Gonet: l'actualité des marchés au 17 juillet

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,20%%, S&P 500 -0,51%, Nasdaq -1,47%, Russell -0,06%, SOX -4,29%, Eurostoxx +0,29%, SMI -0,28%.

 

Depuis le 22 juin le marché a manifestement sifflé la fin de la récré, durant laquelle il était autorisé de dépenser à tout va pour ne pas se retrouver sur le quai de la révolution 4.0. Depuis lors Mr Market a décidé de demander des comptes aux géants de l’esbrouffe l’IA. Cela se passe quasiment toujours de la même façon, dans une première phase on s’enthousiasme pour la nouveauté du moment (dont personne ne conteste l’impact à terme en l’occurence), on y fonce tête baissée, pour le rationnel on verra plus tard, on veut simplement et farouchement en être. Puis un matin, quelqu’un se réveille en se grattant la tête, la satanée question est de retour: «what if?». Oui, et si ces investissements massifs tardaient trop à porter leurs fruits? C’est probablement ce qui se passe dans les esprits boursiers depuis le 22 juin, cela explique la baisse de 19% de l’indice des semi-conducteurs SOX sur la période. Rappelons au passage que le SOX progresse encore de 68% depuis le premier janvier.

Le joyeux royaume des actions traverse une période de volatilité intense, malgré l’apparente apathie du VIX (volatilité du S&P500 – SPX) qui se traine à 16,73. En revanche côté actions individuelles c’est un véritable rodéo qui se produit sous nos yeux, le VIXEQ reste très élevé, il évolue juste en-dessous de 50, les structureurs passent un bel été. La grande rotation hors des semi-conducteurs se poursuit donc, en parallèle le marché doit faire avec des tensions toujours élevées entre les Etats-Unis et l’Iran, ce qui maintient le cours de l’or noir élevé et alimente de ce fait les craintes d’inflation et, par ricochet, une Fed plus restrictive, ce que le marché des actions abhorre. Les résultats de sociétés sont globalement bons, mais le marché est tendu comme une corde violon à ce sujet, les attentes de croissance des bénéfices de 23% sont particulièrement élevées ce trimestre, absolument rien n’est pardonné aux firmes qui ont le malheur de ne pas surprendre nettement en bien les analystes, je ne vous dis pas le sort qui est réservé à ceux qui font comme attendu, ou pire manquent les estimations. Voyez le sort réservé à IBM un peu plus tôt dans la semaine, ou encore Netflix, qui abandonne près de 10% hier soir après ses chiffres. Avez-vous décortiqué les trimestriels de Taiwan Semiconductor? Ils sont exceptionnels mais la firme taiwanaise commet l’impair d’annoncer qu’il va falloir dépenser encore plus d’argent pour alimenter la fuite en avant mentionnée plus haut. Résultat? TSMC perd 7,3% ce matin à Taiwan. Le marché a manifestement perdu patience. Plus rien ne passe, Google repousserait la sortie de son nouveau modèle phare d’IA de plusieurs mois, et paf Alphabet en baisse de 4,43% hier soir. Selon l’agence Bloomberg, à elles quatre, Microsoft, Amazon, Alphabet et Meta prévoiraient des investissements à hauteur de 725 milliards de dollars cette année.

Le Nasdaq100 (NDX) confirme la cassure de sa moyenne mobile à 50 jours, le SOX fait de même, il l’enfonce en bonne et due forme, clôture hier soir à 11'867 points contre la 50 dma à 12'726 pts. Le podium du jour du SPX se compose des biens de consommation de base, de la santé, de l’immobilier. Le trio de la honte de ce jeudi est constitué des services de communication (merci Meta et Alphabet), de la tech et de la consommation discrétionnaire. Tiens! Les volumes d’échanges retrouvent quelques couleurs, cela faisait longtemps. On jette un œil à l’indice S&P500 équipondéré (SPW) et les chaussettes nous en tombent lorsqu’on constate qu’il réalise un plus haut historique à la cloche. N’y croyant pas on vérifie le breadth (l’écart entre les titres clôturant en hausse vis-à-vis de ceux en baisse) qui confirme ce constat, le breadth est nettement positif sur le SPX et négatif sur le NDX.

Conclusion: le marché est devenu très sélectif, il ne jette pas le bébé avec l’eau du bain et a conscience qu’il y a une vie boursière après les semi-conducteurs. En voici une excellente nouvelle que voilà, la grande rotation est en cours, un phénomène plutôt sain.

