De TINA à TARA

Emmanuel Ferry, Banque Pâris Bertrand

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TINA (There Is No Alternative) est clos. TARA (There Are Real Alternatives) est le nouveau mantra, avec le Cash qui bat toutes les classes d’actifs.

Les marchés Actions mondiaux ont baissé de près de 10% en octobre. Est-ce une correction saine ou le début d’un marché baissier? Depuis 2009, cela a (presque) marqué le point bas de chaque épisode baissier. Cependant, avant cela, ce n’était que le début des marchés baissiers de 2000-03 et de 2007-2009. La baisse récente semble être très semblable aux corrections précédentes. Ces corrections ont spécifiquement coïncidé avec des périodes où le marché avait fortement dévié de sa tendance haussière. Faut-il acheter après la baisse comme d’habitude? Cette fois c’est peut-être différent.

Les raisons pour être moins complaisant sont nombreuses. La Fed augmente ses taux en territoire restrictif après un long cycle de détente et elle réduit son bilan (QT) après avoir fait du QE. Les banques centrales sont désormais dans une course à la normalisation après une phase de stimulation synchronisée. L’endettement record (320% du PIB mondial) est menacé par la hausse des taux et ce après avoir connu un cycle de ré-endettement avec des taux d’intérêt extrêmement bas. L’administration américaine a enclenché une guerre commerciale qui impacte la croissance mondiale. Le cycle économique est désormais mature. Il y a un triple pic: liquidités, valorisations des actifs financiers et marges des entreprises. Enfin, on observe le début d’une inflexion du sentiment des investisseurs après une phase de «peur de manquer la hausse». (FOMO: Fear of missing out).

L’objectif est d’éviter d’être
en situation de «panic selling».

Nous sommes convaincus que les processus de gestion de portefeuille vont passer d’un «buying dips» (acheter les replis) à «sell rallies» (vendre les hausses), du moins jusqu’à ce que la situation technique change.

Le plan d’action pour les prochains mois est donc le suivant:

  1. Réévaluer l’allocation stratégique globale;
  2. Chercher à accroître l’exposition aux obligations afin de réduire la volatilité;
  3. Utilisez les phases haussières pour augmenter le taux de liquidités (le Cash constitue une couverture de portefeuille gratuite);
  4. Revoir toutes les positions du portefeuille;
  5. Cherchez des opportunités (exemple l’or);
  6. Ajouter des couvertures aux portefeuilles (Cash puis positions shorts en cas de ruptures de tendances);
  7. Implémenter des idées opportunistes (exploiter les rotations techniques et fondamentales);
  8. Renforcer la discipline (gestion plus strictes des pertes);
  9. Vendre la volatilité implicite seulement après une correction supérieure à 15-20%;
  10. Augmenter le niveau de diversification, éviter les excès de concentration / levier / illiquidité.

L’objectif est d’éviter d’être en situation de «panic selling». Certains disent que c’est le début d’un marché baissier, d’autres affirmer qu’il s’agit d’une opportunité d’achat. Il est peu raisonnable de prétendre maîtriser le timing du débouclage de la bulle planifiée par les banques centrales.

Comme le conseillait Périclès il y a 2500 ans, «l’important n’est pas de prédire l’avenir, mais de s’y préparer».