En voiture sur les routes de Tanzanie, Guido Bühler, membre du conseil d’administration de zondacrypto, répond aux questions d’Allnews sur les développements de la scène crypto et sur la société dont il est administrateur, zondacrypto.
Guido Bühler est une personnalité et un pionnier de la «Crypto Valley» en Suisse, ainsi qu’un «entrepreneur en série». Après une carrière au sein d’UBS, il a par exemple cofondé AMINA Bank en 2018, anciennement SEBA:
Les sociétés cryptos sont toujours davantage sponsors de clubs de football, comme votre société, zondacrypto, avec Atalanta BC. Est-ce que le rendement de ces investissements dans le football est à la hauteur des attentes?
Oui, absolument. Le sport est un bon véhicule de promotion de la crypto, en particulier pour zondacrypto. Le sport partage la plupart de nos valeurs, celles d’engagement, de confiance et finalement de performance. Nous avons réalisé de nombreux projets dans le marketing sportif, par exemple dans le football en Italie, dans la Série A, avec Bologna, Atalanta BC et le Parma Calcio. Mais aussi dans le cyclisme avec le Giro d’Italia pour femmes et des équipes polonaises, ainsi que dans le basketball avec Monaco.
Et en Suisse?
En hockey, nous sommes fiers d’être sponsors du HC Davos et d’avoir les droits pour le nom du stade du club, qui est ainsi devenu la «zondacrypto-Arena». Ces investissements renforcent notre visibilité. Il est intéressant de voir que certains joueurs demandent à être payés en cryptos. Pas à pas, la crypto s’intègre à la vie quotidienne.
«Il est intéressant de voir que certains joueurs demandent à être payés en cryptos.»
Dans le monde crypto, le risque existe parfois de ne communiquer qu’au sein d’une bulle et de n’écouter que les «évangélistes de la crypto». Chez zondacrypto, nous voulons au contraire élargir l’audience de notre message à l’ensemble de la population. Le marketing sportif nous aide beaucoup sur ce plan. zondacrypto est un outil qui permet au grand public de s’engager et d’investir un peu d’argent dans la crypto.
Quels sont vos autres mandats à côté de zondacrypto?
Je suis également conseiller de plusieurs autres entreprises, parfois au conseil d’administration. J’apporte mon expérience d’entrepreneur et mon réseau tant dans la finance traditionnelle que dans la communauté crypto afin de leur permettre de croître et de prospérer.
Au sein de zondacrypto, je conseille la stratégie et le développement des marchés, mais je contribue aussi à l’établissement des partenariats.
Quels sont ces partenariats?
Je citerai le nom d’InCore Bank, à Schlieren, laquelle est très intéressante pour notre développement en Suisse. Elle offre divers services pour l’investissement en cryptos.
Nous pensons qu’il existe en Suisse un espace pour les clients «retail» qui ont envie de tester les cryptos avec des montants modestes et sur une base régulière. zondacrypto Suisse facilite ces transactions à partir de 10 francs ou de 10 euros.
Pourquoi est-ce que je passerais par zondacrypto plutôt que par d’autres plateformes disponibles aux petits investisseurs?
Nous voulons surtout rendre l’opération aussi facile que possible. Le processus doit être également sûr et régulé, et disponible à un prix tout à fait correct. Ce positionnement devrait être très attractif.
zondacrypto a été créée en Pologne avant de déplacer son siège en Estonie. Un déplacement en Suisse est-il concevable?
Non, je ne crois pas. Le siège social se situe en Estonie, un pays qui offre des conditions-cadres fantastiques pour les entreprises digitales. Elles leur permettent de croître et de disposer d’un régime fiscal attractif. L’Estonie est aussi une référence en termes réglementaires en Europe.
«De plus en plus d’entreprises cryptos se déplacent en Suisse et y établissent leur siège social».
La Suisse est également un marché très important et un site crypto bien établi. Il y existe d’intéressantes opportunités. De nombreux acteurs y sont actifs mais la plupart exigent des contraintes élevées en termes d’investissement. Leurs caractéristiques les font ressembler à des banques traditionnelles. C’est pourquoi nous préférons nous adresser au grand public afin qu’il dispose aussi bien de monnaies «fiat» que de cryptos dans une offre duale offerte auprès d’InCore Bank.
Avez-vous un bureau en Suisse et entendez-vous engager du personnel supplémentaire?
