La dynamique de fin de cycle devrait accroître le risque de change

Josh Bouchard, J. Safra Sarasin

2 minutes de lecture

Une gestion active de l’exposition de change peut contribuer à atténuer les pertes.


©Keystone

Les récentes turbulences sur les marchés financiers ont mis en exergue la sensibilité des prix des actifs au resserrement des politiques monétaires. Ces symptômes sont typiques d’un environnement de fin de cycle, dans lequel la volatilité tend à augmenter à mesure que les déséquilibres passés se résorbent. Jusqu’à présent, les marchés des changes ont été relativement atones, laissant aux investisseurs la possibilité d’ajuster leurs positions. Bien qu’il soit difficile de prévoir quand interviendra le prochain ralentissement économique, une gestion active de l’exposition de change peut contribuer à atténuer les pertes.

Une augmentation du risque de change
à mesure que la fin du cycle approche.

A mesure que l'économie mondiale entre dans les dernières phases du cycle, le resserrement des conditions financières entretiendra un climat d’incertitude et de volatilité accrues. Si l’économie mondiale garde le cap, les évolutions intervenues sur les marchés en octobre indiquent que la période de très faible volatilité touche à sa fin.

Une faible volatilité des taux de change 
Sources: DataStream, J. Safra Sarasin, 10.11.2018 

 

Les marchés des changes ne sont pas à l’abri d’un regain de volatilité, l’incertitude économique étant souvent amplifiée par le dénouement des positions de portage accumulées pendant l'expansion. Jusqu’à présent, les marchés des changes sont restés relativement calmes malgré les fortes baisses des actions mondiales, mais ce ne sera probablement plus le cas si les turbulences se propagent à l'économie et aux marchés dans leur ensemble.

Les taux de change ont un impact majeur sur les portefeuilles.

Il est important que les investisseurs à long terme comprennent la nature de leurs expositions de change, car tous les risques ne se valent pas et le choix de la bonne combinaison de devises peut avoir un impact significatif sur les performances. Du point de vue de la construction du portefeuille, l’exposition aux devises peut être considérée comme un risque additionnel sans rendement. Le degré de risque qu’elle ajoute à un portefeuille dépend de la corrélation entre la devise et les actifs, qui peut varier considérablement.

La corrélation aux actifs risqués varie considérablement d’une devise à l’autre
Sources: DataStream, J. Safra Sarasin, 10.11.2018 

 

Les actions constituent la principale exposition au risque dans la majorité des portefeuilles et ces expositions ne sont généralement pas couvertes. Du fait de leur nature cyclique, les actions ont tendance à baisser en période de ralentissement économique. Outre un positionnement sectoriel défensif, les investisseurs peuvent également compenser une partie de cette volatilité en couvrant les expositions aux devises cycliques.

L’exposition aux devises a un impact important sur la volatilité des performances des actions
Sources: DataStream, J. Safra Sarasin, 10.11.2018 

 

Le dollar continuera-t-il de bénéficier
d’un environnement «d’aversion pour le risque»?

Lorsque l’on considère le risque de change d’un portefeuille, il convient de tenir compte du fait que les corrélations évoluent au fil du temps pour des raisons logiques fondées sur les fondamentaux sous-jacents. Pendant la majeure partie des vingt dernières années, le dollar américain a fait office de valeur refuge, les liquidités en dollars ayant été l’un des principaux moteurs de l'activité mondiale et des prix des actifs. Bien qu’il reste la principale monnaie de réserve, cette dynamique s’est modifiée au cours des dernières années sous l’effet du resserrement des liquidités en dollars. 

La vigueur de l’économie américaine, conjuguée à des taux d’intérêt relativement plus élevés, s’est traduite par un afflux important de capitaux vers le dollar et la surperformance des actifs américains. Ces positions ont été financées par la production massive de liquidités par la BCE et la BOJ et seront probablement dénouées lorsque les conditions sous-jacentes s’inverseront.

L’Europe et le Japon exportent des capitaux tandis que les États-Unis rapatrient les investissements étrangers
Sources: DataStream, J. Safra Sarasin, 10.11.2018 

 

Cela étant, l’émission pendant de nombreuses années d’emprunts en dollars, en particulier dans les pays émergents, a abouti à une accumulation importante de dette, susceptible de se contracter en cas de ralentissement économique. Bien que nombre de ces pays soient désormais en meilleure posture, ceci ne ferait probablement qu’atténuer la pression haussière s’exerçant sur l’USD.

Lors du prochain ralentissement économique, ces forces contradictoires détermineront in fine la trajectoire de l’USD et son efficacité en tant que devise de couverture des portefeuilles. Pendant cette période, les investisseurs bénéficieront probablement d’expositions en JPY, CHF et EUR, tandis que la GBP, les devises des marchés émergents et celles des pays exposés aux matières premières pèseront sur les performances.