Gonet: l'actualité des marchés au 4 décembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,86%, S&P 500 +0,30%, Nasdaq +0,17%, Russell -1,91%, SOX +1,83%, Eurostoxx +0,15%, SMI -0,25%.

Tous les chemins mènent à la Fed, phare incontestable dont les actions ont impérativement besoin pour se diriger.

Cela se précise une nouvelle fois hier, les statistiques macro-économiques nous apprennent que le secteur des services aux Etats-Unis se porte plutôt mieux que prévu, l’indice ISM ressort à 52,6 au mois de novembre, en légère progression de mois en mois et contre des attentes de 52,0. Rappelons ici que tout chiffre au-dessus de 50 indique une phase d’expansion et que le secteur des services correspond à environ 75% de l’économie américaine. En parallèle, sa composante des prix payés glisse de 70 à 65,4, les économistes s’attendaient à 68. De son côté, le rapport ADP nous apprend que le secteur privé a détruit 32'000 emplois en novembre aux Etats-Unis, les attentes prévoyaient 10'000 créations, n’en jetez plus, la macro d’hier relève de douce musique aux oreilles des taureaux, qui adorent l’idée que la Fed soit incitée à ouvrir tout grand le robinet de ses sacro-saintes liquidités.

Un secteur des services qui se porte bien, alors que dame inflation se met en retrait et que le marché de l’emploi montre de nouveaux signes d’essoufflement, cela facilite grandement la tache de Jerome Powell & Friends et le marché de cimenter ses attentes d’une baisse de 25 points de base le 10 décembre. Le Fed Put est donc bien en place, à court terme certes mais ça tombe bien, le joyeux royaume des actions a tendance à fonctionner à court terme, pour les mois suivants dépourvus de certitudes quant à des baisses de taux supplémentaires on verra plus tard.

Le sentiment se détend dans les salles de marchés. Tout le monde est content, tout le monde? Non! Un secteur peuplé d’irréductibles sociétés californiennes résiste hier à l’envahisseur détente. La tech réalise la pire performance du jour, pénalisée par Microsoft (MSFT -2,5%) après la publication d'un rapport indiquant que plusieurs divisions ont revu à la baisse leurs objectifs de croissance des ventes pour les produits d'IA. La société précise que les quotas de vente «globaux» pour les produits d'IA n’ont pas été revus mais le mal semble fait. Ce rapport suffit à briser le fragile optimisme concernant l'IA, entraînant une baisse du marché avant l'ouverture de la séance, mais le secteur ne se met pas en mode «Titanic» non plus.

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que depuis quelques temps on réalise que le marché des actions peut monter sans l’aide de la tech, c’est ce qui se produit hier avec un podium du SPX composé de l’énergie, des financières et des industrielles. Le breadth est positif, les volumes d’échanges encore en repli et le SPW (l’indice S&P500 équipondéré) gagne 0,73% contre +0,30% au SPX, l’armée monte manifestement sur la colline hier, elle croise les généraux en chemin. Secteur star du jour: les petites capitalisations, l’indice Russell2000 (RTY) décolle de 1,91%, il a du rattrapage à effectuer sur ses grands-frères et illustre à lui seul la conviction cimentée d’une baisse de taux imminente par la Fed, les firmes composant l’indice étant plus gourmandes en financements que les mastodontes de la cote. Au passage le RTY récupère le niveau de 2500 points. La volatilité perd 3%, le VIX clôture à 16,08.

Sur le front obligataire ça ne bouge guère, le rendement du 10 ans US traite à 4,09%, sa 50 jours évolue à 4,08%. Côté monnaies le dollar poursuit sa lente glissade, ce matin la paire EUR/USD grimpe à 1,1680, elle tente de casser sa 100 jours, objectif technique à 1,1919?

