Les cours du pétrole grimpent jeudi après de nouvelles attaques en Arabie saoudite et des menaces d’extension du conflit par l’Iran, qui font craindre de nouvelles perturbations des exportations d’or noir.
Vers 09H45 GMT (11H45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, gagnait 3,25% à 112,36 dollars, au plus haut depuis début mai.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, prenait 2,62% à 99,70 dollars.
Les Gardiens de la Révolution iraniens, le bras armé de la République islamique, ont menacé jeudi d’étendre le conflit si les forces américaines continuaient à aider les navires à franchir le détroit d’Ormuz.
Pour Téhéran, le contrôle de ce passage stratégique est un levier de pression important sur Washington, notamment pour faire monter les prix du pétrole avant les élections législatives de mi-mandat prévues le 3 novembre aux Etats-Unis.
La prime de risque sur le trafic maritime dans la région fait notamment bondir les coûts du fret maritime qui se répercutent sur le prix du baril, même si les flux de pétrole en provenance du Moyen-Orient se montrent résilients ces dernières semaines.
«Les attaques ne se limitent plus au détroit d’Ormuz, mais affectent également la navigation dans le golfe d’Oman», rendant plus risquées «les opérations de transbordement (de pétrole) entre navires, qui ont contribué contribué au maintien des exportations de pétrole du Moyen-Orient», précise Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Les inquiétudes se portent également sur la capacité de l’Arabie saoudite à maintenir un niveau élevé d’exportation alors que les combattants houthis du Yémen mènent depuis plusieurs semaines des frappes d’une ampleur inédite contre les infrastructures civiles et pétrolières du royaume.
Une attaque nocturne contre l’aéroport de Dammam, dans l’est de l’Arabie saoudite, a fait deux morts et huit blessés. Elle n’a pas été revendiquée dans l’immédiat.
Le ministère saoudien de l’Energie avait annoncé la veille que deux personnes avaient été tuées après l’interception d’un tir au-dessus du champ pétrolier de Chaybah (est).
«Les efforts déployés par l’Arabie saoudite pour contenir l’activité des Houthis échouent», estime John Evans, de PVM.
Washington a d’ailleurs ordonné le départ des employés «non essentiels» de son ambassade à Riyad et de leurs familles. Un signe «généralement précurseur de menaces plus graves sur le plan militaire», selon l’analyste.