La chronique des marchés de Vontobel au 7 janvier

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

2 minutes de lecture

Nasdaq +0,56%, SPX +0,35%, Dow +0,24%, Russell +0,14%, SOX -1,04%, Eurostoxx -0,55%, SMI -0,32%.

Wall Street continue d’observer le bras de fer entre Téhéran et Washington mais fait preuve d’un calme impressionnant. On reste vigilant dans les salles de marchés, personne ne sait vraiment quelles pourraient être les conséquences économiques d’un conflit mais, en l’état, les deux camps s’en tiennent aux menaces de représailles et, des deux sentiments qui peuvent animer un investisseur, la cupidité prend encore et toujours le pas sur la peur. C’est dans ce contexte que les indices clôturent au plus haut de leur journée, dans de bons volumes d’échanges. On note la présence soutenue des fonds passifs (ETFs) qui achètent notamment l’indice S&P500 (SPX). Le secteur de l’énergie reste recherché, malgré le léger recul du pétrole, le WTI Light Crude revenant à 62,84 dollars par baril. Les semi-conducteurs continuent de faire l’objet de prises de bénéfices, les investisseurs se repositionnent dans les titres des logiciels et du nuage. Ca repart de plus belle pour les FAANGs (Facebook, Apple, Amazon, Neftlix, Google) avec Alphabet qui atteint un nouveau record historique à la cloche. Apple traite quasiment à 300 dollars par action, Amazon revient au-dessus des 1900 dollars et on observe même un nouveau record historique chez Tesla. Cela dit, de nombreux investisseurs continuent d’alléger leur exposition aux actions et restent en mode «derisking». Le positionnement «long» des investisseurs institutionnels diminue. En outre, l’or reste recherché, l’once traite à 1571 dollars. Au chapitre des monnaies, l’euro traite au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours depuis une semaine contre le dollar, ce qui tend à valider l’idée que le billet vert aurait atteint son top. La paire euro/dollar à 1,1174 ce matin. Notons que le bitcoin a gagné 11% en deux jours, une nouvelle valeur refuge? La volatilité recule, l’indice VIX en baisse de 1,2% à 13,85. Le rendement de l’emprunt US à 10 ans remonte légèrement, à 1,81%. Et l’air de rien, la quasi-totalité des principaux indices boursiers est (déjà) en hausse sur l’année…

Cette nuit et ce matin, les indices asiatiques traitent quasiment tous dans le vert avec Tokyo qui progresse de 1,6% à la cloche, Shanghai qui s’adjuge 0,7% et Hong Kong qui avance de 0,18%. A Séoul, l’indice Kospi progresse de 0,95%. En Europe ce matin, les marchés ouvrent en hausse de 0,7%, le future SPX quant à lui gagne 6 points. Le parlement britannique fait sa rentrée aujourd’hui, devinez le principale sujet qui sera débattu…

Nissan estime que Carlos Ghosn a «bafoué le système judiciaire japonais» en choisissant la fuite à l'étranger, à la veille d'une conférence de presse de l'ancien dirigeant. Le marché automobile américain s'est contracté de 1,3% en 2019 à 17,05 millions de véhicules neufs, selon les données d'Autodata. American Airlines a signé un accord confidentiel avec Boeing pour compenser les pertes subies en 2019 par la compagnie à cause de l'immobilisation de sa flotte de 737 MAX. Chevron retire son personnel expatrié du nord de l'Irak. Burkhalter rachète une entreprise d'électrotechnique à Davos. Uber s'allie à Hyundai dans les taxis aériens électriques. Qualcomm développe un ordinateur de conduite autonome qui devrait être disponible en 2023. Aston Martin avertit. UBS Group va scinder sa gestion de fortune en trois et supprimer 500 emplois

Deux blocs «macros» importants aujourd'hui: l'estimation de l'inflation de décembre et les ventes de détail de la zone euro (11h00) précèderont l'indice ISM des services et les commandes d'usines aux Etats-Unis à 16h00.

Résumons, la situation géopolitique est très tendue mais le marché ne croit pas à une escalade en l’état, sur la partie économique, la macro alimente le moulin des bulls (haussiers) et des bears (baissiers) alors que la saison des résultats de sociétés au quatrième trimestre débute la semaine prochaine aux Etats-Unis. A ce propos, il serait bon que la croissance des bénéfices redémarre. Et les banques centrales sont toujours sur le pont, injectant massivement des liquidités dans le système, ce qui tient littéralement les bourses debout.