2018, annus horribilis?

Nicolette de Joncaire

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Ni plus, ni moins que les précédentes… et probablement que les suivantes.

Au rythme des tweets Trumpiens, des relèvements de taux de la Fed, des intimidations tarifaires et autres poussées protectionnistes, de la fragilisation de l’Union européenne (on pense bien sûr au Brexit et aux tensions entre l’Italie et la Commission mais quid de celles avec la Pologne et la Hongrie?), de la remise en cause de Macron par les Gilets Jaunes, de la déstabilisation d’Angela Merkel ou des sanctions contre l’Iran et la Russie, l’humeur devrait être sombre au banquet des célébrités de l’année.

Dix ans après la crise financière et à la suite d’une année 2017 plutôt tranquille, les investisseurs sont à la peine. En cette troisième semaine de décembre, le Dow Jones a perdu 6% sur l’année, le S&P 500 7%, le Nasdaq 5% et le Russell 2000 13%. Hors Etats-Unis, c’est encore moins brillant: l’Euro Stoxx 600 a chuté de 12%, le Dax de 16% et le Nikkei de 13%. La Chine fait pire encore avec l’indice Shanghai en baisse de 24% et le Hang Seng de 16%. Les marchés de matières premières ne se portent pas mieux, à quelques rares exceptions près. Comme toujours, ces chiffres ne valent qu'à la minute où ils ont été écrits mais sur fond de volatilité en croissance régulière, la fin des politiques de soutien monétaire (sauf au Japon) ne conforte personne.

Il était évident que le «miracle de 2017»
ne durerait pas.

Il y a plus grave. La COP24 conclut sur un «accord minimaliste» et pendant ce temps-là la production d’énergie à base de charbon reprend l’ascenseur, alors que le rapport d’octobre du GIEC appelait les pays à diviser par deux leurs émissions de CO2 d’ici 2030 et qu’un autre rapport, de l’ONU cette fois, indique que le coût des catastrophes liées au climat a augmenté de 151% sur les vingt dernières années.

Alors 2018, annus horribilis? Probablement, ni plus, ni moins que les précédentes … ou les suivantes.

Trump n’a pas été élu cette année, l’Union européenne n’a jamais été un bloc immuable, la Chine se joue des règles de l’OMC depuis 2001, les politiques de sanctions diverses et variées durent depuis des décennies, les gouvernements français et (surtout) italiens n’ont jamais été des modèles d’efficience ou de stabilité et le réchauffement climatique ne date pas d’hier. Quant aux marchés, il était évident que le «miracle de 2017» ne durerait pas.

Place à la responsabilité de chacun, avec des gestes simples. Recycler, réduire le gâchis, investir mieux. La politique, l’économie, la finance en général – et la finance durable en particulier – ne seront jamais que ce que nous en exigerons.