La Banque cantonale du Jura (BCJ) a affiché une performance en retrait après six mois en 2025, reflet de la baisse des taux d’intérêt. L’établissement, dont les revenus se sont contractés, a vu son bénéfice net semestriel s’établir à 8,95 millions de francs, soit 1,37 million ou 13,3% de moins que les 10,32 millions dégagés un an auparavant. La direction se dit optimiste pour la suite des affaires.
De janvier à fin juin, le résultat opérationnel a lui aussi diminué, soit de 16,3% à 16,6 millions de francs, indique jeudi la Banque cantonale du Jura. Dans le détail des revenus, les opérations porteuses d’intérêts, principale source de recettes de l’établissement, ont affiché un résultat net en baisse de 3,3% à 27,71 millions de francs. Celui des commissions et prestations de service a stagné (-0,6%) à 5,88 millions et celui des opérations de négoce s’est étiolé de 8,3% à 3,71 millions.
En parallèle, les charges d’exploitation ont dans l’ensemble se sont alourdie de près de 15% à 18,99 millions, la hausse illustrant essentiellement l’augmentation de 1,41 million des coûts liés au personnel à 11,05 million.
A fin juin, le total du bilan s’inscrivait à 4,7 milliards de francs, en hausse de 7,1% par rapport au montant affiché à fin 2024. La croissance a notamment été portée par celle des créances hypothécaires et des dépôts de la clientèle. Les premières ont pris 104,9 millions à (+3,3%) à 3,24 milliards et les seconds 189,9 millions (+7,2%) à 2,83 milliards.
Frappé par les taux d’intérêts
«Comme attendu, nous avons été frappés par la baisse des taux d’intérêts. Malgré cela, le résultat opérationnel reste à un niveau élevé depuis 2022 avec notamment des exercices 2023 et 2024 forts», explique le directeur général Bertrand Valley dans un entretien accordé à l’agence AWP.
Pour l’exercice en cours, «la forte activité du volume des affaires et la demande croissante des clients enregistrées se poursuivront, compte tenu de l’absence d’un acteur sur le marché (Credit Suisse)», étoffe-t-il. Aussi, «je ne vois pas la Banque nationale suisse (BNS) ne pas partir en territoire négatif dans l’année. Comme pour le mécanisme de 2015, il va falloir réfléchir à l’envers.»
Concernant les entreprises clientes, M. Valley se dit «surpris en bien par leur résilience, passant le cap du contexte difficile notamment en horlogerie, sous-traitance, microtechnique et machines-outils par exemple».
La BCJ comptait au 30 juin, 157 employés à temps plein. Le patron explique avoir renforcé les effectifs pour répondre aux nouvelles affaires. Pour les succursales, il n’y a pas eu de changements particulier. Les quatre agences fermées ont été remplacées par des bancomats en extérieur.
Fin février, M. Valley a annoncé son départ à la retraite début 2026. Le processus de succession est en cours avec un cabinet spécialisé. «Nous devrions annoncer la nomination d’ici septembre», précise-t-il. En attendant, il dit rester focalisé sur la marche des affaires de la banque jusqu’à la fin. Il avait rejoint l’établissement en 1993 pour en devenir son patron durant 21 ans.
Jeudi, le titre BCJ a clôturé en hausse de 0,8% à 60,50 francs, l’indice élargi SPI ayant terminé la séance en progression de 1,03%.