Explosion de la demande chez BDO Suisse suite au coronavirus

AWP

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«La plupart des demandes émanaient des PME qui n’ont pas forcément accès à l’information et ne disposent pas de juristes à l’interne», a indiqué le directeur général, Werner Schiesser.

Werner Schiesser, CEO.

Les petites et moyennes entreprises suisses ont sollicité en grand nombre BDO Suisse pour des conseils sur le chômage partiel ou encore le droit du travail depuis le mois de mars. La société de conseil a dû traiter plusieurs milliers de demandes générées par la crise du coronavirus dans une période traditionnellement très chargée, celle de la révision des comptes.

«La plupart des demandes émanaient des PME qui n’ont pas forcément accès à l’information et ne disposent pas de juristes à l’interne», a indiqué à AWP Werner Schiesser, directeur général de la société. Les sollicitations ont commencé à affluer dès l’annonce des mesures de soutien à l’économie du Conseil fédéral, le 17 mars.

BDO Suisse compte quelque 23’400 clients dont un tiers sont des PME. Selon M. Schiesser, près de la moitié d’entre elles ont pris contact avec le groupe basé à Zurich pour des informations et des conseils, souvent pour des détails techniques. «Dans un premier temps, les demandes concernaient les compensations pour le chômage partiel. Actuellement, les questions portent sur le droit du travail et les liquidités.»

A en croire Wener Schiesser, le dispositif d’aide mis en place par le Conseil fédéral n’est pas compliqué pour autant. «Pour le chômage partiel, rien n’a changé mais certaines entreprises recourent à ce mécanisme pour la première fois. Au niveau des liquidités fournies par les banques, tout va très vite. Il suffit de remplir un formulaire tenant sur une page A4.»

Pour «moins de 50 entreprises», la situation était urgente. BDO a dû épauler des entreprises pour convaincre notamment des acteurs bancaires de la solidité et de la résilience du modèle d’affaires.

Peu après l’annonce du gouvernement, la société de conseil a par ailleurs rapidement mis en ligne une page contenant toutes les informations pratiques et légales liées au coronavirus. En 24 heures, une «avalanche» de 40’000 consultations a été enregistrée.

Année «stable» prévue

Le contact est également facilité par un système de portail client individualisé mis en place par BDO Suisse il y a un an. Tout les conseils ne sont cependant pas prodigués gratuitement. «Nous sommes conscients des pressions sur nos clients et cherchons des solutions communes», relativise cependant M. Schiesser.

Pour le patron de BDO Suisse, cette hausse de l’activité ne débouchera pas pour autant sur une année exceptionnelle pour la société. Tout un pan de l’activité du groupe - conseil d’administration, fusions/acquisitions, transactions immobilières ou financement d’entreprise - est actuellement dormante.

Les activités fiduciaires et la révision contribuent cependant à 70% du chiffre d’affaires, ce qui laisse augurer un exercice 2020 «stable». Les fusions et acquisitions vont reprendre de plus belle au deuxième semestre, anticipe Werner Schiesser, car de nombreuses entreprises fragilisées par la crise rechercheront un partenaire ou seront dans le viseur d’un repreneur potentiel.

En 2019, BDO Suisse a généré un chiffre d’affaires de 221,4 millions de francs, en hausse de 4,7% sur un an, dont 74,3 millions pour l’audit (+2,8%), 71,3 millions pour la partie fiduciaire (+6,8%) et 27,7 millions pour l’activité fiscalité et droit (+8%). L’unité Financial Services a stagné à 17,1 millions.

Le nombre de mandats d’audits a été étoffé à 7178, ce qui représente une hausse de 1,7% en rythme annuel.

Le groupe BDO a réalisé l’année dernière à l’échelle mondiale un chiffre d’affaires de 9,6 milliards de dollars (9,33 milliards de francs), soit +9,6%. Il compte plus de 88’000 employés et est présent adans 167 pays.

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