Gonet: l'actualité des marchés au 28 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,20%, S&P 500 +0,72%, Nasdaq +1,57%, Russell +0,28%, SOX +2,33%, Eurostoxx -0,71%%, SMI -1,09%.

 

Le marché des actions est à nouveau en mode Macumba Night, au programme trois salles, trois ambiances. La première salle est festive à souhait, on y retrouve les semi-conducteurs et les logiciels, moyenne d’âge peu élevée, grosse patate, on célèbre l’instant présent, pour demain voyez à côté, où l’on découvre une ambiance nettement plus feutrée, des clients bien moins jeunes et nettement plus désabusés. La dernière salle ressemble à s’y méprendre à une crypte, n’y entrez pas si votre moral est en berne, ça n’y respire pas la joie de vivre.

Dans l’ordre d’apparition à l’écran, nous avons le Nasdaq100 (NDX, accompagné de son compère le SOX), le S&P500 équipondéré (SPW) et enfin le CAC40 français.

À la question: la force de traction de Nvidia est-t-elle intacte? Le marché répond oui. Grosse poussée de fièvre du titre hier soir (NVDA +8,74%) après d’excellents résultats et surtout des perspectives lunaires. Les secteurs des semi-conducteurs et des logiciels répondent à l’appel haussier de la firme de Jensen Huang, il faut dire que Salesforce (CRM +22,54%) et Crowdstrike (CRWD +20,50%) participent à l’effort après des résultats plus que rassurants qui permettent au marché de mettre de côté l’affreuse idée que la méchante IA va faire disparaître fissa les software dans d’atroces souffrances. Imaginez un peu, à elle seule Nvidia ajoute plus de capitalisation boursière hier que tout le reste du S&P500 (SPX), c’est dire à quel point la firme de Santa Clara est sur une autre planète boursière.

Ça, c’était pour la première salle. En observant le comportement du SPW, on observe qu’il recule de 0,29% sur la journée contre +0,72% au SPX. Vérification faite auprès du breadth (SPX 3-1 négatif, NDX à l’équilibre), force est de constater qu’hormis la tech, le marché reste sur la défensive. En parallèle la volatilité recule encore, le VIX égare 5% à 14,51 (c’est tout de même très calme…), à ce niveau l’indice de la peur de Wall Street a nettement plus de potentiel à la hausse que l’inverse. Techniquement cela s’améliore, le NDX récupère sa moyenne mobile à 50 jours à la cloche, le SOX clôture juste au-dessus de sa 100 jours et le Russell2000 (les petites capitalisations, RTY) défend le niveau de 3000 points pour la sixième séance consécutive.

Les autres classes d’actifs sont plutôt calmes, le dollar reste demandé contre euro, la paire EUR/USD revient à 1,1643, sa 200 jours évolue actuellement à 1,1634, la courbe des taux US se tend un chouia, le rendement à 2 ans atteint 4,23%, contre 4,68% à 10 ans et 5,20% à 30 ans, soit un écart d’environ 45 points de base entre les échéances à 2 et 10 ans. Le marché exige donc une rémunération plus élevée pour prêter à long terme, en raison des craintes persistantes concernant l’inflation, les déficits publics et l’ampleur des émissions de dette américaine. Il envisage encore de possibles baisses de taux à court terme, mais ne croit pas à un retour rapide à des taux durablement faibles, un message plutôt négatif pour les obligations longues et susceptible de maintenir les coûts de financement de l’économie à un niveau élevé. Ce matin les Fed Funds prédisent 34% de probabilités que la Fed relève ses taux à l’occasion de sa prochaine réunion le 16 septembre.

L’or subit quelques prises de bénéfices, l’once évolue ce matin à 4609 dollars, Jackson Hole et le discours de Kevin Warsh sont en vue, le métal jaune sera directement influencé par l’évolution probable de la courbe des taux US et du billet vert. Techniquement il reste bien orienté, traite au-dessus de sa 200 jours et est solidement de retour dans son canal haussier entamé début 2024.

Le pétrole ne recule plus. Le baril de WTI Light Crude cote 83,10 dollars, un élément à ne pas perdre de vue, qui influence tout le reste de la cote dès qu’il se met en mouvement.

