Les marchés digèrent, avec volatilité, les résultats de Micron

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En Europe, les indices terminent dans le vert: Paris prend 0,55%, Londres 0,65%, Francfort 1,03% et Milan 0,28%. A Zurich, le SMI clôture sur une hausse de 0,81% à 14’231,96 points.

Les marchés boursiers font preuve de volatilité jeudi, après les résultats du fabricant américain de puces mémoire Micron qui ont semblé calmer un temps les doutes des investisseurs sur les valorisations de la tech et la rentabilité de l’IA.

A New York, le Nasdaq à forte coloration technologique a débuté en hausse avant de voir s’inverser la tendance. Vers 17H50, il perdait 0,52% après être tombé de plus de 1%. L’indice élargi S&P 500 grimpait lui de 0,20%, après être plusieurs fois passé dans le rouge.

Le Dow Jones, regroupant des valeurs plus traditionnelles, prenait 0,73%.

Le géant des puces Micron (+12,91%) a affiché des résultats trimestriels record, avec une hausse de 346% de son chiffre d’affaires sur un an, à 41,46 milliards de dollars, et un bénéfice net multiplié par quinze, à 28,24 milliards.

Ces résultats étaient attendus au tournant, alors que les investisseurs s’inquiètent de plus en plus des gigantesques valorisations du secteur et de la rentabilité future des investissements dans l’IA, que les géants de la tech financent par l’endettement de manière croissante.

«Ce sont des résultats très solides, stratosphériques et nettement au-dessus des attentes, à même de dissiper les inquiétudes sur le secteur tech», estime Vincent Juvyns, analyste pour ING, interrogé par l’AFP.

Ils ont d’ailleurs d’abord semblé être rassurés par cette publication. Mais rapidement, le secteur a de nouveau reculé à New York.

Vers 17H50, Amazon cédait 1,67%, Microsoft 2,70% et Alphabet, maison mère de Google 1,14%. Même tendance pour les puces, à l’image d’Intel (-1,67%), d’AMD (-0,24%) ou du mastodonte Nvidia (-1,64%).

Le repli d’Apple (-4,90%) a «peut être contribué au retournement», selon Vincent Juvyns, après que son patron Tim Cook, qui a annoncé mercredi une hausse des prix de ses produits car l’essor de l’intelligence artificielle a fait s’envoler le coût des puces mémoire.

En Europe, les indices ont terminé dans le vert: Paris a pris 0,55%, Londres 0,65%, Francfort 1,03% et Milan 0,28%. A Zurich, le SMI a clôturé sur une hausse de 0,81% à 14’231,96 points.

Les résultats de Micron ont en revanche profité aux entreprises liées au secteur des semi-conducteurs, comme STMicroelectronics (+2,75%) à Paris, Infineon (+2,25%) à Francfort et ASML (+2,59%) à Amsterdam.

Le pétrole remonte un peu

Autre point d’attention des marchés: l’évolution des prix du pétrole, après le net recul des derniers jours, à des niveaux comparables à ceux du début de la guerre au Moyen-Orient, au fur et à mesure que le détroit d’Ormuz rouvre.

Vers 17H50, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, remontait un peu, à 74,49 dollars le baril (+1,02%), tout comme le WTI américain, en hausse de 1,42% à 71,34 dollars.

«Ce mouvement est surtout un rebond technique après les fortes baisses des séances précédentes», affirme auprès de l’AFP John Plassard, analyste à Cité Gestion, pour qui il pourrait y avoir «des prises de bénéfices» des investisseurs qui avaient parié sur la baisse des cours.

Les taux américains stables, malgré l’inflation américaine

Après avoir nettement reculé la veille, grâce à une baisse du pétrole qui apaise les craintes d’inflation, les taux d’intérêt de la dette américaine se stabilisent à 4,38%, contre 4,39% la veille.

Les Etats-Unis ont connu en mai une inflation au plus haut depuis trois ans, à 4,1% sur un an, selon l’indice PCE, des données conformes aux attentes, et dans la même veine que l’indice des prix à la consommation (CPI) pour mai, dévoilé plus tôt ce mois-ci.

Bayer flambe après une décision de la Cour suprême américaine

La Cour suprême des Etats-Unis a tranché jeudi en faveur du géant allemand de l’agrochimie Bayer (+19,45% à 47,29 euros), qui cherche à annuler des dizaines de milliers de plaintes reposant sur le risque supposé de cancer lié à l’herbicide Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto.

Sept des neuf juges de l’institution ont estimé qu’il ne pouvait être reproché au fabricant de ne pas avoir apposé un avertissement sanitaire supplémentaire sur ses produits, car il aurait alors contrevenu à ce que lui prescrivent les autorités fédérales américaines.

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