Swiss Re: bénéfice inférieur aux attentes

AWP

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Le bénéfice net semestriel s’est inscrit à 1,01 milliard de dollars, en recul de 17% sur un an. Le réassureur veut coter sa filiale ReAssure.

La performance de Swiss Re n'aura pas été à la hauteur des attentes au premier semestre. Le recul du bénéfice s'est révélé plus important que prévu malgré une nette croissance dans l'encaissement des primes. En marge des résultats, le réassureur annoncé la cotation de sa filiale britannique ReAssure, opération susceptible d'améliorer la solvabilité du groupe.

L'entrée en vigueur d'une nouvelle norme comptable et la réévaluation des participations a pesé sur le résultat, explique vendredi le réassureur zurichois. Le bénéfice net semestriel s'est inscrit à 1,01 milliard de dollars (presque autant en francs). Sans effets exceptionnels, le groupe aurait dégagé un profit de 1,2 milliard.

«Il est positif de constater que l'environnement de marché se reprend graduellement. Nous avons amélioré notre rentabilité et notre performance sous-jacente, particulièrement dans l'assurance P&C", indique le directeur général Christian Mumenthaler, cité dans le communiqué.

L'embellie est perceptible dans l'encaissement de primes brutes, dont la croissance s'est montrée vigoureuse lors des six premiers mois de l'année. Ces rentrées ont ainsi gonflé de 8% à 19,59 milliards de dollars. Toutes les divisions ont profité de cette dynamique, avec des variations importantes.

Coeur de métier de Swiss Re, l'assurance Dommages (P&C) a enregistré une croissance de 1,8%, à comparer à la croissance de plus de 15% pour la réassurance-vie.

Life Capital, active dans l'assurance-vie fermée, a doublé ses primes brutes mais pâti d'une chute du bénéfice net suite au rachat d'un portefeuille d'actifs en Grande-Bretagne.

Hausses de prix décevantes

La croissance enregistrée par le groupe se révèle toutefois insuffisante vis-à-vis des prévisions du consensus AWP. Le ratio combiné des activités Corporate Solutions, qui mesure le rapport entre les primes encaissées et les indemnités versées, a lui aussi raté le coche malgré une amélioration de 2,8 points à 101,7%.

La ratio combiné P&C, amélioré de 4,5 points de pourcentage à 92,9%, est le seul indicateur a avoir dépassé les attentes.

Les analystes se montrent plutôt magnanimes avec Swiss Re, parlant au pire de résultats mitigés, reconnaissant un développement favorable des affaires et soulignant le bon bilan de la ronde de renouvellement de juillet. Sur ce dernier point, le directeur général a néanmoins affirmé que les hausses de prix n'ont pas atteint le niveau espéré.

Les investisseurs ont par contre sanctionné la nominative, qui a terminé la séance en baisse de 1,3% à 88,84 francs. L'indice vedette SMI a pour sa part terminé quasiment à l'équilibre (+0,03%).

L'annonce de la cotation de ReAssure, affiliée à Life Capital, a retenu l'attention. Le directeur financier John Dacey a précisé que cette IPO devrait être réalisée à la Bourse de Londres au premier semestre 2019.

Swiss Re ne souhaite plus détenir une participation majoritaire dans ReAssure, a expliqué le dirigeant, plaidant une déconsolidation des activités. «Compte tenu des opportunités potentielles qui pourraient se matérialiser à moyen terme, il est important pour ReAssure d'avoir accès de nouveaux capitaux pour acquérir des portefeuilles d'actifs.»

Swiss Re n'est pas le propriétaire idéal pour ReAssure, a renchéri M. Mumenthaler.

Le désinvestissement permettrait également à Swiss Re de soigner son taux de solvabilité ("Swiss Solvency Test"), l'activité de ReAssure pesant plutôt sur cet indicateur. L'IPO permettra de poursuivre le développement de cette activité, avec une mobilisation de fonds propres moins importante pour Swiss Re, selon certains commentateurs.

Le marché britannique des polices d'assurance-vie fermées a atteint un volume de 440 milliards de dollars en 2017. ReAssure affiche une part de marché de 14%.

Questionné sur les dégâts causés par les flammes en Grèce et en Californie, John Dacey s'est refusé à chiffrer les retombées pour Swiss Re. Il en va de même pour la sécheresse en Europe qui a durement frappé les exploitations agricoles.