La vie boursière ressemble actuellement à s’y méprendre à une rotation tranquille. Hier ne fait pas exception, les intervenants sont concentrés, ils prennent bonne note du trimestre record réalisé par Taiwan Semiconductor et surtout de son optimisme. La firme taiwanaise annonce de nouveaux investissements massifs, or plus ou moins rien d’électronique ne fonctionne sur terre sans un peu de TSMC à l’intérieur. Le marché, tout ébaubi, revient donc massivement dans des noms comme ASML, BE Semi, VAT Group ou encore Applied Materials. L’indice SOX des semi-conducteurs surperforme assez nettement le reste de la cote, on observe également un retour d’appétit pour Nvidia et AMD, sans euphorie cela dit, d’ailleurs Wall Street rend une bonne partie des gains en deuxième partie de journée, pour terminer sa séance au plus bas du jour. Voyez le Nasdaq100 (NDX), l’indice star depuis plusieurs années qui grappille 0,32% en clôture hier. Depuis le début de l’année il fait bien pâle figure avec un tout petit +1,18%, contre +7,76% à la nouvelle Majesté du moment, le Russell2000 (RTY) qui accueille en son sein les petites capitalisations. Nouveau record historique pour le RTY hier, qui entre en territoire suracheté, le marché semble s’en soucier comme qui vous savez de la vérité.
Les étoiles sont alignées pour ce secteur en ce début d’année, les anticipations de baisses de taux, la rotation hors des grandes valeurs de la tech, des valorisations nettement plus attractives, une exposition plus domestique à l’économie américaine, une amélioration du paysage macro des Etats-Unis et enfin un effet de rattrapage peuvent expliquer ce début d’année exceptionnel du RTY.
Le sentiment général du marché s’améliore hier, Donald Trump fait du TACO (Trump Always Chickens Out) à nouveau dans le dossier de l’Iran, ce qui provoque un assez net repli du pétrole. En parallèle l’annonce de la décision de la Maison-Blanche d’exempter de droits de douane certaines puces importées ne peut faire de mal tandis que les résultats de grandes banques comme Goldman Sachs et Morgan Stanley soutiennent les financières après le faux départ de JP Morgan.
L’indice S&P500 équipondéré (SPW) progresse de 0,49% sur la journée, il fait une fois encore mieux que le SPX et illustre bien la rotation en cours. L’indice SOX (semis) termine sa séance au plus bas du jour lui aussi, tout en réalisant un plus haut de tous les temps. Il n’est pas suracheté, s’approche tout près du niveau de 8000 points en séance pour clôturer à 7837 pts. Le podium du jour du SPX se compose des utilities, des industrielles et de l’immobilier. La volatilité rend 5%, le VIX termine à 15,84, un niveau qui confirme que c’est tout de même très calme Thérèse.
On traverse l’Atlantique pour constater qu’une fois encore l’indice Stoxx Europe 600 (SXXP) réalise un énième plus haut de tous les temps hier. Alors certes, la mise en orbite d’ASML (+6%) lui facilite grandement la tâche, mais on notera en parallèle qu’à Paris ça balance pas mal, le CAC40 réalise sa quatrième séance consécutive de repli, pris à contrepied par un superbe bull trap tendu par Richemont. Je sais, on parle ici d’une firme genevoise, mais du luxe et comme une grande majorité des entreprises du secteur est cotée dans l’Hexagone, Kering -3% et LVMH -2% pèsent assez fortement sur la cote française hier. On observe aussi un repli du secteur de la défense, qui marque une pause après un début 2026 en très forte hausse.
Revenons à Richemont, qui publie hier matin tôt de bons résultats, le marché applaudit et la recherche activement dans les premiers échanges, puis le groupe de Bellevue précise que ses marges vont souffrir à cause de la forte hausse récente de l’or. Et paf la pression vendeuse, le titre passant de +7% dans le pré-marché à +2% l’ouverture et -2,4% à la cloche hier.
Il semble que la bagarre de chiffonniers qui occupe le Dollar Index (DXY) et sa moyenne mobile à 50 jours tourne court assez rapidement. Le DXY est en train de terrasser son adversaire, il la casse hier et cote 99,31 ce matin (la 50 jours à 99,00), techniquement il peut désormais viser le niveau de 100 sans ciller. La paire EUR/USD fait de même, elle casse sa propre 50 jours et revient ce matin à 1,1612, prochain objectif technique la 200 jours à 1,1589. Le dollar est manifestement en grande forme ces jours, c’est intéressant, si l’on s’en tient aux fondamentaux l’euro semble disposer de nettement plus d’arguments, mais si la logique et le rationnel donnaient la direction au marché cela se saurait.
