétrole pèse également sur la devise» en gonflant la facture des importations d’hydrocarbures du Japon, résument les analystes de Standard Chartered. La récente glissade est alimentée par le renforcement du dollar, à mesure que se précisent les perspectives de possibles hausses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la suite de sa réunion de politique monétaire la semaine dernière.
L’écart entre les taux d’intérêt des banques centrales japonaise et américaine tend à doper le dollar et à renforcer la pression sur le yen, ce dernier devenant comparativement moins rémunérateur. De quoi attiser les spéculations sur une possible nouvelle intervention de Tokyo: le gouvernement japonais avait déjà dépensé environ 11.700 milliards de yens (63 milliards d’euros) en mai pour soutenir sa monnaie, avec un impact très éphémère.
De son côté, l’or recule encore, cédant 0,68% à 4.089 dollars l’once: le raffermissement du dollar et la hausse des rendements réels pèsent sur cet actif non rémunérateur.
Nouveau repli du pétrole
Les prix du pétrole continuent de refluer mercredi, le marché saluant un trafic maritime accru via le détroit d’Ormuz, même si les signaux contradictoires des discussions entre Washington et Téhéran incitent les opérateurs à la prudence. Vers 08h35, le prix du baril de WTI nord-américain cédait 0,79% à 72,63 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, abandonnait 0,84% à 76,43 dollars.