Un des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed), Neel Kashkari, a plaidé vendredi dans une déclaration pour un «resserrement monétaire» progressif de la part de la banque centrale américaine, jugeant l’inflation toujours trop élevée.
Président de la branche de Minneapolis de la Fed, M. Kashkari s’était prononcé mercredi en faveur d’une hausse de 0,25 point des taux de l’institution, aux côtés de deux autres de ses collègues.
Au final, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) s’est prononcé en faveur d’un maintien des taux dans leurs fourchette actuelle, entre 3,50% et 3,75%.
Neel Kashkari souscrit à l’idée que les tensions inflationnistes sont transitoires, du fait des perturbations d’approvisionnement en pétrole provoqués par le conflit au Moyen-Orient mais aussi «les investissements massifs en centres de données qui renforcent la demande» aux Etats-Unis.
Mais il a également estimé que «la politique monétaire a un rôle important à jouer face à la succession de chocs d’approvisionnement».
«Je préfère un resserrement monétaire incrémentiel pendant que l’on récupère plus de données» de manière à éviter «que les anticipations d’inflation élevée ne s’ancrent», a-t-il justifié.
Sa confrère Beth Hammack, à la tête de la branche de Cleveland et qui s’est également prononcée en faveur d’une hausse des taux, a jugé pour sa part dans un message posté sur LinkedIn que «l’inflation est trop élevée depuis trop longtemps».
«De mon point de vue, il est temps que le FOMC agisse pour accélérer le retour de l’inflation vers notre cible de 2% et réaliser notre engagement auprès du peuple américain d’une stabilité des prix», a-t-elle ajouté.
«Cela fait plus de cinq ans que l’inflation reste au-delà des 2%, je ne suis pas confiante dans le fait qu’elle reviendra d’elle-même vers notre objectif», a insisté Mme Hammack.
L’inflation aux Etats-Unis a marqué le pas au mois de juin, revenant à 3,7% sur un an, contre 4,1% en mai, selon l’indice PCE qui est privilégié par la Fed pour sa politique monétaire.
Un ralentissement qui s’explique en premier lieu par une forte baisse des prix de l’essence, alors que le conflit au Moyen-Orient avait traversé une phase d’accalmie.
Mais la reprise des hostilités ces dernières semaines a de nouveau tiré les prix du pétrole à la hausse, alors que près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz, de nouveau fermé aux navires.