Postfinance compte supprimer jusqu'à 500 postes d'ici fin 2020

AWP

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Les collaborateurs concernés peuvent soumettre des propositions sur la manière d’éviter d’éventuels licenciements, de limiter leur nombre ou d’atténuer leurs conséquences.

Postfinance va supprimer jusqu’à 500 emplois à plein temps d’ici fin 2020. La filiale bancaire de La Poste a lancé plusieurs mesures dans différents secteurs d’activité pour contrer l’érosion des marges et le recul des recettes.

«L’automatisation et la numérisation des processus, la nouvelle orientation du conseil à la clientèle privée et commerciale», ainsi que «l’externalisation d’activités commerciales» ont pour conséquence la réduction «des effectifs actuels», indique mardi le bras financier du géant jaune dans un communiqué.

Postfinance dit être fortement affecté par le contexte actuel des taux d’intérêts négatifs, du fait de l’interdiction d’octroyer des crédits et hypothèques décidée par le Parlement. Cette situation se traduit par «un recul significatif des recettes dans les opérations d’intérêts», souligne-t-il.

Cette restructuration doit permettre à Postfinance de gagner en efficacité, d’exploiter les potentiels d’économies de manière ciblée et de réduire les coûts. De nouveaux postes seront créés dans le même temps, note en outre l’institut, classé parmi les banques d’importance systémique pour l’économie nationale.

Dans une prise de position, le syndicat Syndicom condamne «avec véhémence le démantèlement» en cours. «PostFinance ne révèle pas quels domaines sont concrètement touchés», ce qui «contribue à augmenter de la sorte l’inquiétude du personnel», dénonce-t-il. La banque postale explique que le comité directeur informera en détail l’ensemble du personnel sur les répercussions du plan lors de séances en juin.

Majorité de fluctuations naturelles

Deux tiers des suppressions seront absorbées par des fluctuations naturelles, la fin de contrats à durée déterminée et des départs à la retraite (anticipée). «Mais nous ne pourrons pas échapper à des procédures de licenciements», avertit dans le communiqué le président de la direction de Postfinance Hansruedi Köng.

Ce processus s’avère «indispensable pour assurer la compétitivité de PostFinance à long terme et pour pérenniser sa réussite», relève-t-il, arguant de «la baisse importante du résultat au premier trimestre 2018».

Le résultat d’exploitation (Ebit) de la filiale bancaire de La Poste s’est inscrit à 96 millions de francs pour les trois premiers mois de l’année, contre 236 millions un an plus tôt. M. Köng avait dit fin mai vouloir concentrer les efforts sur la maîtrise des coûts, la diversification des sources de revenus et la transformation numérique.

L’année dernière, la banque postale avait réalisé un résultat d’exploitation de 549 millions de francs, en hausse de 7 millions grâce aux bénéfices tirés de la vente de deux portefeuilles d’actions et aux effets positifs de reprises de dépréciations sur des immobilisations financières.

La planification de suppressions d’emplois implique une procédure de consultation dans différents secteurs, explique mardi Postfinance. Les collaborateurs concernés peuvent soumettre des propositions afin d’éviter ou limiter les licenciements, ou encore d’atténuer leurs conséquences. Le comité directeur du groupe statuera définitivement en août.

Saucissonnage dénoncé par Syndicom

Syndicom appelle Postfinance à assumer sa responsabilité sociale lors des négociations et à prendre au sérieux les revendication des employés. Il dénonce un «tactique du salami dérangeante, qui montre que les chances d’automatisation n’ont pas su être anticipées».

Pour mémoire, Postfinance avait indiqué en septembre vouloir supprimer 45 emplois - sans licenciements - dans le cadre de l’automatisation et la numérisation des processus. Les alternatives proposées durant la période de consultation n’avaient pas été jugées viables.

Le bras financier du géant jaune avait confirmé en octobre la fermeture de ses centres de services de Kriens (LU) et Münchenstein (BL) au 30 juin. Celui de St-Gall subira le même sort six mois plus tard, ses activités étant intégrées à celles de l’unité de Netstal (GL). Fin septembre, PostFinance avait indiqué que ces mesures de transfert concernaient au total 208 collaborateurs.

Les opérations de traitement des justificatifs devaient, elles, être confiées dès mars à Swiss Post Solutions, une autre filiale de La Poste. Le changement, toujours selon les chiffres livrés fin septembre, vise 120 employés.

La banque postale avait fait part en novembre 2016 de sa volonté d’adapter sa stratégie dans un contexte de taux d’intérêt durablement bas. Elle n’avait toutefois pas souhaité indiquer le nombre d’emplois qu’elle entendait supprimer dans le cadre de ce plan.

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