Oui, nous avons un bureau à Zoug, dans la Crypto Valley, doté de cinq employés. Nous procédons par étape et nous sommes prêts à recruter davantage de personnel. Nous testons le marché et cela s’avère positif. Nous développons actuellement une offre qui s’adressera à toutes les régions du pays, y compris à la Suisse romande.
En tant que pionnier de la Crypto Valley en Suisse, quelle est votre appréciation de ses développements?
Les fondements de la Crypto Valley sont très solides, à commencer par la contribution apportée par la loi de juin 2021 (droit fédéral aux développements de la technologie des registres électroniques distribués (TRD). Sa réputation est très forte en termes de compliance. La Crypto Valley est plus prospère que jamais. De plus en plus d’entreprises cryptos se déplacent en Suisse et y établissent leur siège social en vertu d’un cadre réglementaire favorable et stable. Elles y viennent aussi parce qu’elles y découvrent un grand nombre de talents.
Si les bases sont solides, est-ce que la demande est au rendez-vous?
J’aurais été d’accord avec ce scepticisme il y a deux ou trois ans. Une forme de déclin pouvait être observée après que la Suisse eut été clairement un leader. Ce déclin est venu de la nouvelle réglementation MiCA en Europe (2023) et des développements réglementaires récents aux Etats-Unis. Mais la Suisse peut s’adapter aux meilleures pratiques et renforcer sa compétitivité. Ces six derniers mois, j’ai pu observer un nombre de développements très positifs pour la Crypto Valley.
Par exemple?
La société Jucoin a par exemple annoncé sa venue en Suisse prochainement et devrait engager une centaine d’employés dans le canton de Zoug. Les développements de l’Ethereum Foundation et de la Solana Foundation à Zoug en sont d’autres. De grands acteurs ont franchi le pas et ont permis l’arrivée de sociétés plus petites dans cet écosystème.
Quel est le modèle d’affaires de zondacrypto?
Le modèle d’affaires de zondacrypto se décline en trois parties. La première est la bourse d’échange, la seconde est le système de paiement, que nous qualifions d’essentiel dans le processus d’adoption de la crypto, et le troisième est le jeton ZND, la cryptomonnaie de l’écosystème ZND, une plateforme OTC qui permet de démocratiser le trading crypto grâce à des outils personnalisés et qui facilite les comparaisons entre les différents jetons.
«Nous renforçons notre marque et notre marketing en Europe et préparons notre introduction aux Etats-Unis.»
Sur le plan commercial, nous renforçons notre marque et notre marketing en Europe et préparons notre introduction aux Etats-Unis. Tous les cash-flows sont également réinvestis pour poursuivre le développement technologique et de nos produits, ainsi que des activités de marketing.
Il semble que l’ether ait pris le relais du bitcoin. Quels sont vos plans à cet égard au sein de zondacrypto?
Sur notre plateforme, nous offrons différents jetons et pas seulement le bitcoin. L’ether s’inscrit dans le développement de l’économie Web3. Il est utilisé aussi bien par les investisseurs institutionnels que par le monde réel, ainsi que le Solana.
Je pense que la blockchain est l’internet de la valeur. D’autres actifs du monde réel se développeront sur ces plateformes. Sous un angle plus macro, la domination du bitcoin devrait être progressivement diluée.
Quel sera le rôle des banques traditionnelles à l’avenir?
Je crois à un processus de convergence entre les deux mondes. La finance traditionnelle utilisera la technologie blockchain pour apporter un soutien à ses services et les sociétés cryptos offriront les actions traditionnelles sous la forme de jetons. Si l’on peut prendre une image, je dirais que la tokenisation ressemble beaucoup au marché des containers. On peut y détenir de nombreuses formes d’actifs. Il faut savoir que le coût de tokenisation d’un actif est proche de zéro si bien que son accès est très compétitif.
Le marché des biens est plus fragmenté en raison des droits de douane. Qu’en sera-t-il des cryptos en Suisse?
Les cryptos ont toujours su s’adapter aux circonstances. Je ne ferai pas de commentaires sur la géopolitique, mais les capitaux se dirigent toujours selon les critères d’efficience et de rentabilité. La Suisse a joué un rôle majeur ces dernières décennies et elle restera à la pointe du marché. Ses atouts demeurent la neutralité, la démocratie directe, la politique fiscale, les conditions-cadres et les ressources de la crypto (DLT).