Recettes en léger recul dans la construction

AWP

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Le chiffre d’affaires cumulé des entreprises de la branche s’est contracté de 1,1% en rythme annuel.

Le secteur de la construction a connu un recul au cours des six premiers mois de 2018. Le chiffre d’affaires cumulé des entreprises de la branche s’est contracté de 1,1% en rythme annuel, à 9,4 milliards de francs. La baisse semestrielle est le résultat d’un net affaiblissement du volume d’affaires au deuxième trimestre, indique mercredi la Société suisse des entrepreneurs (SSE) dans son enquête trimestrielle.

La situation des entrées de commandes s’est même détériorée de 8% sur un an, préfigurant «une nouvelle consolidation au deuxième semestre». La SSE prévient que les chiffres d’affaires de l’exercice en cours ne devraient «plus tout à fait» atteindre ceux réalisés en 2017.

Le secteur a connu une contraction marquée au cours du deuxième trimestre. Entre avril et juin, les chiffres d’affaires dans le secteur principal de la construction ont reculé de 5,5% sur un an, à 5,3 milliards. La baisse concerne tant le bâtiment (-4,4%) que le génie civil (-6,6%).

Le deuxième trimestre a également vu reculer fortement les nouvelles commandes (-12,8%), à 5,1 milliards de francs. Les entrées d’ordres dans le bâtiment ont plongé de 16,9% – et même de 20,9% dans le secteur public – alors qu’elles se sont érodées de 8,7% dans le génie civil.

Syndicats «insatiables»

Selon la faîtière, ce mouvement de consolidation est un «signal clair aux syndicats insatiables», qu’elle appelle à faire un pas en direction des entrepreneurs. Pour la SSE, l’évolution conjoncturelle de la construction ne laisse plus de marge de manoeuvre pour satisfaire des revendications supplémentaires des syndicats.

Soulignant l’offre «généreuse» présentée en août – maintien de la retraite anticipée à 60 ans, augmentation de salaire de 150 francs par mois, pas d’allongement de la durée du travail – l’organisation insiste sur la nécessité d’un horaire de travail flexible «pour demeurer compétitifs et sauvegarder les emplois qualifiés».

Revenant sur l’évolution récente du marché, elle anticipe un recul de l’activité dans le logement, les entreprises bâtissant davantage de nouvelles unités que le marché est en mesure d’absorber, en raison notamment du ralentissement de la croissance démographique observée ces dernières années.

S’il n’est «guère prévisible» de dire quand le revirement interviendra, la SSE prévient que «plus il se fera attendre, plus il sera important».

Elle estime cependant qu’à court et moyen terme, un volume important de logements locatifs continuera à être construit, les immeubles restant une alternative attrayante pour les investisseurs, du fait des faibles rendements sur les marchés financiers.

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