Les PME suisses résistent avec succès au protectionnisme croissant

Communiqué, Credit Suisse

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Une majorité des entreprises se dit favorable au projet d’accord-cadre avec l’UE et à un accord de libre-échange avec les États-Unis, selon une enquête du Credit Suisse.

Du fait de leur étroite intégration dans les chaînes de création de valeur internationales, les PME exportatrices suisses sont aussi touchées par les turbulences que traverse actuellement le commerce mondial. Dans le cadre de l’édition 2019 de l’enquête PME, quelque 560 d’entre elles ont été interrogées au sujet du protectionnisme et des obstacles au commerce. Les résultats montrent que les PME exportatrices helvétiques n’ont à ce jour perçu qu’un léger durcissement des entraves au commerce international et qu’elles parviennent généralement à les surmonter. Les marchés européen et américain restent primordiaux pour les PME suisses. Une majorité des entreprises sondées se dit favorable au projet actuel d’accord-cadre avec l’UE et à un accord de libre-échange avec les États-Unis. 

Le protectionnisme a gagné en présence médiatique depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche et le conflit sino-américain qui a suivi. Les données relatives aux interventions entraînant une distorsion du commerce au niveau mondial révèlent cependant que le nombre de mesures protectionnistes mises en œuvre chaque année augmente depuis la crise financière de 2009 déjà, avec une nette recrudescence depuis 2016. Le protectionnisme ne se limite pas aux États-Unis et à la Chine, mais constitue un phénomène largement répandu – également en Europe, principal débouché pour les PME suisses. Partant de ce constat, les économistes du Credit Suisse ont interrogé près de 560 PME exportatrices helvétiques au sujet du protectionnisme et des obstacles au commerce. 

Trois PME sur dix pâtissent d’obstacles au commerce

29% des entreprises sondées ont indiqué que les obstacles au commerce et les barrières douanières constituent actuellement pour elles un grand, voire un très grand défi. 40% se disent en revanche peu ou pas du tout affectées. La comparaison dans le temps montre en outre que l’accélération du protectionnisme depuis 2016 semble jusqu’à présent avoir peu impacté les PME helvétiques: la situation s’est dégradée pour seulement 23% des sondés par rapport à il y a cinq ans, tandis que la moitié n’a pas constaté de changement. De plus, la marche des affaires à l’exportation, majoritairement jugée bonne au moment de l’enquête, ne semble pas fortement souffrir des obstacles au commerce. 

Les résultats de l’enquête mettent en évidence que les PME ont recours à deux stratégies principales pour contrer les obstacles au commerce: 63% d’entre elles considèrent la collaboration avec des partenaires externes ou des réseaux existants sur place comme une mesure efficace. La mise à profit des accords de libre-échange est considérée comme deuxième meilleure stratégie. Près de 60% des sondés s’expriment d’ailleurs en faveur d’un tel accord avec les États-Unis, un tiers le souhaitant même absolument. Sur fond de guerres commerciales impliquant les États-Unis, un accord de libre-échange serait sans doute garant de plus de sécurité pour les exportateurs suisses. Ce besoin de stabilité en matière de relations commerciales s’exprime aussi dans le soutien majoritaire au projet d’accord-cadre avec l’UE, approuvé par 56% des PME interrogées.

Les facteurs économiques affectent plus les exportations
que les entraves tarifaires et non tarifaires.

Outre les interventions étatiques de protectionnisme, de nombreux autres facteurs externes ou spécifiques à l’entreprise peuvent freiner les activités à l’exportation. L’enquête du Credit Suisse montre que les droits de douane, arme principale du conflit commercial, affectent presque la moitié des participants au sondage. Mais certaines entraves non tarifaires au commerce constituent des écueils encore plus importants. C’est le cas notamment des procédures douanières ainsi que pour l’obtention des attestations de conformité et d’origine. Selon les entreprises interrogées, les deux principaux obstacles à l’exportation – encore avant les mesures tarifaires et non tarifaires – sont cependant d’ordre économique: le prix de leurs propres produits et les cours de change.

Obstacles élevés pour les exportations vers la Russie et le Brésil

20 à 30% seulement des PME interrogées sont confrontées à des obstacles au commerce sur les marchés européens, si importants pour les entreprises suisses, alors que cette part est bien plus conséquente sur d’autres marchés. Presque 50% des entreprises affirment ainsi en rencontrer lors d’exportations vers les États-Unis (deuxième destination) et même 54% pour le troisième débouché que constitue la Chine/Hong Kong. La proportion de sociétés ayant envisagé d’exporter vers la Chine/Hong Kong par le passé avant d’y renoncer est d’ailleurs également élevée. Les entraves commerciales se révèlent les plus marquées en Russie et au Brésil, où 60% des PME interrogées en font état.

À propos de l’étude 

La Suisse compte environ 600’000 PME, qui emploient au total plus des deux tiers de la population active. Dans le cadre de leur série d’études sur les PME, les économistes du Credit Suisse prennent depuis plusieurs années le pouls des petites et moyennes entreprises en les interrogeant sur divers sujets. Pour l’édition 2019, quelque 560 PME suisses ont été interrogées quant à différents aspects du protectionnisme et des obstacles au commerce.

Pour accéder à l’étude complète, cliquez ici.