La Fed n’épargne pas les grandes banques suisses

AWP

1 minutes de lecture

La banque centrale américaine allège la sanction des tests de résistance, mais pas pour Credit Suisse ni pour UBS.

La Réserve fédérale américaine (Fed) va alléger ses tests de résistance vis-à-vis des grandes banques sauf pour plusieurs banques étrangères dont Deutsche Bank, Credit Suisse et UBS.

La Fed, principal régulateur bancaire, a annoncé mercredi qu’elle allait cesser de faire objection aux plans de distribution de capitaux (dividendes, rachats d’actions...) de la grande majorité des 18 grandes banques soumises aux tests de résistance annuels dits «qualitatifs».

«Ces changements éliminent l’objection qualitative pour la plupart des banques, à cause des améliorations quant à leur plan d’utilisation des capitaux», dit la Fed.

Mais cette exemption ne sera pas appliquée à cinq banques sur 18. Ce sont les holdings américaines de la banque britannique Barclays, des banques helvétiques UBS et Credit Suisse, de la banque allemande Deutsche Bank et de la banque canadienne TD Bank.

Deutsche Bank (aux Etats-Unis seuls) avait échoué l’année dernière à la deuxième phase des tests de résistance de la Fed qui avait décelé «des faiblesses matérielles» dans la planification de sa distribution de liquidités.

Les banques américaines Goldman Sachs et Morgan Stanley avaient quant à elles obtenu un feu vert conditionnel mais elles seront néanmoins exemptées cette année a priori de la menace d’une objection du régulateur à leur plan d’utilisation de liquidités.

Progressivement, si pendant quatre ans, les banques étrangères obtiennent un feu vert à leur projet de distribution de capitaux, l’objection potentielle du régulateur sera levée.

Les tests 2019, qui mesurent les comptes des grandes banques face à des hypothèses de crise, seront menés à partir du 5 avril et la Fed en annoncera les résultats d’ici le 30 juin.

Cette année, ces tests de résistance mis en place après la crise financière de 2008 par la loi Dodd Frank, imaginent un scénario de sévère récession mondiale avec un taux de chômage américain grimpant de 6 points à 10%.

Le cadre des tests qualitatifs demande par ailleurs à 13 banques sur 18, qui ont d’importantes opérations de courtage, de soumettre leurs comptes à l’épreuve hypothétique d’un «choc mondial sur les marchés». Onze doivent aussi envisager comment elles se relèveraient de la faillite d’un partenaire, a indiqué la Fed mercredi.

Dans une décision séparée, le Conseil de stabilité financière (FSOC), dont font partie la Fed et le Trésor américain, a proposé de modifier les règles selon lesquelles les régulateurs peuvent désigner un groupe non-bancaire comme étant un groupe présentant un risque systémique en cas de difficultés.

Après la crise financière de 2008 qui avait vu de grandes banques et groupes d’assurance sauvés par des fonds publics, le FSOC avait soumis à des règles de surveillance plusieurs groupes comme AIG, GE Capital ou Prudential.

Ces surveillances avaient été combattues par les firmes qui jugeaient la procédure de respect des règles prudentielles très coûteuse et le processus de sélection opaque.

Tous ces groupes sont sortis de la liste des entités à risque systémique depuis, Prudential étant le dernier en octobre.

Les nouvelles règles qui définissent un groupe systémique et que propose mercredi le FSOC, comportent davantage de critères et de considérations avant de mettre à l’index un groupe présentant des risques pour la stabilité financière.

A lire aussi...