Swiss Life place la barre plus haut pour 2021

Yves Hulmann

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En 2018, l’assureur a réalisé un bénéfice plus élevé qu’attendu, profitant de la bonne marche de ses affaires en Suisse et en France.

«Swiss Life a pu démontré une nouvelle fois sa solidité. Nous avons dépassé nos objectifs dans tous les domaines», a résumé Patrick Frost, son directeur, à propos des chiffres 2018 de l’assureur publiés mardi. Avec un bénéfice net de 1,08 milliard de francs (+7%), le groupe zurichois a non seulement amélioré l’an dernier son résultat pour la cinquième année d’affilée mais il a aussi dépassé les attentes des analystes qui escomptaient en moyenne un bénéfice de 1,07 milliard. Les recettes de primes se sont établies à 19,2 milliards, en hausse de 2% en monnaies locales, soit leur niveau le plus élevé depuis 2014.

Comparaison défavorable sur un an en Allemagne

Par segments d’activité, le groupe a profité de la bonne tenue des deux marchés qui contribuent le plus fortement à son résultat opérationnel, à savoir la Suisse et la France. Swiss Life Suisse a réalisé des recettes de primes de 9,52 milliards de francs, en hausse de 3%. Avec 247 millions de francs, les revenus issus de frais et commissions ont progressé de 7%. Au final, le résultat sectoriel des activités helvétiques s’est amélioré de 4% pour s’établir à 865 millions de francs.

Outre-Rhin, les recettes de primes ont progressé de 2%,
alors que les revenus des frais et commissions ont bondi d’un dixième.

En France, le groupe a enregistré une hausse de ses primes de 6%, qui ont atteint 5,07 milliards d’euros (soit 5,86 milliards de francs). Le résultat sectoriel a, lui, progressé de 2% pour s’établir à 239 millions d’euros (277 millions de francs).

En Allemagne, la marche des affaires a été plus contrastée en comparaison annuelle. Outre-Rhin, le groupe a enregistré des recettes de primes de 1,2 milliard d’euros (1,39 milliard de francs), en hausse de 2%, tandis que les revenus des frais et commissions ont même bondi d’un dixième pour s’établir à 395 millions d’euros (456 millions de francs). Malgré tout, le résultat sectoriel a reculé de 10% pour s’établir à 123 millions d’euros (142 millions de francs). A ce sujet, la direction de Swiss Life a rappelé que l’exercice 2017 avait été marqué par un effet unique positif à hauteur de 17 millions d’euros, ce qui a rendu la comparaison sur un an défavorable.

Objectifs plus ambitieux pour 2021

Les objectifs fixés pour 2018 ont été pratiquement tous dépassés. Ainsi, le résultat lié aux frais et commissions de 488 millions de francs en 2018 a été supérieur à la fourchette de 400 à 450 millions de francs visée. Il en va de même pour la valeur des affaires nouvelles cumulée sur trois ans (2016-2018) qui a atteint 1,03 milliard de francs (contre un objectif de plus de 750 millions). 

La valeur des affaires nouvelles cumulée sur trois ans
devrait dépasser 1,2 milliard à l’horizon 2021.

Des objectifs encore plus ambitieux ont été fixés pour la période allant jusqu’à 2021. Lors de la journée des investisseurs de novembre dernier, le groupe avait notamment indiqué viser un résultat des frais et commissions situé entre 600 et 650 millions de francs à cette date. De même, la valeur des affaires nouvelles cumulée sur trois ans (2019 à 2021) devrait dépasser 1,2 milliard à l’horizon 2021.

Taux de distribution des dividendes revu à la hausse

Autre chiffre qui a particulièrement intéressé les analystes et les investisseurs : avec un dividende de 16,5 francs proposé au titre de l’exercice 2018, le taux de distribution des dividendes a atteint 51% l’an dernier, plus que la fourchette visée située entre 30 et 50%. Un objectif revu à la hausse pour la suite: désormais, le taux de distribution des dividendes devrait se situer entre 50 et 60% entre 2019 et 2021.

L’immobilier reste jugé attrayant

Côté investissements, les emprunts souverains (30,1%, contre 30,3% un an plus tôt) et les obligations d’entreprises (28,2%, contre 31,3%), bien qu’en diminution, ont continué de représenter la part du lion du portefeuille de placement de Swiss Life en 2018. A l’inverse, la part des placements immobiliers s’est étoffée à 19,8% (18% en 2017), tandis que les hypothèques ont représenté 5,6% (5,3%) du portefeuille à fin décembre. 

«Les placements immobiliers continueront de jouer un rôle important.»

Patrick Frost a souligné que les placements immobiliers continueront de jouer un rôle important pour le groupe. D’une part, en raison de l’horizon d’investissement à long terme de l’assureur. D’autre part, pour le directeur, cette catégorie d’actifs est «toujours attrayante». «Certains considèrent que ce marché est devenu trop cher. De notre point de vue, l’immobilier reste un placement intéressant tant que les taux d’intérêt restent bas. Avec un rendement de plus de 3%, c’est presqu’autant que l’excès de rendement que nous pourrions réaliser avec les actions qui, elles, comportent davantage de risques».

Quant à l’octroi d’hypothèques, Swiss Life ne se fixe pas d’objectif spécifiques sur ce plan. «Nous n’avons pas d’ambitions concrètes dans ce domaine et nous nous limitons au marché suisse », a précisé le directeur. Pas question de faire exception aux règles («exception to policy») lors de l’octroi d’hypothèques pour croître: «Si nous progressons sur le marché des hypothèques, c’est grâce aux prix que nous proposons», a-t-il souligné.