L’or s’est hissé à un nouveau sommet historique mardi, jouant son rôle de valeur refuge dans un marché hanté par le risque de paralysie budgétaire aux Etats-Unis («shutdown»), ce qui retarderait la publication d’indicateurs clés et exacerberait l’incertitude sur la politique monétaire.
L’or étincelle, suspendu à l’impasse politique à Washington
Le métal jaune a grimpé jusqu’à 3871,72 dollars l’once vers 06H10 GMT, un nouveau record, porté par les inquiétudes croissantes sur le risque d’une paralysie du gouvernement américain.
Si aucun budget, même temporaire, n’est adopté d’ici mardi à Washington, les Etats-Unis connaîtront un nouveau «shutdown»: ce qui pourrait reporter la publication de plusieurs indicateurs.
Or, le marché attend le rapport ADP sur le secteur privé, prévu mercredi, et le rapport mensuel du ministère du Travail, programmé vendredi --jugés cruciaux pour déterminer si la banque centrale des Etats-Unis (Fed) poursuivra l’assouplissement monétaire engagé mi-septembre.
Même si les records s’enchaînent récemment, «la hausse de 2% enregistrée lundi, par rapport à des niveaux déjà élevés, témoigne d’une certaine anxiété quant au risque de voir le +shutdown+ déclencher une nouvelle vague de turbulences», avertit Garfield Reynolds, responsable de MLIV (Bloomberg).
«Dans les salles de marché, l’or n’est plus seulement une couverture (contre le risque): il est devenu la vedette incontestée (...) Tout le monde est attentif, car une envolée de l’or tend à révéler davantage l’anxiété politique et les inquiétudes liées aux politiques publiques qu’une demande accrue en joaillerie», commente Stephen Innes, de SPI Asset Management.
«Les investisseurs savent que les chiffres mensuels de l’emploi sont la boussole qui guide la Fed et le marché: retarder cette publication forcerait le marché à naviguer à l’aveugle», ajoute-t-il.
Mais la récente flambée du métal jaune, par ailleurs, «est alimentée par les anticipations croissantes du marché que la Fed abaissera à nouveau bientôt ses taux d’intérêt», insiste Zain Vawda, de Market Pulse.
«Une perspective qui affaiblirait le dollar et rendrait donc plus attractif le métal précieux», libellé dans la monnaie américaine, explique-t-il.
Vers 07H00 GMT, le billet vert cédait 0,34% face à la devise japonaise à 148,07 yens pour un dollar.
Bourses atones, les Etats-Unis inquiètent
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en recul de 0,24% à 44.932,63 points et l’indice élargi Topix a lui grimpé de 0,19% à 3.137,60 points.
La Bourse de Séoul a lâché 0,19% dans l’attente d’éventuels précisions sur l’accord commercial signé par la Corée du Sud avec les Etats-Unis. Sydney a cédé 0,16%.
«La possibilité d’une paralysie partielle du gouvernement américain a pesé sur les marchés d’actions mais sans empêcher les indices de Wall Street de finir en légère hausse» lundi, de quoi maintenir la place tokyoïte, mais «sans aucun facteur pour tirer pour les valeurs vers le haut», note Keita Yamaguchi, de Monex Securities.
A la Bourse de Hong Kong vers 07H00 GMT, l’indice Hang Seng progressait de 0,68%. L’indice composite de Shanghai gagnait lui 0,53%.
Les places de Chine continentale profitaient de la publication d’un ralentissement moins prononcé qu’attendu de l’activité manufacturière chinoise en septembre, selon l’indice gouvernemental.
Le groupe aurifère Zijin brille pour son entrée en Bourse
Dopé par les récentes envolées du cours de l’or, le groupe minier chinois Zijin Gold a fait une entrée fracassante mardi à la Bourse de Hong Kong, où il a flambé de 66% dans les premiers échanges par rapport au prix d’introduction.
Cette entrée sur la place financière hongkongaise permet au groupe, l’un des géants mondiaux du secteur de l’or, de lever l’équivalent de 2,7 milliards d’euros, ce qui en fait l’une des plus grosses introductions boursières dans le monde cette année.
Zijin, qui comptait une trentaine de programmes miniers dans 17 pays du monde en décembre 2024, utilisera les fonds récoltés pour finaliser l’acquisition d’une mine d’or au Kazakhstan et pour mettre à niveau les mines existantes pendant les cinq prochaines années.
Le pétrole creuse ses pertes, l’Opep+ pèse
Le marché pétrolier restait plombé par la perspective d’une nouvelle hausse de la production des pays exportateurs de l’Opep+, qui exacerbait les craintes d’une surabondance de l’offre mondiale.
Vers 07H00 GMT, le baril de WTI nord-américain reculait de 0,60% à 63,08 dollars et celui de Brent de la mer du Nord de 0,68% à 67,51 dollars.