La grande rotation entamée le 22 juin suit son cours Downtown Manhattan. Les intervenants continuent d’alléger leurs expositions dans le secteur des semi-conducteurs, les chéris de l’IA reculent de 2% dans leur ensemble hier, pénalisés notamment par Micron Tech (MU -8,02%) qui en profite pour casser sa moyenne mobile à 50 jours à la cloche. Le titre a perdu 25% depuis son récent top mais il se console en se souvenant qu’il gagne encore 217% rien qu’en 2026. Ce n’est un secret pour personne, le secteur des semis est un des paris les plus embouteillés du moment, on observe en parallèle un regain d’appétit des investisseurs pour les sept magnifiques, le marché réalise probablement que ce groupe se négocie actuellement avec une prime de valorisation proche de ses plus bas historiques vis-à-vis de l’indice S&P500 (SPX), ce qui signifie que soit les 7 magnifiques sont redevenus bon marché soit le S&P493 est devenu cher, je vous laisse juges. Le podium du jour du SPX se compose des services de communication, de la consommation discrétionnaire et des financières, ces dernières bénéficient de trimestriels historiques publiés par les principales banques du pays.
Le Nasdaq100 (NDX) recule de 0,28% sur la séance et clôture 7 petits points sous sa moyenne mobile à 50 jours, qui évolue actuellement à 29'509 pts, cela ne s’invente pas, ce d’autant que le SOX (semis) lui aussi est pris à partie par sa propre 50 dma sans parvenir à lui résister, il termine la journée à 12'398 pts contre la 50 jours à 12'699 pts, c’est à suivre, la pression vendeuse pourrait s’intensifier si cette cassure se confirme. Les volumes d’échanges restent faibles, le breadth est neutre sur le SPX, légèrement positif sur le NDX, le marché obligataire reste plutôt tendu, le 2 ans US rend 4,15%, le dollar perd un peu de terrain face à l’euro, la paire évolue ce matin à 1,1470, sa principale zone de support reste 1,1411 – 1,1400, côté résistance on regarde 1,1537, c’est par là que passe sa 50 jours en ce moment. L’or n’y arrive toujours pas, l’once cote 4027 dollars, le spectre des 4000 dollars reste bien ancré dans les esprits, tandis que l’once ne parvient pas à réintégrer son canal haussier démarré début 2024, pour ce faire elle devrait repasser au-dessus de 4070 dollars.
Le contexte macroéconomique reste dominé par trois thèmes étroitement liés: le conflit entre les États-Unis et l’Iran et ses conséquences inflationnistes, l’évolution des anticipations de hausse des taux de la Fed après la publication cette semaine d’indices des prix à la consommation et à la production plus faibles que prévu, ainsi que la transition politique au Royaume-Uni, qui redessine les perspectives à court terme de la livre sterling. Depuis deux séances le Cable est en forme olympique, il cote 1,3533 et tente de s’extraire par le haut de son canal baissier entamé en janvier.
On revient à Wall Street avec des investisseurs qui semblent avoir largement adopté un scénario idéal de croissance solide et d’inflation modérée, mais l’appétit pour le risque parait désormais si élevé qu’il devient difficile d’identifier le prochain catalyseur haussier. Le ralentissement de l’inflation américaine n’a apporté qu’un soutien temporaire, tandis que le rendement du 10 ans US à 4,57% et la vigueur du dollar limitent encore la progression des actions, malgré un début de saison des résultats globalement positif. La suite dépendra probablement des perspectives des entreprises et du positionnement des investisseurs, déjà très tendu: les liquidités des gérants sont extrêmement faibles, les stratégies systématiques sont fortement exposées aux actions et celles-ci représentent désormais une part record des actifs détenus par les fonds. Cette confiance reste néanmoins soutenue par une inflation en baisse, une croissance économique et bénéficiaire robuste et une Fed potentiellement plus accommodante. Une accélération de l’adoption de l’IA ou des bénéfices pourrait être nécessaire pour prolonger la hausse, alors que le momentum, malgré sa récente correction, demeure le principal moteur du marché. À ce sujet, c’est un test grandeur nature qui se présente au marché ce matin avec TSMC qui publie une nouvelle fois des résultats trimestriels remarquables, avec l’ensemble des principaux indicateurs supérieurs aux attentes. Et pourtant le future Nasdaq recule légèrement, ce qui pourrait traduire une certaine déception des investisseurs. La réaction du marché aux résultats d’ASML hier montre à quel point il est difficile de satisfaire les investisseurs lorsque les valorisations intègrent déjà un scénario presque parfait. La séance du jour pourrait donc être volatile pour les ADR de TSMC cotés aux États-Unis.
Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes aériennes contre des sites iraniens de missiles, de défense antiaérienne et de surveillance côtière afin de sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz. Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, avertit que l’économie mondiale est en danger si cette voie maritime n’est pas rouverte dans les prochaines semaines. Donald Trump réaffirme par ailleurs que l’Iran souhaite reprendre les discussions, même si Téhéran n’a pas publiquement confirmé vouloir relancer les négociations. Cela maintient une certaine pression acheteuse sur le cours de l’or noir, le baril de WTI Light Crude traite ce matin à 79,39 dollars, sa 200 jours semble désormais dans le rétroviseur, elle évolue à 74,74 dollars.
Résumons: les indicateurs internes de marché soulignent un momentum en perte de vitesse, la situation à Ormuz reste critique, les résultats de sociétés sont excellents mais le marché est un capitaliste glouton manifestement jamais rassasié. Dans ce contexte, rien ou pas grand-chose ne semble capable de détendre les différentes classes d’actifs, pas même un CPI et un PPI clairement «market friendly». La volatilité du marché reste faible (le VIX à 15,67), celle des actions individuelles élevée (le VIXEQ à 49,33), en parallèle SpaceX envoie un message d’alarme à Houston, l’action traverse son prix d’émission de 135 dollars en séance, pour clôturer à 135,27 dollars, cela ne s’invente pas, le syndicat a probablement défendu ce niveau hier, à suivre. Dans un tel contexte, le marché peut traverser d’intenses turbulences à court terme, ce qui ne remet pas en cause la tendance à moyen / long terme, le joyeux royaume des actions est ainsi fait, qui nécessite des nerfs et une vision à long terme, faute de quoi cheveux blancs et insomnies garantis.
Au menu macro-économique de ce jeudi, les investisseurs suivront à 14h30 les ventes au détail américaines de juin, un indicateur clé de la vigueur de la consommation, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine du 11 juillet, qui permettront d’évaluer la solidité du marché du travail. Dans la nuit, à 1h00, le vice-président de la Fed Philip Jefferson prendra également la parole, avec une attention particulière portée à ses commentaires sur l’inflation et l’évolution des taux d’intérêt.
ABB enregistre une progression de ses revenus et de son résultat net au cours des six premiers mois de l’année. Le groupe annonce également l’acquisition de Rotork au prix de 503 pence par action. Le directeur financier d’ASML estime que l’entreprise conserve la capacité d’augmenter ses tarifs. Eli Lilly serait sur le point de mettre la main sur Ataibeckley, une société de biotechnologie active dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Nvidia participera au développement de robots intégrant l’intelligence artificielle pour l’industrie navale japonaise. United Airlines anticipe une facture supplémentaire de 6 milliards de dollars en raison de la hausse du coût du carburant en 2024. Microsoft réorganise ses activités de cybersécurité afin de mieux profiter de la croissance de la demande liée à l’IA. Amazon prévoit de déployer son offre d’accès à Internet par satellite Leo en Afrique du Sud à partir de 2027. TSMC dévoile un bénéfice trimestriel nettement supérieur aux attentes. Enfin, Nvidia élargit sa collaboration avec Toyota dans le but de créer un écosystème de mobilité reposant sur l’intelligence artificielle.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo perd 2,79% à la cloche, Hong Kong progresse de 1,45%, Shanghai recule de 1,85%, Séoul plonge de 6,37% et le Nifty50 grappille 0,26%. Le future SPX est inchangé, son compère du NDX égare 0,2% pendant que l’Europe évolue en légère hausse dans les premiers échanges.