Bloomberg rappelle que les actions européennes dites «de qualité» (celles d’entreprises aux fondamentaux solides) ont été délaissées cette année comme jamais auparavant, alors que les titres considérés comme «de moindre qualité» ont fortement progressé. Selon un panier Goldman Sachs, ces actions de faible qualité ont bondi de 28% en 2025, surpassant largement les cycliques et value. Les investisseurs ont privilégié les segments plus risqués et domestiques du marché, délaissant les grands exportateurs et les valeurs défensives. Mais des signes de retournement apparaissent. Selon Helen Jewell (BlackRock, actions européennes), 2026 pourrait marquer le retour des valeurs de croissance de qualité: malgré une année décevante, elles continuent de publier de bons résultats. Leur valorisation a été nettement réajustée: alors qu’elles se négociaient encore l’an dernier avec une prime de 45% sur le Stoxx 600, cette prime a plus que diminué de moitié et se situe désormais sous sa moyenne historique.

Goldman Sachs souligne que cette appétence pour les actions de moindre qualité reflète l'appétit mondial pour le risque, notamment via le thème de l’IA. Cette rotation s’est expliquée par de meilleures perspectives économiques, poussant les investisseurs à délaisser les valeurs défensives de croissance pour des titres cycliques et value. Mais désormais, le contexte macroéconomique plus incertain renforce l’attrait potentiel des valeurs de qualité, plus défensives. Un vrai retournement en leur faveur dépendrait cependant d’une baisse des taux obligataires, d’un affaiblissement de l’économie, d’une stabilisation de l’euro et de nouvelles preuves de solidité des bénéfices, comme récemment chez LVMH, ASML ou Nestlé. Un repli plus marqué de la frénésie autour de l’IA aiderait également. Les actions de qualité n'ont pas reculé en 2025, mais ont largement sous-performé par rapport à l’histoire, en partie à cause de leur forte exposition internationale affectée par la faiblesse du dollar et la crainte de nouveaux tarifs douaniers. À l’inverse, des valeurs plus domestiques comme les banques ont nettement surperformé.

Les alliés de qui vous savez envisagent que le secrétaire au Trésor Scott Bessent assume également la direction du Conseil économique national si Kevin Hassett devient président de la Fed, une décision qui renforcerait le contrôle de Bessent sur les orientations économiques du locataire de la Maison-Blanche.

Emmanuel Macron rencontre Xi Jinping à Pékin pour discuter des tensions commerciales, de Taïwan et de la guerre en Ukraine. Lors de cette visite d’État, Macron cherche à traiter les déséquilibres du commerce mondial et à attirer des investissements chinois.

Salesforce gagne 1,8% hors séance après ses résultats. General Motors économisera 8,7 milliards de dollars d'ici 2031 grâce à la révision de la réglementation sur l'efficacité énergétique, selon le département américain des Transports. Chevron annonce un budget d'investissement 2026 compris entre 18 et 19 milliards de dollars, dans la fourchette basse des prévisions précédentes. Paramount porte la clause de rupture dans l'offre sur Warner Bros à 5 milliards de dollars. Boeing prévoit toujours de finaliser la fusion avec Spirit AeroSystems d'ici la fin de l'année. Le président des Etats-Unis a rediscuté avec Jensen Huang, PDG de Nvidia, pour discuter des contrôles à l'exportation. Meta a débauché le principal responsable du design d'Apple. Par ailleurs, l'UE va ouvrir une enquête antitrust sur Meta concernant l'utilisation de l'IA dans WhatsApp, a appris le FT. Sam Altman, CEO d'OpenAI, a envisagé de créer un concurrent à SpaceX d'Elon Musk, selon le WSJ.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 2,33% à la cloche, Hong Kong prend 0,68%, Shanghai perd 0,06%, Séoul rend 0,19% et le Nifty50 recule de 0,05%. Le future SPX traite autour de l’équilibre et l’Europe ouvre en progression de 0,4%. L’or se replie légèrement à 4190 dollars l’once, le pétrole reste capé en-dessous de 60 dollars le baril de WTI Light Crude.

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