Avant d’aborder le sujet du jour, le discours du patron de la Fed au fin fonds des Etats-Unis, risquons-nous à mettre un pied dans la troisième salle. Pour ce faire il nous faut traverser l’Atlantique et atterrir dans le beau pays de France où le CAC 40 signe hier sa onzième baisse en treize séances, la plus marquée de la série (-1,68%), sur fond de regain d’inquiétude concernant les finances publiques et la stabilité politique de la France. Les propositions évoquées dans le cadre de l’élection présidentielle, notamment une éventuelle annulation partielle de la dette, une hausse de la fiscalité sur les successions ou les bénéfices exceptionnels et une remise en cause de l’âge de départ à la retraite, renforcent la crainte d’un budget 2027 particulièrement conflictuel. Cette défiance se reflète sur le marché obligataire, où le rendement français à 10 ans atteint 4,11%, dépassant désormais celui de l’Italie à 4,08%. Les valeurs les plus sensibles à la conjoncture, aux dépenses publiques et aux taux sont durement sanctionnées: les banques perdent 4 à 5%, les concessionnaires 3 à 4%, tandis que les entreprises endettées et exposées à l’immobilier reculent également, plaçant de nouveau le marché parisien sous étroite surveillance.

Retour aux Etats-Unis où le patron de la Réserve Fédérale Kevin Warsh donne un discours à 16h CET. En un mot, le marché attend du nouveau premier banquier au monde une seule chose: de la clarté. Kevin Warsh doit clarifier sa stratégie pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2% et restaurer la confiance dans l’institution. Face à des données contradictoires, la Fed est profondément divisée entre les partisans du statu quo et ceux d’une hausse rapide des taux, comme l’ont illustré les trois dissidences lors de la dernière réunion. Warsh devra surtout corriger les ambiguïtés de sa conférence de presse de juillet concernant son accueil favorable à la hausse des rendements obligataires, le maintien de l’indice PCE comme mesure privilégiée de l’inflation et le rôle central des taux directeurs dans le resserrement monétaire. Il pourrait toutefois éviter toute indication précise sur la trajectoire future des taux, conformément à sa volonté de moins contraindre les marchés, tout en rappelant qu’une hausse resterait possible si l’inflation l’exige. Son intervention pourrait également porter sur les travaux engagés par la Fed pour améliorer sa communication, son cadre d’analyse de l’inflation et sa politique de bilan, ainsi que sur les effets à long terme de l’intelligence artificielle, de la productivité et de la démographie.

L’agenda économique du jour débute à 11h00 avec le sentiment économique de la zone euro, avant les publications américaines du Chicago PMI à 15h45 et de la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan à 16h00. Les marchés suivront surtout, à la même heure, le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole.

Shell abandonne les discussions sur la vente de sa participation dans une raffinerie allemande, tandis que BP envisagerait de céder certains actifs pétroliers et gaziers en Égypte. Aux États-Unis, Nvidia suspendrait ses accords de partage de revenus avec certains fournisseurs de cloud spécialisé dans l’intelligence artificielle, Alphabet fait l’objet d’une enquête sur la protection des utilisateurs de YouTube et Stripe ainsi qu’Advent auraient renoncé au rachat de PayPal. Amazon obtient un avis judiciaire favorable dans une affaire de fixation présumée des prix, tandis que Pfizer et BioNTech reçoivent l’autorisation américaine pour leur vaccin adapté au variant XFG du Covid 19. Enfin, Toyota prévoit de produire sa prochaine génération de véhicules électriques en Chine dès l’automne 2027.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices sont partagés. Tokyo grappille 0,41% à la cloche, Hong Kong prend 0,14%, Shanghai recule de 0,11%, Séoul perd 1,79% et le Nifty50 traite légèrement au-dessus de l’équilibre. Il est plutôt étonnant de voir le Kospi Sud-Coréen dans le rouge après la belle séance des semi-conducteurs aux Etats-Unis. Les résultats de Nvidia sont théoriquement favorables à Samsung Electronics et surtout à SK Hynix, car ils confirment la vigueur de la demande en puces d’intelligence artificielle et en mémoires HBM. Mais cette bonne nouvelle avait probablement déjà été largement anticipée et intégrée dans les cours. La baisse de ce matin correspond donc principalement à des prises de bénéfices, selon le principe «acheter la rumeur, vendre la nouvelle».

Le future SPX traite à l’équilibre, son alter ego du NDX recule de 0,3% et l’Europe gagne 0,7% dans les premiers échanges.

Le marché devrait se mettre en mode «château de la belle au bois dormant» jusqu’à 16 heures.

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