Gonet: l'actualité des marchés au 26 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,30%, S&P 500 +0,32%, Nasdaq +0,66%, Russell +0,50%, SOX +1,44%, Eurostoxx +0,12%%, SMI +0,54%.

 

Après avoir passé la journée de lundi en pays de Mordor, voilà-t-y pas qu’on retrouve hier le marché en Comté. Les afficionados de J.R.R. Tolkien rappelleront qu’il est strictement impossible de réaliser un tel voyage en un jour. Certes oui, mais il s’agit ici de Wall Street qui évolue dans un monde totalement virtuel où absolument tout est possible, contrairement au pays de Mordor qui existe bel et bien comme tout un chacun le sait.

Le sentiment du marché s’améliore quelque peu hier, porté par l’espoir que l’Iran et Oman mettent en place un cadre temporaire permettant de reprendre les expéditions via le détroit d’Ormuz. En parallèle il se murmure dans les milieux autorisés que la médiation pakistanaise entre les Etats-Unis et l’Iran porterait quelques fruits tandis que le New York Times révèle que Washington prévoit de renvoyer du personnel diplomatique dans ses représentations du Moyen-Orient. Rien de concret donc mais de l’espoir, qui renvoie le baril de WTI Light Crude à 80,52 dollars, lundi matin il traitait au-dessus de 86 dollars. Par une sorte d’effet de contagion, la baisse du cours de l’or noir permet au marché obligataire de se détendre, les rendements des govies US reculent et le secteur de la tech relève la tête. Pour le reste, aucune bouteille de champagne à signaler sur les parquets de trading, le comportement du marché des futures US ce matin l’illustre, qui reculent légèrement. En parallèle le dollar s’est mis à faire la planche, tout comme l’or, disons pour résumer que les salles de marchés se détendent un chouia mais aussi que tout un chacun se prépare à une macro riche ce début d’après-midi, avec l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation (PCE) et le PIB, puis les trimestriels de Nvidia ce soir après la cloche, sans oublier le discours de Kevin Warsh vendredi après-midi.

Le podium du jour de l’indice S&P500 (SPX) se compose de la tech, des services de communication et des materials. Le breadth est légèrement négatif sur le SPX et positif sur le NDX. L’indice S&P500 équipondéré (SPW) recule légèrement contre une hausse de 0,32% au SPX, ce qui illustre que le gros de la troupe fait plutôt grise mine hier, tandis que les mastodontes de la tech retrouvent de belles couleurs, à quelques timides exceptions près, Broadcom, Amazon, Alphabet et Apple reculent de moins de 1%, les trois dernières citées avaient remonté le courant baissier la veille en terminant la séance de lundi dans le vert. Les volumes d’échanges restent estivaux, la volatilité est toujours dans les cordes, le VIX à 15,45, notons que ni le NDX ni le SOX (semi-conducteurs) ne parviennent à récupérer leurs moyennes mobiles à 50 respectivement 100 jours en clôture, la tech reste de ce fait techniquement fragile. Cela se passe mieux avec les petites capitalisations, le Russell2000 (RTY) défend sa 50 jours avec succès et récupère même le niveau de 3'000 points à la cloche.

Au chapitre obligataire, le rendement du 10 ans US recule à 4.65%, sa 50 jours évolue actuellement à 4.59%. Le 30 ans cote 5.18% contre la 50 jours à 5.11%. Le dollar fait littéralement la planche depuis le 19 août, la paire eur/usd évolue ce matin à niveau rafraichissant de 1.1664. Les cambistes semblent fourbir leurs armes. Les hedge funds renforcent leurs positions baissières dans l’attente de précisions sur le plan budgétaire de Scott Bessent. Le billet vert avait déjà enregistré le 19 août sa plus forte baisse en près de trois semaines, après l’annonce du doublement prévu des rachats de dette américaine à long terme.

L’once d’or recule à 4634$, autant dire que la relique barbare ne rend que des miettes à ses adversaires. Le métal jaune marque certes une pause mais gagne environ 7% sur une semaine, soutenu par l’intervention surprise du Trésor américain sur le marché obligataire et par des achats persistants des ETF. Le 25 août, ces derniers ont acquis près de 38’ 000 onces d’or, soit environ 1,77 milliard de dollars, portant leurs avoirs à leur plus haut niveau depuis le 20 mai.

