Elections brésiliennes, Fed et tensions pétrolières: une semaine sous haute tension

Stephen Coltman, 21shares

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Les conséquences du résultat électoral inattendu et du refus de Bolsonaro de reconnaître sa défaite pourraient dépasser les frontières du Brésil si une fuite des capitaux venait à se produire.

Les principaux événements à surveiller cette semaine

  • Répercussions des élections brésiliennes: Le résultat électoral inattendu et le refus de reconnaître la défaite risquent de provoquer une fuite des capitaux, une forte dépréciation du réal brésilien (BRL), une chute des obligations locales et un recul historique des actions brésiliennes.
  • Statu quo de la Fed et évolution du sentiment des investisseurs: Les marchés anticipent largement un maintien des taux directeurs de la Réserve fédérale mercredi, alors que les inquiétudes des investisseurs se déplacent du risque de choc inflationniste vers celui d’un ralentissement de la croissance provoqué par la hausse du coût du capital.
  • Renforcement de la présence militaire américaine dans le Golfe: A l'approche des élections israéliennes et américaines, les anticipations croissantes d’une nouvelle escalade au Moyen-Orient à court terme entraînent des achats de précaution sur le marché pétrolier et une forte hausse des primes de livraison.

Les répercussions des élections brésiliennes menacent de provoquer une forte correction des marchés

Les conséquences du résultat électoral inattendu et du refus de Bolsonaro de reconnaître sa défaite pourraient dépasser les frontières du Brésil si une fuite des capitaux venait à se produire, entraînant une forte dépréciation du réal brésilien et une chute des obligations souveraines brésiliennes libellées en monnaie locale. Au moment de la rédaction de ce commentaire, l’indice MSCI Brazil semblait susceptible d’ouvrir en baisse de plus de 25%, ce qui constituerait sa plus forte chute journalière depuis sa création en 1987.

La Fed devrait maintenir ses taux, tandis que l’attention se tourne vers la croissance et le crédit

Les marchés anticipent très largement un statu quo de la Réserve fédérale lors de sa réunion de mercredi. Nous observons un changement dans la psychologie des investisseurs: les inquiétudes liées à un éventuel choc inflationniste cèdent désormais la place aux craintes d’un choc sur la croissance, provoqué par la hausse du coût du capital pour les entreprises engagées dans l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle. Les prix du pétrole ont progressé de 6% la semaine dernière. Toutefois, malgré cette hausse des prix de l’énergie, les obligations du Trésor américain se sont appréciées, tandis que les spreads de crédit se sont élargis et que les marchés actions ont reculé. Les investisseurs anticipent toujours de nouvelles hausses de taux en décembre de la part de la Fed, de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque du Japon. Cependant, pour que ces relèvements se concrétisent, une stabilisation des marchés du crédit semble indispensable. Il est difficile d’imaginer que la BCE poursuive son cycle de resserrement monétaire alors que les spreads des contrats d’échange sur risque de crédit (Credit Default Swaps, CDS) de la dette souveraine française continuent de s’élargir aussi fortement.

Le renforcement de la présence militaire américaine dans le Golfe stimule les achats de précaution de pétrole

Les élections israéliennes se tiendront demain, avec une probabilité importante de voir émerger un Parlement sans majorité absolue. Elles seront suivies peu après par les élections américaines de mi-mandat, lors desquelles les démocrates devraient remporter la Chambre des représentants et pourraient également obtenir la majorité au Sénat. Dans le même temps, les Etats-Unis ont déployé des moyens militaires supplémentaires dans la région du Golfe, alimentant les anticipations d’une nouvelle escalade des tensions à court terme. Malgré le maintien d’importants flux pétroliers à travers le détroit, nous observons une augmentation des achats de précaution de pétrole brut. Le Brent dépasse désormais les 110 dollars le baril, tandis que les primes associées aux livraisons à court terme connaissent une nouvelle forte hausse.

Entre solides résultats des entreprises et hausse du coût du capital

Par où commencer? Elections, réunions des banques centrales, résultats des «Magnificent Seven»… Cette semaine s’annonce particulièrement chargée en événements macroéconomiques majeurs. Dans l’ensemble, nous évoluons dans un environnement de marché caractérisé par une très forte croissance des bénéfices des entreprises américaines, soutenue par une activité économique robuste. La croissance du PIB américain au troisième trimestre devrait ainsi dépasser 3% en rythme annualisé. Toutefois, la hausse du coût du capital et la persistance d’un choc sur l’offre énergétique constituent des obstacles de plus en plus importants. Les entreprises présentant les bilans les plus fragiles ressentent déjà ces pressions. Les marchés seront donc particulièrement sensibles à tout signe indiquant que le durcissement des conditions de crédit commence à entraîner un ralentissement des dépenses et des investissements.

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