Le choc énergétique rebat les cartes des politiques – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Karine Patron, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Les banques centrales se retrouvent confrontées à un arbitrage particulièrement complexe entre inflation et croissance.

L’escalade géopolitique au Moyen-Orient et le positionnement résolument prudent des grandes banques centrales ont été deux catalyseurs défavorables aux marchés la semaine dernière. Dans un environnement marqué par un choc énergétique, ces dernières se retrouvent confrontées à un arbitrage particulièrement complexe entre inflation et croissance.

Statu quo pour les banques centrales

L’intensification des frappes entre Israël et l’Iran, touchant des infrastructures énergétiques majeures au Qatar et sur le champ gazier de South Pars/North Dome, a provoqué une nouvelle flambée des prix des hydrocarbures. Le baril de Brent a ainsi franchi les 113 dollars, ravivant les craintes de perturbations durables de l’offre mondiale. L’enjeu stratégique du détroit d’Ormuz, au cœur des flux énergétiques globaux, reste entier malgré les tentatives diplomatiques initiées par Donald Trump pour mobiliser une coalition internationale.

Ce choc d’offre intervient à un moment délicat pour les banques centrales. La Réserve fédérale américaine, comme la Banque centrale européenne, la Bank of England ou la Banque nationale suisse, a opté pour un statu quo sur ses taux directeurs. Mais derrière cette apparente stabilité, le ton s’est nettement durci. Jerome Powell, tout comme ses homologues des autres institutions, a insisté sur l’incapacité à anticiper les effets macroéconomiques du conflit, tout en reconnaissant que la hausse des prix de l’énergie alimentera l’inflation à court terme. Les banques centrales ont toutes revu leurs anticipations d’inflation à la hausse. Le marché a interprété ce discours comme un positionnement plus restrictif, les anticipations de baisse de taux se sont nettement réduites, entraînant une remontée des rendements, avec le 10 ans américain proche de 4,40% et le Bund allemand au-dessus des 3%.

Une Europe vulnérable face à la crise énergétique mondiale

En Europe, le tableau est encore plus préoccupant. L’indice ZEW du sentiment des investisseurs allemands s’est effondré, illustrant l’impact direct du choc énergétique sur les perspectives économiques. La BCE a relevé ses prévisions d’inflation à 2,6% tout en abaissant sa projection de croissance à 0,9%, alimentant désormais des anticipations de resserrement monétaire en 2026. L’Europe apparaît particulièrement vulnérable, contrairement aux Etats-Unis, largement autosuffisants sur le plan énergétique.

Les marchés actions ont logiquement corrigé dans ce contexte, pénalisés par la hausse des taux et le regain d’aversion au risque. Le S&P 500 perd 1.90% et le Nasdaq 2,07%. En Europe, la chute a été plus marquée, avec -3,77% pour l’Euro Stoxx 50 et -4,04% pour le SMI. Les matières premières industrielles et les métaux précieux ont également reculé, signe d’anticipations de ralentissement économique global et de tension sur le marché obligataire

L’essentiel en bref

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