Les résultats trimestriels de Nvidia, attendus ce soir après la clôture, constitueront un test majeur pour le regain d’optimisme autour de l’intelligence artificielle. Les analystes prévoient un quasi-doublement du chiffre d’affaires au deuxième trimestre, à environ 92,2 milliards de dollars, grâce à des ventes de centres de données qui devraient plus que doubler. L’attention portera surtout sur le déploiement des nouvelles puces Vera Rubin, susceptible de soutenir la prochaine phase de croissance, ainsi que sur les perspectives du troisième trimestre, pour lequel le marché anticipe 104,2 milliards de dollars de revenus et une marge brute proche de 75% (ça reste inférieur à la marge de la Coop sur ses yogourts mokka, et toc). Les investisseurs s’interrogent toutefois sur la pérennité des dépenses massives consacrées à l’IA, la concurrence croissante d’AMD, Intel et des puces développées en interne par les géants technologiques, mais aussi sur les engagements financiers de Nvidia auprès de ses clients, dont 500 milliards de dollars de financements organisés pour les infrastructures d’IA et une garantie pouvant atteindre 105 milliards pour un centre de données d’OpenAI. Des résultats solides et des prévisions rassurantes conforteraient la reprise du secteur, tandis que le moindre signe de ralentissement pourrait raviver les craintes d’une bulle.

On jette un œil aux indicateurs internes de marché avec Sentimentrader qui envoie un message globalement constructif pour le QQQ. Après une hausse de 86% entre avril 2025 et juin 2026, l’indice consolide depuis deux mois et a reculé jusqu’à près de 12%. L’indicateur QQQ Optix montre désormais un niveau de pessimisme historiquement associé à des performances futures plutôt favorables, avec de nouveaux signaux les 11 et 24 août. Cela devient intéressant d’un point de vue contrariant, même si septembre reste saisonnièrement délicat.

Le Canada riposte aux nouveaux droits de douane américains en imposant, dès le 8 septembre, des tarifs sur 27,6 milliards de dollars canadiens (environ 20 milliards de dollars américains) de produits importés des États-Unis, soit une réponse équivalente «dollar pour dollar». Près de 700 catégories seront concernées: l’acier, l’aluminium, les meubles et les vêtements seront taxés à 50%, certains fromages, appareils ménagers et produits de la mer à 25%, tandis que l’électronique et les outils subiront un droit de 15%. Ottawa cherche toutefois à limiter l’impact sur ses propres consommateurs et entreprises et accompagne ces mesures d’un programme de soutien de 7,5 milliards de dollars canadiens destiné notamment aux PME et aux salariés menacés. Cette décision intervient après l’échec des négociations et l’entrée en vigueur de droits américains de 50% sur près de 20 milliards de dollars de produits canadiens, marquant une nouvelle escalade de la guerre commerciale entre les deux pays.

La séance macro du jour sera surtout animée à 14h30 par une salve importante de statistiques américaines, avec les dépenses et revenus des ménages, les commandes de biens durables, la deuxième estimation de la croissance du PIB ainsi que l’indice des prix PCE, particulièrement surveillé par la Fed pour évaluer l’inflation. Ces publications pourraient donc faire bouger sensiblement les anticipations de taux américains, le dollar et les marchés obligataires. À 16h30 suivront les stocks hebdomadaires de pétrole brut publiés par l’EIA, importants pour le marché énergétique, puis à 17h45 une intervention de Thomas Barkin de la Fed sera surveillée pour d’éventuelles indications sur la trajectoire future des taux.

Parmi les principales nouvelles de sociétés, Volkswagen fait face à une nouvelle audience en Inde dans le cadre d’un litige fiscal de 1,4 milliard de dollars, tandis que BP et Eni préparent une décision d’investissement sur un projet gazier en Égypte. Aux États-Unis, Intuit chute après avoir abaissé ses prévisions et Zoom recule également après des perspectives jugées décevantes. Meta aurait discuté d’un accord dans le litige concernant l’exposition des enfants aux réseaux sociaux, tandis qu’OpenAI affirme que ses nouvelles puces «Jalapeno» ont surpassé celles de Nvidia lors de tests. Boeing obtient par ailleurs un contrat de 163 millions de dollars auprès de l’US Air Force. En Asie, SoftBank envisagerait une émission obligataire pouvant atteindre 20 milliards de dollars pour financer OpenAI, Honda étudie la construction d’une nouvelle usine aux États-Unis et Jack Ma a racheté pour environ 77 millions de dollars d’actions Alibaba.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse à part le Nifty50 qui égare 0,24%. Tokyo gagne 0,62% à la cloche, Hong Kong avance de 0,78%, Shanghai monte de 0,72% et Séoul prend 0,97%. Les futures US évoluent légèrement dans le rouge et l’Europe est indiquée en progression de 0,2% à l’ouverture de 9 heures.

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