L’or semble de plus en plus par son capitaine abandonné. L’once repasse sous la barre des 4000 dollars hier et se bat comme un beau diable ce matin pour repasser au-dessus. Cours actuel 3997 dollars. La situation est paradoxale: l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran devrait normalement soutenir l’or en tant que valeur refuge, mais elle provoque aussi une forte hausse du pétrole. Cette remontée ravive les craintes d’inflation et augmente la probabilité d’une hausse des taux de la Fed, ce qui renforce le dollar et fait monter les rendements obligataires, deux facteurs défavorables à l’or. Le seuil des 4000 dollars l’once reste important sur le plan psychologique. Les flux vers les ETF restent négatifs, avec près de 59’000 onces vendues lors de la dernière séance et 2,57 millions d’onces de sorties nettes depuis le début de l’année. À plus long terme, les achats des banques centrales pourraient toutefois limiter le potentiel de baisse.

Le pétrole se maintient légèrement sous les 80 dollars le baril de WTI Light Crude. Côté monnaies, la paire EUR/USD évolue ce matin à 1,1449 et regarde toujours son prochain support dans la zone 1,1411 – 1,1400.Enfin la courbe des taux US se détend légèrement, le 2 ans cote 4,12%, le 10 ans 4,53% et le 30 ans 5,07%.

Houston? SpaceX (SPCX -3,08%) clôture sous son prix d’émission de 135 dollars pour la première fois. L’action a reculé lors de huit des neuf dernières séances, la société suspend hier la mission Starship après l’échec du démarrage de plusieurs moteurs. Indication ce matin à 127 dollars, la mise en orbite du titre est un échec, pour le moment du moins.

Andy Burnham deviendra Premier ministre britannique la semaine prochaine, avec l’ambition de réformer le fonctionnement de Westminster pour éviter l’instabilité qui a marqué les six gouvernements précédents. Cette perspective soutient la livre sterling, qui atteint un plus haut d’un an, portée par l’espoir de la nomination d’une chancelière de l’Échiquier jugée favorable aux marchés, probablement Shabana Mahmood. Le GBP/CHF évolue ainsi autour de 1,0890. Cette hausse paraît toutefois fragile, car elle contraste avec une économie britannique toujours pénalisée par une faible productivité, une croissance modeste et des finances publiques incertaines. La Banque d’Angleterre semble par ailleurs peu disposée à relever ses taux dans ce contexte, tandis que la volatilité implicite de la livre est devenue très basse. Plusieurs analystes estiment donc que la progression du GBP/USD au-dessus de 1,35 pourrait rapidement s’essouffler, cours actuel 1,3467.

Les statistiques macro américaines publiées hier dressent un tableau globalement solide, mais contrasté. Les ventes au détail progressent de 0,2% en juin, conformément aux attentes, avec une consommation sous-jacente légèrement meilleure que prévu grâce notamment aux achats en ligne et à l’électronique. L’activité manufacturière de la région de Philadelphie accélère nettement en juillet, soutenue par les commandes, les livraisons et l’emploi. Le marché du travail reste également robuste, avec moins d’inscriptions au chômage qu’anticipé. En revanche, l’immobilier se détériore: les promesses de ventes chutent de 5,6% en juin et la confiance des constructeurs recule, pénalisées par des prix records, des taux hypothécaires élevés et les incertitudes économiques. Dans ce contexte, plusieurs responsables de la Fed estiment que l’inflation demeure trop forte et qu’un seul bon chiffre ne suffit pas pour justifier un assouplissement monétaire.

Au menu macro-économique de ce vendredi, à 11h00, les investisseurs suivront l’inflation de juin dans la zone euro, un indicateur déterminant pour évaluer l’évolution des prix et les prochaines décisions de la BCE. À 16h00, l’indice NAHB mesurera la confiance des constructeurs immobiliers américains en juillet, donnant un aperçu de la santé du marché du logement aux États-Unis.

Novartis obtient l’autorisation définitive de la FDA pour Fabhalta dans le traitement d’une pathologie rénale. Netflix anticipe désormais une progression moins soutenue et revoit à la baisse ses objectifs pour 2026, entraînant un repli de 9% du titre après la clôture. Intuitive Surgical abandonne également 11% hors séance à la suite de la publication de ses résultats trimestriels. Alphabet est pénalisé par des informations faisant état d’un report de Gemini 3.5 Pro. Micron renforce la visibilité de ses revenus grâce à de nouveaux contrats d’approvisionnement à long terme dans l’automobile, notamment avec Qualcomm et Harman. Lockheed Martin remporte une commande de 101,8 MUSD auprès de l’US Air Force. TSMC confirme le démarrage de la production à grande échelle de sa technologie A14 en 2028. Enfin, BYD conclut un accord de sponsoring automobile de trois ans avec le Paris Saint Germain.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en nette baisse à part Séoul, qui est fermée… Tokyo chute de 4,03%, Hong Kong perd 2,13%, Shanghai recule de 3,05% et le Nifty50 monte de 0,86%. Le future SPX rend 0,82%, son alter ego du NDX est à nouveau sous pression, il baisse de 1,7%. L’Europe traite en repli de 0.5% dans les premiers échanges.

 

L’actualité des marchés revient lundi 27 juillet.

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