Le cours du cuivre peu sensible à la crise sociale au Chili

AWP

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«L’escalade des manifestations encourageant au débrayage dans plusieurs sites de production au Chili n’a pas eu d’impact significatif» sur le cours, a constaté Liz Grant, analyste chez Sucden.

Le cuivre coté au principal marché des métaux à Londres, le London Metal Exchange (LME), ne réagissait pas jeudi au deuxième jour de grève générale au Chili, alors que le pays sud-américain est le premier producteur mondial de métal rouge.

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 5894,00 dollars jeudi à 10H40 GMT, contre 5755,00 dollars le jeudi précédent à la même heure, à la veille des premières émeutes, soit une augmentation d’un peu moins de 3% sur la semaine.

«L’escalade des manifestations encourageant au débrayage dans plusieurs sites de production au Chili n’a pas eu d’impact significatif» sur le cours, a constaté Liz Grant, analyste chez Sucden.

«Les dernières informations de Codelco (la compagnie nationale chilienne première productrice mondiale de cuivre, ndlr) indiquent que la mine de Chuquicamata opère normalement et que les syndicats d’El Teniente ont accepté de discuter et abandonné l’idée de stopper l’activité,» a rapporté Alastair Munro, analyste chez Marex Spectron.

Il relève cependant que la grève pourrait perturber les livraisons dans le centre et le nord du pays.

Le site d’El Teniente, situé sur une colline de 2200 mètres d’altitude, à proximité de la ville de Rancagua (à 80 km au sud de Santiago), abrite la plus grande mine de cuivre au monde.

Autre acteur du marché, la compagnie minière Antofagasta a maintenu ses prévisions annuelles entre 750.000 et 790.000 tonnes de cuivre extraites, indiquant que l’impact des grèves serait seulement de l’ordre de 5000 tonnes, rapporte le même analyste.

Sa production et celles des autres mines chiliennes font du Chili le principal producteur de cuivre au monde, avec près de 5,6 millions de tonnes par an, soit un tiers de l’offre mondiale du métal rouge.

Le Chili, pris dans une crise sociale qui ne montre aucun signe d’apaisement, vit jeudi son deuxième jour d’une grève générale.

L’explosion de colère sociale, avec de violentes manifestations et des pillages, a été provoquée vendredi dernier par l’annonce d’une hausse de 3,75% du prix du ticket de métro à Santiago mais ne s’est en rien calmée après l’annonce de la suspension de cette mesure.

Le mouvement, hétérogène et sans dirigeants identifiables, s’est amplifié, nourri par le ressentiment face aux inégalités dans ce pays de 18 millions d’habitants.