Côté marché obligataire c’est un peu comme sur le VIX, vraiment calme. Le rendement du 10 ans US traite ce matin à 4,17%, sa 50 jours guette à 4,13%.
Les contrats à terme sur le pétrole reculent par rapport aux gains récents après que les attentes d’éventuelles frappes américaines contre l’Iran se sont atténuées et que le marché se tourne de nouveau vers la vente de pétrole vénézuélien sanctionné par les États-Unis. La mise sur le marché du pétrole vénézuélien suite au renversement de Nicolás Maduro par les États-Unis n’a eu qu’un impact limité à la baisse sur les prix. Le Venezuela reste un petit acteur sur le marché pétrolier et une augmentation significative de sa production prendrait des année, le baril de WTI Light Crude est de retour sous la barre des 60 dollars ce matin.
Selon Bloomberg, les marchés, en particulier le marché des changes, semblent sous-estimer les risques géopolitiques à l’approche du long week-end aux États-Unis. Les propos de la Maison-Blanche suggérant un report d’une intervention américaine contre l’Iran ont fait reculer la volatilité, les prix du pétrole et l’or, tandis que le franc suisse, valeur refuge, enregistre sa troisième semaine consécutive de baisse et que les indicateurs de volatilité sur les devises sont proches de leurs plus bas du cycle. Selon l’agence, cette accalmie pourrait toutefois être trompeuse. Des précédents montrent que des déclarations conciliantes peuvent rapidement être suivies d’une escalade militaire, ce qui rappelle que le risque géopolitique n’a pas disparu. La faiblesse récente du franc est d’autant plus notable qu’elle ne semble pas liée à des interventions massives de la Banque nationale suisse. Même si le franc reste proche de niveaux historiquement élevés face au dollar, il n’apparaît pas excessivement surévalué en termes réels. Cela signifie qu’il pourrait encore jouer son rôle de valeur refuge et attirer des flux si les tensions géopolitiques devaient à nouveau s’aggraver (source: Bloomberg).
Les indicateurs macroéconomiques publiés hier sont globalement solides. Les inscriptions hebdomadaires au chômage reculent davantage que prévu, signe d’un marché du travail toujours résilient, et les demandes continues baissent également plus que les attentes. Les enquêtes manufacturières de janvier dans l’État de New York et à Philadelphie surprennent nettement à la hausse, avec une amélioration marquée des nouvelles commandes et des livraisons, indiquant un regain d’activité industrielle. Du côté de la Réserve fédérale, le discours reste nuancé. Certains responsables estiment que des baisses de taux sont possibles cette année, mais seulement si les données le confirment. D’autres soulignent la nécessité de maintenir une politique restrictive tant que l’inflation reste une préoccupation, insistant sur l’importance de préserver la crédibilité de la Fed. Globalement, la banque centrale juge sa politique actuelle appropriée, sans urgence à assouplir, sauf en cas de dégradation inattendue du marché du travail.
Les États-Unis et Taïwan ont conclu un accord commercial qui réduira à 15% les droits de douane sur les biens en provenance de l’île et verra les entreprises taïwanaises du secteur des semi-conducteurs accroître de 500 milliards de dollars leurs financements pour leurs activités aux États-Unis.
Au menu macro-économique de ce vendredi, aux Etats-Unis la production industrielle mensuelle, l'indice du marché immobilier NAHB et le discours de Bowman (Fed).
Swissquote enregistre un bénéfice avant impôts proche de 420 millions de francs suisses en 2025. La Maison-Blanche prendrait des mesures pour faire payer aux géants de la technologie la hausse des coûts énergétiques, selon l’agence Bloomberg. Ford et BYD seraient en pourparlers pour des batteries de véhicules hybrides après l'effondrement du marché des véhicules électriques, selon le WSJ. TSMC va investir lourdement aux Etats-Unis.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo perd 0,32% à la cloche, Hong Kong rend 0,29%, Shanghai recule de 0,26%, Séoul semble devenue invincible et progresse encore de 0,9% tandis que le Nifty50 grappille 0,07%. Le future SPX traite en hausse de 0,3%, l’Europe recule de 0,2% dans les premiers échanges, l’or reprend son souffle à 4600 dollars l’once.