La Suisse n'est pas sans faute en matière de corruption

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La Suisse figure dans les dix premières places du classement CPI depuis plusieurs années. Elle partage le troisième rang avec la Finlande, la Suède et Singapour.

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L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018, publié mardi par Transparency International, reste inchangé pour la Suisse. Elle partage le troisième rang avec la Finlande, la Suède et Singapour, mais est néanmoins encore très loin du sans-faute.

La Suisse figure dans les dix premières places du classement CPI depuis plusieurs années. En 2018 comme en 2017, elle a totalisé 85 points sur 100.

Le CPI 2018 constate cependant une fois encore qu’aucun pays ne peut s’enorgueillir d’un secteur public exempt de corruption. Même les États les mieux classés sont loin d’être irréprochables: «Dans certaines études, la Suisse se situe à plus de 20 % des notes maximales», précise Transparency International dans un communiqué.

«La Suisse affiche de graves lacunes dans des domaines-clés de la lutte anticorruption qui ne sont pas pris en compte dans l’indice, tels que le blanchiment d’argent, la protection des lanceurs d’alerte ainsi que la corruption dans le secteur privé et le sport», ajoute l’ONG.

Les banques suisses ainsi que d’autres intermédiaires et facilitateurs financiers jouent régulièrement un rôle important dans le blanchiment d’argent et de corruption, tels que ceux liés au scandale 1MDB en Malaisie ou Odebrecht et Petrobas au Brésil.

Chantiers urgents

L’IPC 2018 s’appuie sur 13 enquêtes et évaluations pour mesurer la corruption du secteur public dans 180 pays et territoires, en attribuant à chacun un score allant de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu). L’indice ne tient dès lors pas compte de la perception de la corruption par la population ni des problèmes de corruption rencontrés dans le secteur privé ou dans d’autres milieux.

Or, c’est précisément dans ces domaines que la Suisse affronte le plus de difficultés. Martin Hilti, directeur de Transparency International Suisse, livre ses observations: «Le bon classement occupé régulièrement par la Suisse au sein du CPI n’enlève rien à l’urgence des chantiers qu’il lui reste à traiter.»

Le CPI 2018 ne tient pas compte de l’actualité des douze derniers mois, qu’il s’agisse, en Suisse par exemple, de voyages controversés à l’étranger effectués par des magistrats, des notes de frais excessives ou de la levée de l’immunité de responsables politiques à des fins d’instruction pénale pour soupçons de corruption.

Autre domaine dont l’indice ne tient pas compte: le financement des partis politiques. L’initiative «Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique» a récemment été lancée par la gauche, le PBD, le PEV, le Parti pirate et l’organisation Transparency International Suisse. Elle veut contraindre les partis à communiquer chaque année leur bilan et leur compte de résultat, ainsi que l’origine de tous les dons d’une valeur supérieure à 10’000 francs.

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