Mirabaud doit payer 3 millions d’amende à Dubaï

AWP

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L’établissement genevois est sanctionné pour des contrôles inadéquats en matière de blanchiment d’argent entre juin 2018 et octobre 2021.

Le régulateur financier de Dubaï (Dfsa) a mis à l’amende le groupe bancaire Mirabaud, qui devra s’acquitter d’une somme de quelque 3 millions de dollars (2,6 millions de francs). L’établissement genevois est sanctionné pour des contrôles inadéquats en matière de blanchiment d’argent entre juin 2018 et octobre 2021.

La pénalité financière inclut un montant de 975’000 dollars qui représente le bénéfice économique de Mirabaud - sous forme d’honoraires et de commissions - tiré des infractions constatées, précise un communiqué de presse de la Dfsa. L’information a été révélée vendredi par le portail Inside Paradeplatz.

Les irrégularités concernent des transactions émanant d’un groupe de neuf clients «interconnectés» dont la gestion était confiée à un seul et même employé de Mirabaud Middle East Limited (MMMEL), qui a quitté le groupe depuis. Le gendarme financier émirati parle de plusieurs signaux d’alarme liés à ces activités sur lesquelles auraient dû planer des soupçons de blanchiment d’argent.

Le communiqué dresse une liste des indices constatés, comme la complexité des transactions, la circulation répétée de fonds entre des entités liées ou encore le transfert d’importantes sommes d’argent à l’étranger vers des sociétés «aux structures de propriété opaques». Malgré ces soupçons, aucune preuve de blanchiment d’argent n’a pu être établie, est-il précisé.

La Dfsa pointe néanmoins du doigt les «faiblesses significatives» dont souffrent les procédures de contrôle de Mirabaud, taxant celles-ci d’inefficacité. Le service de conformité («compliance») de la banque genevoise, qui avait mis le holà à certaines transactions, a reçu des réponses inadéquates à ses demandes d’information. Par ailleurs, Mirabaud n’avait pas obtenu de preuves suffisantes quant à la qualification de clients concernés, considérés par l’établissement comme des professionnels.

Le responsable du gestionnaire mis en cause et le chef compliance directement impliqué ne travaillent plus pour Mirabaud, note la Dfsa.

Sollicité par AWP, l’établissement prend acte de la sanction du gendarme financier de Dubaï, avec qui il a «pleinement coopéré». Dans une prise de position écrite, Mirabaud assure avoir mis en oeuvre d’importantes améliorations opérationnelles et organisationnelles depuis les faits incriminés. Les investissements consentis par le groupe genevois ont permis d’améliorer les contrôles internes, la gestion du risque et la conformité, assure la banque de gestion.

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